Véritables monologues superposés, sur un ton plutôt violent, où l’insulte et l’approximation règnent en maîtres, dans un climat guerrier et un désordre généralisé, telles sont assez souvent les caractéristiques principales des débats politiques télévisés. La notion de combat, de duel, de match désormais les qualifie, alors que les métaphores sportives en résument les résultats : Untel l’emporte, ou encore match nul, domination de ….
Se contenter d’affirmer et même d’asséner ses propres convictions tout en n’ayant nulle intention d’écouter quoi que ce soit des propos de l’adversaire, telle est la règle du « dialogue de sourds » particulièrement agressif et sans surprise quant au contenu qui en résulte. Au lieu de la confrontation des idées attendue bien naïvement par le spectateur, l’affrontement, la mise en scène du spectacle, la théâtralisation du verbe et des postures, les petites phrases ou les bons mots prennent le pas sur le contenu. La fascination pour ces stratégies et autres postures tactiques, longuement décortiquées par les journalistes spécialisés, est d’ailleurs devenue le sujet central de nombreuses émissions, alors que le fond des problèmes tout juste effleuré se révèle de peu d’importance.

Quand l’écoute des arguments de l’autre devient superflue, quand l’affirmation ferme et définitive du désaccord fait fonction d’argumentation, quand l’insulte et la dépréciation de l’adversaire deviennent la règle, quand le simple fait de passer à la télévision confère un véritable statut et devient plus important que le contenu du discours, quand la polémique est la seule source du débat, quand cette guerre verbale ritualisée ne produit plus beaucoup de sens, la joute oratoire ainsi régie par les codes de « l’agora cathodique » ne rend pas un service inestimable à la démocratie. Même si une partie du public semble apprécier, le glissement vers ce type de combat agressif et théâtral devient d’autant plus regrettable que le fond de la pensée n’y trouve guère plus de place. Pas vraiment de quoi donner une bonne opinion des débats politiques à la télévision, si ce n’est pour les adeptes du catch sans ring ou de la boxe sans gants…
Les organisateurs et participants aux rencontres électorales qui se tiennent actuellement dans notre ville, malgré quelques indélicatesses et autres pointes d’agressivité caractéristiques de l’exercice, ont permis contrairement à ce qui vient d’être dit, que le débat ne sombre pas dans cette insupportable violence verbale. Tout en espérant que les dernières semaines seront tout aussi dignes, nous ne pouvons que les en féliciter !!!



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