Bordeaux

Le Credo de Bernard Magrez

Dans le cadre de l’Exposition « Rêves de Venise », Bernard Magrez et Ashok Adicéam, directeur de l’Institut, ont reçu la presse lors d’un petit-déjeuner agréablement et parfaitement organisé, dans le respect de la tradition ou du moins de l’habitude qui veut que cet endroit ne supporte aucune négligence.

Genèse de l’Institut
« Bien qu’ayant arrêté l’école très tôt, j’ai eu beaucoup de chance dans la vie. De là, est né mon désir de rendre et de transmettre. » Tels sont les premiers mots de Bernard Magrez. Et de poursuivre que son Institut est une copie de la Villa Médicis avec, comme en Italie, ses artistes résidants, souvent difficiles à choisir : « Il faut prendre ceux qui veulent réussir et devenir des exemples, ceux qui veulent sortir !!! Comme ils le disent eux-mêmes. » Et de poursuivre : « Rendre l’art contemporain plus perméable au plus grand nombre est l’objectif, voilà pourquoi chaque œuvre est accompagnée d’une fiche explicative détaillée. »
Les Nuits du Savoir
Dans cette optique, des soirées (2 à 3 par mois) intitulées « Nuits du Savoir » seront régulièrement organisées, dans une magnifique véranda en verre dont l’achèvement ne saurait tarder. Artistes, philosophes, sociologues ….. Spécialistes des 3 religions monothéistes interviendront lors de ces soirées, car la mission de l’Institut est l’échange et le partage. Notre devoir est d’amener l’autre à s’émerveiller, dit-il : « Pour moi l’émerveillement est à la base de l’harmonie, mais après l’émerveillement il doit y avoir aussi la connaissance. Selon moi, l’artiste qui expose doit aussi pouvoir nous expliquer pourquoi il est artiste. ».

Bernard Magrez, Talent Objectif Aquitaine 2012
photo Bordeaux Gazette - bernard Lamarque

Bernard Magrez nous confie que les artistes lui ont beaucoup apporté tant sur le plan personnel que professionnel : « Plus on voit d’artistes, mieux on se connait, et mieux on progresse. » nous dit-il. Bernard Magrez souhaite par ailleurs orienter aussi l’Institut vers le Street Art : « J’y vois entre autre, une réponse à la difficulté de vivre. ». La qualité du travail de JR effectué sur la façade du château ne peut que conforter cette démarche.
L’Institut prend ses Quartiers d’été à Dinard.
C’est Ashok Adiceam qui nous présente cette nouvelle mission hors des murs de l’Institut, car comme il le dit : « La mission de l’Institut c’est d’aider l’autre … » C’est donc à Dinard, terre d’inspiration de Picasso, à la villa les Roches Brunes, villa classée, de la « Belle époque » (fin 19ème siècle) que 80 œuvres d’art de l’Institut seront exposées du 7 juin au 1er Septembre 2013. Cette exposition se tiendra en contrepoint de l’exposition estivale d’envergure consacrée à l’art contemporain, « Dinard, l’Amour Atomique » qui se tient au palais des Arts et du Festival de la Ville de Dinard. Et si le but de l’Institut Bernard Magrez est de ré-enchanter le monde grâce aux artistes et ceux qui les accompagnent, pas moins de 80.000 visiteurs sont attendus cet été à Dinard. La beauté et la résignation, l’étoffe du temps, la structure de la pensée, le voyage, les signes et les symboles dans une ville, autant de thèmes qui seront abordés lors de cet accrochage sur les deux étages d’une villa qui va accueillir pour la première fois des œuvres d’art contemporain.
Entretien avec Michel Maffesoli
C’est grâce aux miracles de la technologie, via Skype, qu’Ashok Adiceam et les membres de l’assistance ont pu s’entretenir avec Michel Maffesoli, Professeur à la Sorbonne et Membre de l’Institut Universitaire de France, prochainement invité à une Nuit des Savoirs. Evoquant l’Humanisme intégral, celui qui relie ce qui est séparé, soit l’émotion et la connaissance, ce dernier nous dit : « L’art doit se capillariser dans la vie quotidienne, on ne peut penser seulement en homo economicus, la création, le jeu, le rêve, l’imaginaire, devraient permettre un ré-enchantement du monde. » Evoquant une nécessité d’initiation, il parle de rentrer en correspondance avec le début du monde, et le début du vivre ensemble….
Du travail bien fait au quotidien dans la sérénité et l’harmonie, un accueil impeccable en cette matinée, et donc un grand merci à nos hôtes. Bordeaux et les bordelais ne peuvent qu’être enchantés de l’existence d’une telle institution.

Ecrit par Dominique Mirassou