Pour ce troisième tour des cantonales en Gironde, il n’y avait aucun suspense et c’est par 50 voix contre 13 que l’inoxydable Philippe Madrelle se succède à lui-même pour accomplir cette mandature qui va conduire à 2014 où la réforme territoriale devrait entrer en vigueur, sauf destin contraire lié à la présidentielle.
C’est le truculent Pierre Barreau, doyen d’âge de l’Assemblée Départementale qui a présidé cette séance de votes comme le veut la tradition. Il a gratifié l’assistance d’un discours plein de verve et de talent où il a rappelé qu’il était né sous la IIIème République alors que Gaston Doumergue était Président et qu’il est Maire depuis 1960. Il a fait part de ses vives inquiétudes au sujet de la réforme territoriale qui va voir la représentativité des secteurs urbains s’alourdir au détriment des secteurs ruraux en prenant comme point de comparaison le Lot qui passerait 32 conseillers généraux à 15 conseillers territoriaux alors que dans le même temps, la Gironde passerait de 63 conseillers généraux à 79 conseillers territoriaux et on ne sait même pas quel mode de scrutin sera en vigueur car il devra respecter la parité.

- Matthieu Rouveyre, le benjamin et Pierre Barreau, le doyen lors du dépouillement
- photo Bordeaux Gazette - Bernard Lamarque
Il a dressé un tableau sans concession de ce que devrait être l’actuelle politique qui fait la part trop belle au libéralisme et à la spéculation. En prenant l’exemple du blé qu’il connait bien, en tant qu’ancien minotier, il a suggéré, que les prix devraient être bloqués aussi bien vers le haut que vers le bas. C’est une économie de lendemain de guerre qu’il a proposé car pour lui la crise, c’est la guerre.
Pour clore son discours il s’est laisser aller à une comparaison flatteuse en précisant qu’en Gironde il y avait maintenant 4 M à savoir Montaigne, Montesquieu, Mauriac et Madrelle.
Après ce discours d’ouverture, l’élection de Philippe Madrelle s’est faite sans un tressaillement face à Yves d’Amécourt et chacun à pu compter sur toutes ses voix.
Philippe Madrelle a ensuite pris la parole pour remercier Pierre Barreau pour son attachement à la décentralisation et pour rappeler qu’il avait 38 ans la première fois qu’il a pris place dans ce fauteuil alors qu’il était déjà député depuis 8 ans. Il a tenu à saluer les collègues qui ont quitté le Conseil Général, les nouveaux arrivants et tous ceux qui ont été réélus.

- Philippe Madrelle rejoint son fauteuil de Président
- photo Bordeaux Gazette - Bernard Lamarque
Il a ensuite souligné le rôle et les missions du Conseil Général et il a précisé :"Le chantier qui s’ouvre est immense car donner la priorité au service public, à la responsabilité sociétale, c’est évidemment lutter contre la réforme inspirée par l’Etat , qui par la suppression des postes d’enseignants, de policiers, par la fermeture des bureaux de poste et de trésoreries, des hôpitaux, des maternités, agit contre l’intérêt général".
C’est Jean-Marie Darmian qui aura la lourde tâche de succéder à Yves Lecaudey pour tenir les cordons de la bourse et il reconnaissait :
"Nous marchons à la lumière vacillante des droits de succession."
Il est vrai qu’en fait, c’est un instituteur formé à l’Ecole Normale de Mérignac qui succède à un instituteur formé à l’Ecole Normale de Mérignac à l’époque où on recrutait sur concours des caractères bien trempés.

Recherche
Sur le même sujet
Bordeaux Gazette Annuaire
Et si je vous racontais...
Qui a tué Pollux ?
Chapitres : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12 - 13
Le Crime de la Pizzéria
Chapitres : 1 - 2 - 3 - 4 - 5
Jeanne et Gédéon
Chapitres : 1 - 2 - 3 - 4 - 5
On ne sait jamais de qui l’on peut avoir besoin
Chapitres : 1 - 2 - 3 - 4







