Bordeaux

La bordelaise Hortense Schneider, Diva à la voix d’or et Muse d’Offenbach …

On ne peut plus bordelaise, Catherine Jeanne Hortense Schneider naît le 30 avril 1833 au 8 rue Marchande, aujourd’hui 110 rue Sainte Catherine. Son père tailleur à la façon travaille dans sa boutique de la place Dauphine, aujourd’hui place Gambetta.

Un talent précoce …
Dès l’âge de trois ans Hortense juchée sur une table fait montre d’une voix très juste et très pure et d’une indéniable présence. A 14 ans elle s’inscrit pour cinq francs par mois, à l’Athénée, sorte de conservatoire bordelais où elle va perfectionner sa voix pendant quatre années.
Remarquée par le directeur du théâtre d’Agen, Henri Delmas, celui-ci l’engage dans sa troupe au printemps 1852. En 1855, elle monte à Paris, devient la maîtresse du chanteur Jean Berthelier qui la présente à Jacques Offenbach.

Jacques Offenbach

De succès en liaisons …
Dès ses débuts, sa grâce, son élégance, sa voix, lui valent les louanges de la presse. Le comte de Morny, demi-frère de l’Empereur Napoléon III, en se rendant dans sa loge consacre sa célébrité. Hortense Schneider brûle les planches.
Invitée par Napoléon III et l’Impératrice Eugénie, elle se produit à Compiègne à l’automne 1857. Elle y rencontre le duc Ludovic de Gramont-Caderousse et devient sa maîtresse. Il la couvre de bijoux, un enfant demeuré naît de cette union. Le Duc meurt en 1865 et lègue une partie de sa fortune à Hortense. Elle se produit aux Variétés puis au Palais Royal. Elle lance une nouvelle façon de chanter et se montre sur scène tout à fait étourdissante.

Napoléon III et l’Impératrice Eugénie

Le triomphe de la muse d’Offenbach …
En 1864, elle tient le rôle principal dans la « Belle Hélène » (musique d’Offenbach, livret de Meilhac et Halévy), puis en 1866 dans Barbe Bleue. En 1867, lors de l’Exposition Universelle, Hortense obtient un triomphe dans la « Grande Duchesse de Gerolstein ». Trois empereurs, sept rois, un vice-roi, neuf grands ducs, deux archiducs et vingt-deux princes se pressent dans sa loge, parmi lesquels le tsar Alexandre II, l’empereur François-Joseph d’Autriche, le roi des Belges, le grand- duc Constantin, le prince de Galles, le roi de Suède, le roi du Portugal, le roi de Bavière. La porte de toutes les têtes couronnées lui est ouverte.
La fête terminée, après quelques temps de repos à Bade, puis en Angleterre, elle revient à Paris et monte la « Périchole » du trio Offenbach.

Document Bibliothèque Nationale

La fin de sa gloire …
Orgueilleuse, exigeante et coléreuse, Hortense qui se croit tout permis part brusquement pour l’Egypte rejoindre le Khédive Ismaïl Pacha. Cette liaison lui vaudra le surnom de Vénus d’Ali Pige. La chute de Napoléon III va marquer la fin de sa gloire alors qu’elle n’a que quarante ans. La République la boude alors qu’elle reste appréciée à l’étranger. En 1880 à la mort d’Offenbach elle se retire définitivement de la scène.
En 1881 elle épouse un italien soi-disant « Comte de Brionne », en fait véritable escroc dont elle divorce en 1884. Elle fait édifier un bel hôtel à Paris (avenue de Versailles) et s’y retire pour mener une vie calme. Son fils décède en 1918, elle s’éteint à l’âge de 87 ans, le 6 mai 1920.
Cantatrice à la voix d’or, véritable Diva et muse d’Offenbach, elle n’oublia jamais ni ses origines ni les siens. Elle repose au cimetière protestant de la rue Judaïque à Bordeaux.
Source : « Les Illustres de Bordeaux ». Les Dossiers d’Aquitaine.

Ecrit par Dominique Mirassou


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