Bordeaux

De Dada à Sigma, au bon temps des iconoclastes



Qui, parmi les bordelais, férus d’art contemporain ou de nouveauté, peut prétendre avoir oublié ce matin de novembre 1966 où , à l’occasion de Sigma II et à l’invitation de Jean-Jacques Lebel, ils défilèrent allées de Tourny, une poche en carton sur la tête, afin d’expérimenter eux-mêmes ce qu’on appelait à l’époque un happening ? Florence Mothe était sous une de ces poches, et avec Jean-Jacques Lebel qu’elle retrouvera plus tard à l’Université de Vincennes en suivant les cours de Gilles Deleuze, elle découvrait ce qu’avait été le Dadaïsme dont le père de Jean-Jacques Lebel, Robert Lebel, avec un livre magistral sur son ami Marcel Duchamp, allait être un des apôtres.
Le Dadaïsme inspira d’ailleurs toutes les éditions de Sigma, qui voulait montrer plusieurs sortes d’art contemporain, Roger Lafosse ayant voulu faire de ces rencontres « la somme infiniment grande de propositions infiniment petites ». Ce n’était pas, pour autant, avouer que le Dadaïsme était une petite chose, même si ses pitreries théâtrales pouvaient porter à sourire. Le Dadaïsme, c’est une protestation presque viscérale des artistes après la Guerre de 14, ses morts, ses gueules cassées, ses gazés, ses tranchées, ses absurdités. C’est la volonté de submerger l’absurdité politique et militaire par une absurdité plus grande consistant à mettre les urinoirs sur un socle à l’envers, écrire en mettant volontairement un mot pour un autre, exprimer que toute tentative de peindre ou de représenter un monde haïssable est forcément inintelligible et ridicule comme l’est celle de faire défiler le public, les yeux enfouis sous une cagoule en papier, pour applaudir un spectacle dont il est l’acteur et qui, par conséquent, n’existe pas. Le Dadaïsme est une revendication permanente du rapport de l’artiste à la création et à la vie. Né en Suisse et en Allemagne, ayant conquis Paris en quelques jours, il demeure un siècle plus tard une proposition plus que jamais contemporaine devant les horreurs du quotidien. Le dimanche 12 novembre à 17 h, au château de Mongenan à Portets, Florence Mothe évoquera, non ses souvenirs de Sigma – qui pourront l’être durant la « troisième mi-temps », cette dégustation gourmande qui suit chacune de ses conférences- mais la personnalité de Duchamp, de Tristan Tzara, de Man Ray et de tous les autres membres de ce groupe improbable, plein de bruit et de fureur, qui fut le plus déchaîné des Années Folles.
Renseignements : château de Mongenan, 33640 Portets, 05 56 67 18 11, château.mongenan@orange.fr Visite tous les jours de 14 h à 18 h, entrée 10 €, gratuite jusqu’à 12 ans.


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