Bordeaux

Urios, un fin psychologue ?

S’il a fait travailler ses muscles sur différents terrains de Carcassonne à Castres, aujourd’hui il fait travailler sa tête, mais pas comme avant en première ligne, il réfléchit, il analyse et il construit. Vu de près, le personnage est attrayant.

C’est au micro d’ARL que Christophe Urios s’est confié, en mettant en avant ce qu’il a connaissance de la genèse de cette UBB, union de deux club que dans le fond tout séparait aussi bien le lieu que l’esprit et son soucis premier reste de créer cette identité forte qu’il a connu à Castres où il est resté une première fois quinze ans aussi bien en tant que joueur qu’entraîneur puis à nouveau pendant quatre ans. Dans son parcours d’entraîneur, il n’a connu que des clubs identitaire que ce soit à Bourgoin ou que ce soit à Oyonnax en particulier et il a parfaitement identifié la faute originelle et après avoir analysé le terreau il a confié au micro d’ARL cité par Rugby Scapulaire : « C’est une question qui nous taraude. J’aime bien travailler sur l’idée, la culture, parce que la culture dépend aussi d’un territoire. J’aime le rugby de territoire, je suis conçu comme ça. Quand je suis arrivé ici, même avant, j’ai posé pas mal de questions sur la culture de l’UBB. Cela reste un club particulier l’UBB, c’en est deux finalement, un rapprochement de deux clubs qui sont complètement opposés, deux villes complètement opposées… Donc c’est comment on arrive à retranscrire ça, et comment on arrive à le développer, c’est ça la culture d’un club. Moi, je viens d’un endroit, à Castres, où la culture est très très forte, que ce soit dans le club mais aussi dans la ville. Ce n’est pas le cas ici, donc il faut le développer. La première des choses c’est comprendre comment ça fonctionne, et quelle est notre culture. Ce qu’on a dit avec les joueurs et l’ensemble des gens qui travaillent avec moi, ça repose sur trois points cette culture du club. La première c’est tout ce qui va être lié à l’union. Si on n’est pas très solidaires les uns, les autres, à travers le mot union, cela veut dire qu’on n’a pas bien compris. Le deuxième point cela va passer par une identité de jeu. L’identité de jeu, on s’est approprié les trois grandes épopées de Bègles. Celle de 69, on où peut la qualifier de beau jeu, quand ils ont été Champions. La deuxième épopée était celle de 91 où ils ont été Champions aussi. Là, on peut la qualifiée de combat, force collective, caractère même, peut-être même avec un brin de violence. Et la troisième épopée est celle de 2011. Ils sont montés de la Pro D2, ils ont conquis un peu tout Chaban par ces matches importants, avec un jeu assez particulier. On s’est un peu inspiré de tout ça et on a dit que pour nous, l’identité de notre jeu devait être un jeu dynamique. Enfin, le troisième point, c’est tout ce qui est lié à la formation béglaise. Elle est importante, efficace. La culture du club, pour nous, repose sur ces trois axes : être dans l’union, avoir un jeu dynamique, et la formation béglaise. Quand j’en ai parlé avec Laurent Marti, il m’écoutait comme ça gentiment, il me laissait parler… Et il me dit, « tu sais Christophe, l’important c’est de gagner les matches ». Je me suis dit que ce n’était pas con (sourire). Donc on a rajouté évidemment la culture de la gagne où là c’est notre job à nous, c’est-à-dire faire en sorte de mettre en place un cheminement qui fait que les joueurs se développent, trouvent du caractère. Que l’équipe ait une vraie identification. Et pour gagner les matches, la dernière chose, c’est créer une atmosphère très particulière à Chaban ».

Connor félicite Jalibert après son essai et se sont les deux joueurs préférés du public pour cet UBB Stade Toulousain

Le diagnostique du docteur Urios qui a mis le doigt sur la fêlure ce qui est frappé, on ne peut plus, au coin du bon sens et quelque part ce qu’il souhaite c’est retrouver la dynamique Delpoux/Etcheto qui a conduit l’Union à sa troisième épopée, celle qui l’a conduit en Top 14. C’est le jour et la nuit entre le monde du silence de Teague et le côté truculent et disert d’Urios qui concède « Moi, je m’amuse et je ne me prends pas au sérieux. Il n’y a rien qui me gonfle plus que les discours où on ne dit rien. Et il y en a plein dans notre métier. Plus ça va et plus c’est comme ça. Moi, je ne suis pas comme ça. Donc je dis les choses. Parfois je dis des conneries, des grosses conneries, et des fois ça me coûte cher. Mais je suis comme ça. Je me régale d’être là et de parler avec les supporters et les journalistes. Je parle avec mon cœur. Avant d’intervenir devant les médias, je ne me dis pas : "il ne faut pas que je dise cela ou cela" ». Ne pas se prendre au sérieux ne veut pas dire qu’on ne fait pas les choses sérieusement et dans cet aveux, il y a une joie de vivre et une spontanéité confondante pour les adeptes de la langue de bois. On peut dire sans pour autant offenser l’homme qu’il est pétri d’un énorme bon sens paysan qui observe, qui comprend et qui empile dans sa tête des données brutes pour ensuite leur donner un sens. Maintenant il a un problème immédiat à résoudre, il s’appelle Toulon et comme c’est à chaque match sa vérité, il va avoir une succession de problèmes à résoudre avec toutes ces journées du Top 14 et de Challenge Cup où il va lui falloir à chaque fois mettre en équation union, jeu dynamique et formation béglaise avec comme objectif la victoire. C’est sûrement pour cette raison qu’il s’est donné des repères fixes, décidé une fois pour toute qui ont pour nom Poirot, Diaby et Lamerat. Interrogé dans le Figaro par David Reyrat, Mathieu Jalibert en parlant de Christophe Urios précise "Oui, il y a beaucoup d’idées nouvelles et un cadre parfaitement défini. Et on sent très fort sa volonté de créer un groupe, de réunir les joueurs autour de son projet. Je pense que c’est très important car c’est ce qu’il nous manquait à Bordeaux, d’avoir une stabilité et un cadre pour aller de l’avant tous ensemble, d’être vraiment unis pendant la saison quoi qu’il arrive". Le décors est posé pour cette saison et pour ce prochain match, il sait que les Toulonnais et leur coach ont encore en travers la défaite d’il y a un mois, il lui va falloir imaginer la meilleure composition possible pour réussir à rééditer une bonne performance. On imagine mal qu’il puisse bousculer la composition de l’équipe dans laquelle Blair Connor, Matthieu Jalibert et Vadim Cobilas se sont montrés à leur avantage en réunissant sur leurs noms les faveurs du public sans oublier Lamerat et Lucu avec son extraordinaire lucidité en défense. Maintenant il ne reste plus qu’à suivre cette rencontre face aux troupes de Toulon sous la conduite de Patrice Collazo pour vérifier l’effet Urios.

Ecrit par Bernard Lamarque

Co-fondateur et rédacteur en chef de Bordeaux Gazette


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