Bordeaux

Samedi 7 février 2026, en plein centre-ville de Bordeaux animé par la braderie d’hiver, le guitariste bordelais Thibault Cauvin a présenté son projet Alter Ego lors d’un showcase à la Fnac Sainte-Catherine. Entre récits de voyage, morceaux joués et échanges avec le public, la rencontre a pris la forme d’un moment intime au cœur de l’agitation commerciale.



Une parenthèse musicale au milieu de la braderie

Ce samedi-là, la rue Sainte-Catherine est particulièrement dense. C’est jour de braderie d’hiver à Bordeaux : stands éphémères, passants chargés de sacs, annonces au micro, flux continu dans l’artère commerçante. À l’intérieur de la Fnac Sainte-Catherine, l’espace événements se remplit progressivement. Quelques mètres seulement séparent la rumeur de la rue et la guitare installée au centre.

Il est un peu avant 16 heures lorsque les spectateurs se regroupent. Certains sont venus pour le showcase, d’autres s’arrêtent en passant. Le contraste est net : dehors, la foule circule vite ; dedans, le temps ralentit. Une chaise, un micro, une guitare. On se rapproche, on s’assoit où l’on peut, on se tait progressivement.

Thibault Cauvin raconte ses “Alter Ego” à la Fnac

Le rendez-vous accompagne la sortie d’Alter Ego, album paru fin janvier 2026 et prolongé par un livre de récits. Le projet s’articule autour de rencontres faites lors de voyages. Sur place, Thibault Cauvin déroule ce fil narratif sans effet de scène, alternant anecdotes et morceaux joués. Le format favorise la proximité : quelques mètres seulement séparent l’artiste du public.

Quinze rencontres transformées en musique

Le musicien présente Alter Ego comme un ensemble de portraits. Quinze personnes croisées au fil des années ont donné naissance à quinze textes, puis à des compositions enregistrées sur l’île norvégienne de Giske avec son frère Jordan Cauvin. Chaque morceau correspond à une rencontre, transformée en matière musicale.

Il revient brièvement sur le travail de studio : une recherche de timbre menée avec l’ingénieur du son David Wrench afin d’explorer d’autres textures pour la guitare. Dans cet espace de magasin, ces détails prennent une dimension particulière. On parle de fabrication, de gestes, de sonorités.

Chaque pièce est introduite par un récit. Une rencontre avec un antiquaire au Pakistan, par exemple, a donné naissance au morceau « Sabir ». L’artiste décrit quelques images, quelques lieux, puis laisse la guitare poursuivre le récit. Les histoires restent volontairement incomplètes : quelques éléments, puis la musique.

« Moussa », une rencontre qui suspend le temps

Parmi les histoires racontées, celle qui a inspiré le morceau « Moussa » retient l’attention. Thibault Cauvin évoque une rencontre à Ouagadougou avec un homme qu’il décrit comme un « marchand de temps ». Une boutique singulière, une horloge sans aiguille, une bouilloire qui ne chauffe pas.
Avant cela, raconte-t-il, la scène se déroule dans la rue : pressé, il bouscule légèrement cet homme et s’excuse. La réponse tombe, simple : « Vous ne m’avez pas bousculé, nous nous sommes rencontrés. » La phrase reste. L’échange se prolonge ensuite dans cette échoppe hors du temps, où l’on parle moins d’horaires que de présence.
De cet instant est née la pièce « Moussa », pensée comme un portrait musical. Dans l’espace de la Fnac, le récit installe un silence attentif avant que la guitare ne prenne le relais. Le morceau apparaît alors comme la trace d’une rencontre brève mais marquante.

« Wong », conversations en mouvement

Autre anecdote partagée : celle qui a inspiré le morceau « Wong ». Thibault Cauvin raconte un trajet en taxi à Hong Kong avec un chauffeur particulièrement bavard, à rebours de l’image souvent associée aux taxis locaux, réputés plus discrets. La conversation s’engage rapidement.
L’homme lui confie qu’il aurait aimé devenir architecte et évoque sa fascination pour Paris, notamment pour l’Opéra Garnier dont il reproduit de mémoire les plans et les façades. Le taxi devient un espace de discussion continue, entre rêves d’architecture, villes imaginées et trajectoires de vie.
De cet échange est née la pièce « Wong », pensée comme un mouvement urbain, avec ses détours et ses reprises. Le récit amuse autant qu’il intrigue. Il rappelle la logique d’Alter Ego : des rencontres brèves, parfois improbables, transformées en fragments musicaux.

Thibault Cauvin présente « Wong » à la Fnac Sainte-Catherine
Lors du showcase du 7 février 2026 au cœur du centre-ville de Bordeaux, Thibault Cauvin joue « Wong » sur une petite guitare au format réduit, utilisée pour cette pièce inspirée d’une rencontre à Hong Kong. Dans l’espace événementiel de la Fnac Sainte-Catherine, l’artiste alterne récit et musique devant un public rassemblé malgré l’agitation de la braderie d’hiver. © Photo : Oihana Marco.

En fin de rencontre, l’artiste évoque aussi la guitare fabriquée par le luthier bordelais Jean-Luc Joie qui l’accompagne aujourd’hui. Il parle du lien qui se tisse avec l’artisan et de la manière dont un instrument porte une mémoire propre, faite de bois, de voyages et de concerts.

Une rencontre à hauteur humaine

La discussion se prolonge quelques minutes avec le public. Thibault Cauvin évoque les dates à venir, dont un passage au Pin Galant à Mérignac au printemps. Puis vient le temps des dédicaces. La file se forme calmement, les échanges se poursuivent à voix basse.

À l’extérieur, la braderie d’hiver continue de battre son plein. À l’intérieur, le showcase aura offert une parenthèse plus lente, faite de récits et de musique.

Thibault Cauvin présente « Alter Ego » à la Fnac Sainte-Catherine

Au fil de la rencontre, les titres et les histoires qui les accompagnent prennent la forme de petits films racontés à la guitare. Des scènes brèves, souvent esquissées, mais suffisamment précises pour laisser apparaître des visages et des lieux. Dans ce format resserré, se dessine une forme d’humilité et de générosité : celle d’un musicien qui se place en observateur des autres et transforme des échanges simples en matière musicale.
Au cœur de la Fnac, au milieu de l’agitation commerciale, ces fragments prennent la valeur d’une parenthèse attentive, comme une série de rencontres mises en musique.

Ecrit par Jean-Sébastien Dufourg

Directeur de la publication

Créateur du site web et co fondateur du magazine en 2011


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