Bordeaux

Jean-Marc Four décrypte la presse

Monsieur Jean-Marc Four, directeur de la rédaction de France Inter était le grand invité du Bureau des Médias de Sciences Po Bordeaux le mardi 3 février à 16h45 pour une conférence attendue, sur les écueils de la presse durant les attentats de Charlie Hebdo.

Malgré l’horaire peu propice à la mise en place d’une conférence, les étudiants se sont déplacés nombreux pour venir écouter Monsieur Jean-Marc Four, directeur de la rédaction de France Inter. Les étudiants peinaient à trouver une place dans le plus grand amphithéâtre de Sciences Po Bordeaux.
Suite aux attentats de Charlie Hebdo, les langues se délient. C’est le moment du constat. Et plus encore, c’est le moment de l’autocritique. C’est ce qu’a choisi de traiter Jean-Marc Four lors de cette conférence. Autocritique d’une presse qui selon lui n’a pas réussi à éviter les 7 écueils que tendent ces situations d’extrême violence.

Les trois premiers écueils dégagés par Jean Marc Four sont des écueils de formes lors des attentats de Charlie Hebdo. Ils découlent des « éditions spéciales » notamment des chaines d’infos télé et radios qui doivent absolument faire de l’info en direct. En premier lieu, la vitesse. Sous la pression de la concurrence tous les médias veulent publier au plus vite les informations qui leur sont transmises. Mais cela peut comporter des dangers pour les personnes qui sont concernées. C’est l’exemple typique de l’affaire BFMTV concernant la divulgation de la position de certains otages. De même le trop-plein diffusé en permanence par les chaines d’info en continue risque de devenir un trop-vide. Par exemple, France Inter a, durant ces événements, consacré 40h aux attentats. Mais cela pose le problème du contenu qui tourne en boucle sans apporter de nouveaux éléments. Enfin le spectaculaire qui se veut informateur est en réalité un service pour les terroristes. Les images diffusées sont une source de publicité gigantesque pour ces groupuscules.

Les deux écueils suivant concernent la vision des journalistes dans leur travail. Ces sont ceux du corporatisme et de la connivence politique. En premier lieu, les journalistes sont plus sensibles à la mort de leurs collègues car ce sont des personnes qu’ils côtoyaient régulièrement. C’est la raison pour laquelle, les informations ont accordé bien plus d’importance aux journalistes de Charlie Hebdo qu’aux policiers. « J’ai passé une semaine à réconforter mes collègues. Dès que je passais dans un couloir je prenais quelqu’un dans mes bras pour le réconforter. Parce que c’est bien ça qu’il s’est passé pendant ces terribles journée » explique Jean-Marc Four. Par ailleurs, les journalistes ont eu beaucoup de mal à ne pas mettre dans le même sac tous les « je ne suis pas Charlie ». C’était un mot d’ordre politique qui a été rapidement repris pas les journalistes.

Enfin les journalistes sont tombés dans le piège tendu par les attentats puisqu’il y a eu un repli sur soi et une adhésion au tout sécuritaire. Le repli sur soi a eu tendance à faire oublier d’autres événements aussi importants qui auraient mérités de se retrouver également en une des journaux. Par ailleurs, les journalistes ont eu vite fait d’adhérer au tout sécuritaire. Pourtant cette évolution engendre les mêmes dangers que ceux du terrorisme, c’est-à-dire, une diminution de la liberté d’expression.

Ecrit par Aurélie Franc


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