Bordeaux

Vinexpo 2019 : le point de vue d’un acheteur

Un professionnel, acheteur à Vinexpo nous a fait part de son sentiment sur cette vingtième édition du Salon Mondial des Vins et Spiritueux qui a vu le jour à Bordeaux et qui est une marque de la CCI de Bordeaux.

En arrivant à Vinexpo édition 2019, je suis frappé par l’architecture du hall d’entrée, le nouveau Hall 2, grands espaces, impression très agréable, par contre la pelouse cote lac n’est pas tondue. Entrée après le sas de sécurité et le contrôle du badge, pas de problème tout roule. Je dois aller au vestiaire déposer mon manteau et la Oh surprise ! deux employés me disent que cela coûte 2 euros par pièce (oui par pièce soit 4 euros pour un casque et un manteau), et QU’ILS NE PRENNENT PAS LA CARTE BLEUE. Pas de cash sur moi donc je paierai en partant, j’obtiens un superbe ticket édité par une machine électronique dernier cri. On verra la suite de cette histoire plus tard. En entrant on est surpris par une drôle d’odeur, un mélange de poisson pas frais et d’ammoniaque (oui les acheteurs en vin ont du nez), ce n’est vraiment pas agréable. Le Club VIP est très intelligemment disposé a l’entrée de Vinexpo et de plus en son centre (cela permet de donner des RDV ou se retrouver sans avoir à faire des kilomètres) bien vu. Le salon CLUB est agréable un peu ramassé, les couleurs un peu sombre et je file vers le bar prendre mon indispensable café énergisant du matin, et la Oh surprise ! Vinexpo le temple du bon gout, Bordeaux Capital des meilleurs vins du monde a choisi comme café les Cafés Richard, véritable Edouard Leclerc du Café (contre un fournisseur très qualitatif il y a deux ans /celui de l’alchimiste, café de petite production parfaitement sélectionné et torréfié) dommage on est vraiment déçu. Le service est super pro et l’hôtesse très attentive, un plus.

Direction les stands, on constate que le salon a rétréci, allées larges, pas de Club des marques (en bordure de Lac quelques grandes maisons de luxe y déployaient des pavillons au luxe rare. Les restaurants sont a l’intérieur du Hall 1 au lieu d’être a l’extérieur (d’où l’odeur), pas de Hall 3, bref c’est un format sympa, à taille humaine, on ne fait pas la queue chez les fournisseurs sans avoir pris rendez-vous, donc c’est fluide et agréable. Les navettes fonctionnent bien. Au niveau des exposants, pas ou peu de Grands Bourgogne, peu de maisons de Champagne, une représentation internationale variée, Espagne, Italie, Portugal, Uruguay, Afrique du Sud, bien lisible. Un stand espagnol des vins de Rias Baixas, attire mon attention, tous les vins sont en dégustation libre cela me ravit, on peut goutter les vins rapidement, un livret est prévu pour prendre des notes, c’est bien organisé et parfait. Un petit sandwich sur le pouce, les prix des restos sur place étant carrément dissuasifs, je file dehors prendre un peu de soleil, et oui durant cette édition 2019, le soleil était au rendez-vous et cela a beaucoup aidé. Pas mal de visites l’après-midi avec de belles découvertes sur les vins allemands, et les vins rouge d’Uruguay. Jolie dégustation des Grands Cru 2016, on peut goutter à tout et c’est très intéressant de pouvoir voir ce qui a été acheté en primeur et peut être racheté des nouveaux lots disponibles sur le marché. Il y a pas mal de conférences ; mais franchement en plusieurs décennies, je ne suis allé qu’a une seule conférence très ennuyante sur un vin espagnol, aucun intérêt ni de temps disponible pour perdre une heure à écouter un mec qui en sait souvent moins que vous, donc je zappe.

Ravitaillement pour une coupe de champagne sur un stand en fin de journée et je pars rechercher mon vestiaire, et la Oh stupeur ! je dois aller chercher un DAB au milieu de Vinexpo, après une journée de marche sur des kilomètres, ce n’est vraiment pas passionnant, dommage pour cette organisation archaïque. On file rapidement se changer pour faire le soir la super soirée au Domaine de Chevalier, le 17ème tour de France des vins. Autour de quelques familles, Faiveley, Ch. de Fuissé, Leflaive, Pol Roger, Zind Humbrecht, Famille Perrin, Pascal Jolivet et Antinori, que du beau monde ; petit apéro dehors et repas somptueux à l’intérieur d’une tente sur le Domaine, ils savent recevoir, avec un bon havane en fin de repas c’est parfait. Après ces trois jours de Vinexpo, le jeudi étant considéré comme quasi chômer, on apprend que Vinexpo va se tenir à Paris, et alors quelle surprise !!! Quelle infamie, on déplace notre salon au cœur de notre vignoble, vers la centralisation du béton parisien, mais qui a demandé cela ? Les acheteurs ? J’en doute. Il faut donc reconnaître que là, la CCI de Bordeaux n’a pas été bonne, et le responsable de Vinexpo des années précédentes particulièrement peu prévoyant. Pourquoi continuer sur un format avec des coûts d’exposants prohibitifs, pourquoi ne pas s’être mieux occupé des acheteurs ; lors du dernier salon en 2017 il y avait pour la première fois un vestiaire (alors que ProWein emploie des dizaines de personnes pour permettre aux acheteurs de laisser leur valises en arrivant ou en partant). Finalement Bordeaux a péché par son orgueil, il va en être durement puni, car si nous perdons Vinexpo à Bordeaux, c’est par conséquent le système des Primeurs qui sera remis en cause immédiatement après. J’en suis pour ma part navré et consterné, mais bon, le vin continuera à se produire, à se vendre, a se boire avec ou sans Vinexpo.
Tchin Tchin
Vindependant .

Ecrit par La rédaction


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