Bordeaux "Capitale de l’Automobile" !!!

Alors que l’automobile fait son apparition à Bordeaux en 1891, cinq ans après, on ne compte pourtant que cinq « motoristes ». Outre le précurseur Legendre qui a échangé son engin à vapeur contre un tricycle à pétrole « de Dion-Bouton », il y’a MM. Marly, Danflou, Juhel-Renoy et Lafitte, possesseurs de « Panhard Levassor » et M. Bord qui a acquis une Peugeot. L’esprit sportif de ces propriétaires va donner lieu à de multiples aventures …


Les premières courses, les premiers accidents.

C’est en 1895, devant les escaliers du Grand-Théâtre qu’a lieu le contrôle du départ de la première course Bordeaux-Paris et retour qui sera gagnée par Levassor sur sa Panhard à près de 25 kilomètre/heure de moyenne. En raison du succès, un Bordeaux-Langon, puis un Bordeaux-Agen et retour sont organisés. Le départ est donné avenue Carnot face à l’entrée du Parc bordelais, une foule nombreuse est massée à Agen et un orchestre joue une marche écrite pour la circonstance : l’« Automobile Polka ». La victoire revient à la Peugeot de M. Bousquet qui bat M. Bord.
D’autres courses sont organisées, Bordeaux-Biarritz et Bordeaux-Périgueux. Les concurrents sont répartis en catégories « afin de laisser le temps au nuage de poussière de s’abattre complètement et éviter ainsi tout risque d’accident par manque de vue ». Le premier accident mortel automobile survenu dans le monde, selon l’historien Lucien Chanuc va cependant avoir lieu : Le marquis de Montaignac, roulant à trente kilomètres/heure est accroché par un autre concurrent ….
De Dion Bouton
Les performances s’améliorent

Les performances vont très vite s’améliorer, et si le Bordeaux-Paris de 1898, organisé par MM. Journu, Escarraguel (propriétaire de l’hôtel Gobineau), Lafitte et le Docteur Creuzan, voit son vainqueur l’emporter en 16 heures et 16 minutes, en 1901, la « Mors » de M. Fournier l’emportera en 6 heures et 11 minutes.
Deux ans après c’est le célèbre Paris-Bordeaux-Madrid au cours duquel sont tués Marcel Renault frère du constructeur ainsi que trois autres concurrents et six spectateurs. La moyenne, malgré une route très poussiéreuse avait alors atteint cent huit kilomètres/heure !!!

L’Automobile-Club - La première "Chauffeuse"

Les pionniers bordelais de l’automobile créent le 25 Avril 1897, l’Automobile-Bordelais, première association de province qui deviendra en 1899, l’Automobile Club du sud-ouest, habilité à délivrer le « brevet de chauffeur automobile ». Le 27 Avril 1903, Mademoiselle Lucy Walton sera reçue brillamment et deviendra la première « chauffeuse » bordelaise, à l’âge de seize ans.

Alors que pour les premiers automobilistes se pose le problème du ravitaillement en essence, un guide édité par Michelin pour les « chauffeurs et les vélocipédistes » fournit les adresses non sans préciser dans son avant-propos : « L’automobilisme vient de naître ; il se développera chaque année et le pneu avec lui, car le pneu est l’organe essentiel sans lequel l’automobile ne peut rouler … » Deux adresses prestigieuses de Bordeaux vont assez vite fournir elles aussi de l’essence : le Chapon Fin et l’hôtel de France (rue Esprit des lois)

La réglementation municipale

Dès mars 1899, la municipalité réglemente la circulation : la vitesse est limitée à 20 km/h dans la ville (30 en campagne), l’approche du véhicule devra être signalée, en cas de besoin au moyen d’une trompe, l’automobiliste ne devra ni effrayer les chevaux, ni répandre d’odeurs incommodes. Enfin l’état percevra une taxe, fixée pour Bordeaux à 50 francs pour les voitures à deux places et à 90 Francs pour les voitures à plus de deux places.
Usine Motobloc
Bordeaux Capitale de l’Automobile

Non seulement capitale du « Sport Automobile », Bordeaux est aussi la ville des pionniers de la construction automobile, en effet, après Henri Lafitte et Paul Legendre, auteur de la « Mignonnette Luap » qualifiée par une publicité de « plus simple, plus petite et meilleur marché des voitures automobiles. Vitesse 5 à 30 KM/H ; Sur demande un parasol ou une capote très légère peut s’y ajouter aisément ».
Un armurier militaire, Schaudel va créer dans son usine de La Bastide « l’automobile démontable comme un fusil de guerre ! » Avec près de trois cents commandes enregistrées au Salon de L’Auto 1901, ce succès va entraîner la création de la Société des automobiles Motobloc. Société qui va prendre son essor en adoptant la devise « toujours en croissant ! », plaçant sur le radiateur de ses voitures, les trois croissants entrelacés, emblèmes de notre ville !!!

Source : La Belle Epoque à Bordeaux - Albert Rèche.

Ecrit par Dominique Mirassou


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