Bordeaux

Le Rugby, Ambassadeur du terroir Aquitain au delà des frontières

Le Rugby Club Aquitaine Entreprises et son président Dominique Broustau ont tenu à la Foire dans le cadre du Salon de l’Agriculture, une conférence sur le thème : "Le Rugby, Ambassadeur du terroir Aquitain au delà des frontières" en partenariat avec l’AAPrA. C’est au cours d’une journée "Rugby, Terroir & Développement Economique" que cette conférence a eu lieu réunissant des responsables économiques ayant un lien fort avec le monde du Rugby.

Se sont retrouvés autour de la table : Thierry Blandinières, Président de Delpeyrat, Directeur Général de Maïsadour ; Daniel Dubroca, Gérant SCE Vergers de Lalanne, Assossié société Ovalie, ancien capitaine du XV de France et sélectionneur du XV de France ; Gilles Bertrandias, Directeur Général de Rougeline et Olivier Degos, directeur Général Adjoint au Conseil Régionald’Aquitaine du Pôle Agriculture, Développement Durable, Tourisme. Dominique Broustau, Thierry Blandinières, Daniel Dubroca, Modéré par Dominique Broustau le débat a tourné entre lien économique de l’entreprise et lien économique avec le club de Rugby. Le Rugby ne pourrait pas vivre et surtout le rugby professionnel, sans l’appui des partenaires et des sponsors et cela est particulièrement sensible en Top 14 ou les clubs présentent un déficit cumulé de 25 millions, les deux seuls clubs qui s’en sortent positivement sont l’UBB et Mont de Marsan qui font partie des budgets les plus faibles (respectivement 11,93 et 6,23) et on est loin des 21,84 millions de Toulon dépensés pour enrôler une armada de gladiateurs étrangers. Quand il prend la parole Thierry Blandinières sait de quoi il parle car Delpeyrat est le sponsor de Mont de Marsan. Daniel Dubroca lui a parlé des valeurs du rugby d’il y a une trentaine d’années où c’était l’époque du rugby des clochers et où l’équipe locale était profondément enracinée comme lui a pu l’être avec l’équipe d’Agen. Il a eu du reste une image pour évoquer l’évolution du rugby en précisant "jusqu’en 90-95 on était au diesel et on est très rapidement passé à la vitesse supersonique" il a quand même précisé que si sur le plan économique les choses avaient bien changé, les valeurs restaient intactes en ajoutant "j’espère que le rugby des villes et villages jusqu’à la Fédérale 1 aura toujours sa place". Pour la petite histoire, il a rappelé que l’équipe des Barbarians Français avait était fondée dans les bureaux de Delpeyrat à Sarlat pour bien montrer qu’il y a entre le rugby et ses acteurs dont font partie des chefs d’entreprises un lien étroit. Pour lui la descente d’Agen en Pro D2 est un traumatisme qui a affecté toute la terre agenaise. Rougeline accompagne le SUA et Dominique Broustau a demandé à Gilles Bertrandias quel sens il donnait à ce partenariat " L’équipe d’Agen à une connotation rurale très forte, les choses ont évolué mais cette culture là reste et entouré d’agriculteurs ça a du sens de se retrouver pour un match de rugby... On a un positionnement national mais on a un ancrage local très fort." On a alors abordé les notions de circuits courts, de production locale et de développement durable qui accompagnent cet ancrage local. Affichage Delpeyrat au Stade Guy Boniface et sur les maillotsC’est ensuite Thierry Blandinières qui a parlé de son arrivée chez Delpeyrat avec pour mission de redonner un souffle à la marque "On a cherché dans les valeurs de l’entreprise avec la qualité et on a vu que Delpeyrat depuis très longtemps était impliqué dans le rugby". Jacques Fouroux, Jean-Pierre Rives et Jean-Luc Joinel avaient travaillé pour la marque, le match de baptême des Barbarians français avait eu lieu à Dax. Le repositionnement de la marque s’est fait avec l’appui publicitaire de joueurs du stade Toulousain. Cette démarche qui était illustrée de spots télé avec Heymans, Poitrenaud, N’Tamack, Servat a ancré Delpeyrat dans le monde du rugby. Ainsi quand on parle rugby, on parle convivialité et il a ajouté "beaucoup de patrons de centres Leclerc ont investi le monde du rugby... et la marque qui était en difficulté en 2003 a retrouvé toute sa vigueur". Pour sa part Daniel Dubroca s’est associé avec d’anciens rugbymen pour monter une structure qui est devenue un GIE organisant des manifestations sur des enseignes bien ciblées. Ils ont ainsi pu réunir jusqu’à 1.200 magasins en Rhône-Alpes sur une action démontrant l’importance de s’unir. En 2012 les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées ont lancé un projet de regroupement qui s’appelle Sud-Ouest France et Olivier Degos a précisé la place que tient le rugby dans cette association. L’agriculture représente 220.000 emplois sur la région " on s’est dit que la bannière Sud ouest portait un certain nombre de valeurs typiques du rugby... à deux on sera plus fort pour aller attaquer des marchés à l’export... il y a beaucoup de producteurs qui n’ont pas accès à ces marchés". Le produit français est souvent apprécié pour sa qualité et l’ensemble des deux régions détient le plus grand nombre et la plus forte concentration d’AOP* et d’IGP*. Rougeline exporte seulement 15% de sa production uniquement sur des critères de qualité gustative car il n’est pas question de chercher à lutter sur les volumes à l’export.

La position de Thierry Blandinières sur le rugby Aquitain
Il a profité de cette réunion pour redonner son point de vue comme il l’a déjà donné à Dax sur le rugby Aquitain qui a comporté jusqu’à 5 clubs en Top 14 la saison passée. Pour lui pour ramener la Coupe d’Europe en Aquitaine c’est un problème de moyens financiers et il ne sait pas s’il doit inclure le Pays Basque dans ce découpage Aquitain mais c’est un autre débat. "Ce n’est pas difficile d’avoir une équipe de rugby il faut avoir un petit peu d’argent et des gens pour la piloter et quand on fait le bilan on sait qu’il faut 20 millions d’euros".Tel est le point de vue de Thierry Blandinières qui considère aussi que 15 millions d’euros en pro D2 c’est du gaspillage et suggère que certains ne savent peut être pas bien gérer leur budget. La troisième mi-temps avec la parrticipation de Christophe Girardot en rugbymanIl faut aussi savoir détecter les jeunes et fabriquer une équipe du terroir en rajoutant des talents extérieurs et quand il fait le bilan des budgets, pour lui ni Dax, ni Mont de Marsan n’ont les reins assez solides pour le Top 14. Pour Agen c’est un peu mieux avec un budget qui approche les 13 millions. Poursuivant son discours en prenant l’exemple des provinces irlandaises qui ont su se fédérer pour redonner une force, il a avancé l’idée que sur l’Amlin Cup on pourrait construire une équipe d’Aquitaine avec une sélection régionale d’Aquitaine plutôt que d’inscrire des clubs qui font l’impasse sur cette coupe, " ce serait un point de départ". Ce serait très compliqué car la France a un championnat particulier et une culture de club par rapport aux pays Celtes et à l’hémisphère Sud, Daniel Dubroca ne voit pas un montois ou un dacquois voire un bayonnais se déplacer pour supporter une équipe Aquitaine et il ajoute qu’il en est de même pour un agenais allant supporter une équipe à Bordeaux ou à Toulouse si ce n’est la sienne. Peut être que l’époque n’est pas encore venue mais que sous la contrainte économique les choses évolueront. On ne sait toujours pas quelle sera la formule du championnat des clubs dans 3 ans mais le rugby de club, le rugby de ville sera maintenu et il faut veiller qu’à côté du rugby d’élite perdure ce rugby des terroirs. A travers Maïsadour un soutien est apporté à des clubs comme Tyrosse, Hagetmau, Saint-Sever car il y a un lien fort avec les coopérateurs et le rugby du terroir et c’est pourquoi l’aide est tournée vers les écoles de rugby et les jeunes.

AOP : Appellation d’Origine Protégée
IGP : Indication d’Origine Protégée

Ecrit par Bernard Lamarque

Co-fondateur et rédacteur en chef de Bordeaux Gazette


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