Bordeaux

Une Nouvelle Saison s’ouvre à l’Institut Bernard Magrez

« C’est au Moulin de Scandaillac à Monflanquin en Aquitaine où il réalise en 2012 une installation pétrifiante d’émotions, que nous avons eu avec Ashok Adicéam cette idée audacieuse de proposer à Claude Lévêque, une exposition monographique ». Ces quelques mots de Bernard Magrez nous expliquent en partie la genèse de cette exposition dont Claude Lévêque est le centre, avec cependant en contre-point une exposition très personnelle de Françoise Pétrovitch, autre artiste de qualité et de grande renommée.

Claude Lévêque
Son installation au château va durer trois mois, et il présente douze œuvres visuelles et sonores dont la Citroën traction avant renversée sur l’allée principale renvoyant un célèbre rythme de Michael Jackson constituera le symbole central et majeur de l’exposition. Claude Lévêque, Ashok Adicéam, Bernard Magrez et Françoise Pétrovitch Tout comme son œuvre l’homme à l’évidence conjugue déjà en lui quelques contraires, parlant très calmement et d’une voix douce, son physique de rugbyman peut surprendre, et si son calme semble à priori inébranlable, sa grande sensibilité apparente est elle aussi quelque part maîtrisée. Je ne propose aucune vérité, aucun dogme dit- il, en nous présentant son œuvre, car il laisse bien à chacun de nous le soin d’y retrouver son propre vécu, tout en côtoyant l’universel plus ou moins visible qui s’y trouve. Maîtrisant ses émotions pour mieux les exprimer et invitant chacun de nous à plonger en soi-même, son travail exprime tout à la fois le chagrin, la nostalgie et les ténèbres avec en contrepoint sa fascination pour les étincelles d’une lumière tant physique que spirituelle. Au cœur de son cheminement, l’enfance : « Cet univers lointain qui me fascine parce que c’est l’arrivée dans un monde. Un état contemplatif que j’ai conservé ». « Nous irons jusqu’au bout » inscrit en lettres de néon sur le fronton du Château, sous la forme d’un ex voto à la fois offrande et vœu, sacrifice et dédicace ironique, témoigne bien de l’ambivalence et de la tension des contraires présents dans sa démarche artistique. Le droit du plus fort
« Il faut avoir un chaos en soi-même pour accoucher d’une étoile qui danse. » Citation de Nietzsche certainement pas étrangère à la nature de l’artiste. Retrouver ou du moins rechercher un certain ordre des choses entre ce qui relève de l’ordre et de la beauté et ce qui relève de l’excès, de l’instinct et de l’errance pour mieux les réunir, telle me semble être la démarche de Claude Lévêque.

Ses Œuvres
« Déviation », abri constitué d’une vingtaine de capots de voitures avec un lustre au centre de l’espace, caverne ? labyrinthe de l’inconscient ? Cabinet de réflexion ? Ou encore ténèbres ? Ventre maternel ? Introspection d’où jaillit la lumière ? De quoi donner libre cours à nos interprétations. Avec « Murmures », séries de néons accrochés à des miroirs de Venise, peut-être une nouvelle invitation à l’introspection et surtout à regarder les miroirs bien en face sous peine de les voir devenir illisibles. Au centre de la pièce « Le Conquérant », sculpture d’un volcan en éruption d’où surgit de manière improbable un fil doré dessinant un profil à la « Cocteau », allégorie du bouillonnement artistique et hommage à la jeunesse conquérante.
Avec« Le droit du plus fort » constitué d’une centaine de pots d’échappement suspendus dans la salle ovale du Château, ancien salon de musique, le tout accompagné par un riff du mythique groupe heavy-metal, Van Halen, c’est l’exubérance, l’exaltation des sentiments, le tohu bohu et la confusion toujours possibles, le conflit entre la force, l’agressivité et le droit. Pas mal d’émotions à maîtriser pour traverser la pièce sans tout bousculer !!! Finalement lors de notre passage le droit l’a emporté sur l’agressivité et l’émotion incontrôlées. Le Conquérant
De nombreuses autres œuvres sources de méditations sont exposées, Le « Chemin blanc », « Chagrin » etc … Que dire de « La Nuit » constituée de sept bustes d’enfants peints sur des supports en bois entourés d’ampoules, exposés dans l’obscurité du grand salon du Château, œuvre pour le moins troublante qui tient le public en silence face au regard venu d’ailleurs de ces enfants !!! Autant de bonnes raisons de vous rendre au château et de prévoir quelques heures de visite ….
Avec « Mon repos au Château » (HERE I REST) qui est l’intitulé de l’exposition, c’est un appel à la symbolique créatrice pour s’arracher à la fatalité, une véritable déclaration d’hostilité à la mort sur le principe dynamique de l’éternelle création imaginaire qui nous est proposé. Et si un sens symbolique doit être trouvé dans la rencontre de l’Institut et de l’artiste, et leur désir commun de nous proposer ce parcours cathartique, il est bien résumé sur le fronton du Château « Nous irons jusqu’au bout ». Bernard Magrez, Ashok Adicéam, Claude Lévêque en ont décidé ainsi, allons les voir …..
N.B. Les œuvres de Françoise Pétrovitch seront abordées dans un prochain article.

Ecrit par Dominique Mirassou


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