Bordeaux

À qui ma femme ? De Georges Feydeau à la Lucarne.

Loin de choisir la facilité, la compagnie de l’œil à la Lucarne s’attaque à une pièce de George Feydeau.

Cet auteur dramatique français né à Paris 1862 a porté le vaudeville du XIXe siècle à son plein épanouissement. On doit à l’art de Feydeau « Un fil à la patte » et « l’Hôtel du libre-échange » en 1894, « le Dindon » en 1896, puis « la Dame de chez Maxim » (1899) qui obtiendra plus de mille représentations, « la Duchesse des Folies-Bergère » (1902), « La Puce à l’oreille » (1907), « Occupe-toi d’Amélie » (1908).

À qui ma femme ? De Georges Feydeau à la Lucarne
© Photo Marie-Laure Bousquet

Mais le mariage raté de Feydeau donnera dans sa deuxième partie d’existence un autre ton à ses comédies qui deviendront plus acides. « Feu la mère de Madame » (1908), « On purge Bébé » (1910), « Mais n’te promène donc pas toute nue ! » (1911), « Léonie est en avance » (1911), « Hortense a dit : « J’m’en fous ! » » (1916). La particularité de ces pièces est leur férocité et leur fausse légèreté qui égratignent presque brutalement une bourgeoisie sans scrupule. « A qui ma femme » en fait partie, c’est une de ces farces conjugales qui révèlent l’expérience calamiteuse de l’auteur. Autant dire qu’aborder le comique de Feydeau se fait en finesse, sans grandiloquence puisque le ressort comique se révèle dans le fait que les personnages agissent d’une certaine façon, mais pensent tout à fait différemment. Les apartés vers le public donnent toute la mesure de l’hypocrisie des individus et son sel aux dialogues. Le propos de la pièce ; un mari qui avait épousé par amour une femme qu’il trouvait fantasque et pétillante l’année précédente est déçu parce qu’elle s’est embourgeoisée. Il la trompe et va jusqu’à lui chercher un autre mari pour le remplacer. Il s’appuie sur le fait que celle-ci, à leur rencontre, lui avait bien stipulé qu’il ne correspondait pas à l’homme de ses rêves et que si elle rencontrait cet homme idéal elle le quitterait. L’ennui, c’est qu’elle est finalement tombée amoureuse de son mari. Le cynisme général des personnages est patiné par la légèreté des échanges. Chacun se joue de l’autre et les protagonistes annexes deviennent les instruments des intérêts des deux époux. Mais les sentiments finiront-ils par triompher de la cruauté de leurs intentions ?

C’est une création originale par L’Œil. Mise en scène par Éric Léger assisté de Marie Touya.

Interprété par Hugo Ardoin, Dominique Deviers, Annie Gimenez, Jean Labeyrie, Éric Léger, Jean-Pierre Raison, Christine Sinaï, Cathy Tome et Marie Touya.

  • Jeudi 9 décembre à 20h
  • Vendredi 10 décembre à 20h
  • Samedi 11 décembre à 19h
  • Dimanche 12 décembre à 15h30
  • Mercredi 15 décembre à 20h
  • Jeudi 16 décembre à 20h
  • Vendredi 17 décembre à 20h
  • Samedi 18 décembre à 19h

    Théâtre La Lucarne : 1-3 Rue Beyssac 33 800 Bordeaux
    Téléphone 05 56 92 25 06
    Adresse mail contact@theatre-la-lucarne.com

Ecrit par Marie-Laure Bousquet

Auteure de romans à suspense ainsi que de romans d’aventures, je suis rédactrice à Bordeaux-Gazette depuis 2016 où j’interviens le plus souvent dans les rubriques sur le théâtre, la culture, ou l’Art de vivre. J’alimente aussi la rubrique roman-feuilleton « Et si je vous racontais » avec des nouvelles fantastiques ou étranges.


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