Bordeaux

Manifestation à Bordeaux : Loi Sécurité Globale, culture et « free parties » à l’honneur.

Samedi 16 janvier, près de 4 000 personnes se sont rassemblées suite à l’appel à manifester par plus de 30 syndicats. Ils se sont élancé dans les rues de Bordeaux vers 14h30, tout en évitant l’hypercentre suite à l’interdiction d’y manifester par la préfecture de Gironde. Deux cortèges ont ainsi déambulé de Quinconces à place de la République : en tête, le cortège syndical, suivi par des milliers de jeunes et membres de la mouvance « free parties ».

L’appel à manifester de plus de 30 syndicats et associations sur Bordeaux aura su faire écho ce samedi. Des milliers de Bordelais se sont rassemblés, pour un rendez-vous prévu place des Quinconces coté quais (partie de la place autorisé par la préfecture). Partis défiler une trentaine de minutes plus tard, CGT, FSU et FO se sont, comme souvent, retrouvés en tête de cortège. Sur Antisocial de Trust, ils clament des slogans. On a pu entendre, par exemple : « Lallement démission, Darmanin en prison ». Cette manifestation pour la démocratie et les libertés était suivie de près par de nombreuses associations. Étaient notamment présents SOS Racisme, la Ligue des droits de l’Homme, Amnesty International, le Club de la presse de Bordeaux ou encore Greenpeace. Le tout accompagné de quelques Gilets Jaunes toujours en action et de quelques partis politiques majoritairement de gauche. Ces manifestants demandent le retrait de l’article 24 de la Loi Sécurité Globale, qui vise à interdire la diffusion d’images des forces de l’ordre si elles ont pour but de nuire à leur intégrité, mais aussi le retrait des articles 21 et 22, qui envisagent respectivement l’utilisation de caméras-piétons des forces de police et l’utilisation de drone de surveillance dans les missions de maintien de l’ordre et de lutte contre le terrorisme. Ces lois interrogent et surtout inquiètent, souvent qualifiées de lois liberticides. On pouvait notamment lire sur les pancartes : « Etat policier ». Dans une marche pacifique, on pouvait cependant sentir la colère grondée, avec la volonté de faire opposition à toute disposition élargissant la surveillance de masse ou faisant reculer le droit à l’information. Le décret du 4 décembre 2020, visant à élargir les possibilités de fichage en intégrant possiblement les opinions politiques, les convictions philosophiques et religieuses, les déplacements, les pratiques sportives ou même les activités sur les réseaux sociaux était donc aussi défendu lors de cette marche des libertés.

Le cortège syndical qui attend le signal du départ des Quinconces.
SOS Racisme était présent, dénonçant les violences, notamment policières.

Pendant ce temps, la jeunesse se retrouve en queue de cortège. Si une partie d’entre eux s’opposait aussi aux articles de la Loi Sécurité Globale, beaucoup d’autres étaient ici pour défendre la culture et le droit au divertissement et à la fête. Rejoints par les teuffeurs de la mouvance « free parties », ils étaient des milliers à danser, bière à la main, en avançant au rythme des Sound system qui étaient au nombre de 3 ou 4, sans réels gestes barrières. Beaucoup étaient là pour condamner une « répression disproportionnée » lors de la rave party de Lieuron en Bretagne ce 31 décembre dernier et qui avait réuni 2400 personnes malgré les restrictions du gouvernement pour la Saint-Sylvestre. Un nom est revenu sur les pancartes et dans les bouches : Tristan. Ce jeune de 22 ans, « actuellement en prison pour avoir fait danser des gens » est suspecté d’être l’organisateur présumé de cette rave illégale. Il risque jusqu’à 10 ans de prison. Jeremy, à la tête d’un des Sound system s’exprime : « Toute la France se révolte aujourd’hui. On met Tristan en prison pour avoir organisé une fête et, pour bien plus grave que ça, des criminels sont laissés en liberté. On pose des basses, on ne pose pas des bombes. Et les personnes qui sont là sont des personnes qui cherchent un moment de liberté. » Ce mot, liberté, était inscrit sur presque toutes les pancartes. Chacun en a sa vision et sa définition, mais une chose et sûr, tout le monde la recherchait en ce jour de manifestation. A l’heure où la Covid-19 inquiète le monde et ses systèmes de santé, ces jeunes (mais pas que) se soucient de l’impact psychologique de ce virus. A fermer les bars, les restaurants, les cinémas, les théâtres, les concerts, le gouvernement « fait primer l’économie sur la culture et le bien-être de sa population ». Cette foule festive est arrivée à la Victoire vers 15h30 avant de terminer sa marche Place de la République comme prévue. Vers 17 heures, les musiques ont cessé et après quelques annonces au micro (notamment le fait de ramasser ses déchets), les groupes se sont dispersés afin d’être rentré avant le nouveau couvre-feu national à 18h. Malgré cela, quelques dizaines de jeunes ont tenté de s’engager dans la rue Sainte-Catherine, immédiatement arrêtés par les forces de l’ordre. Malgré quelques lacrymos, la soirée s’est terminée sans embûches, sans blessés ni interpellations.

Les jeunes défilent pour la liberté de se divertir et de la culture
Cortège qui se transforme en free party mobile, pour défendre le divertissement

Ecrit par Noémie Renard


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