Une application innovante tire la sonnette d’alarme sur le harcèlement de rue

L’application Street Alert, qui propose un nouveau moyen de pallier aux agressions, fait fureur à Bordeaux.

Son lancement tombe à pic pour les Bordelais, qui ont fait face à une recrudescence des agressions et du harcèlement de rue ces derniers mois. Alors que de nouveaux actes de violence viennent chaque jour alimenter les faits divers, les habitants se sentent de plus en plus impuissants. C’est ce sentiment d’incapacité qui a donné l’idée à Alexis Dessard, étudiant parisien en innovation technologique, de créer l’application Street Alert. « Il y a trois ans, j’étais en voyage en Floride et ma copine du moment m’a envoyé un message me disant qu’elle s’était faite agresser dans le métro », explique Alexis. « Je me suis demandé ce que je pourrais faire, sachant que je n’étais pas près d’elle, pour que quelqu’un d’autre lui vienne quand même en aide. » Le fonctionnement de Street Alert est basé sur l’idée de rôles interchangeables : les utilisateurs pourront être sauveurs ou sauvés. Dès lors qu’un individu lance une alerte afin d’avertir d’un danger, les personnes connectées pourront lui venir en aide grâce à sa localisation. Pour Alexis, tout est question d’entraide : « la solution pour moi en cas d’agression que ce soit dans le métro ou dans la rue c’est que des gens interviennent. J’ai donc voulu créer une application permettant de prévenir les personnes aux alentours d’un danger afin de sortir les victimes de cette mauvaise situation ».

Alma Guirao

Si Street Alert se veut proposer des solutions de défense lors d’une agression, d’autres misent sur la prévention et le soutien. C’est le cas de HandsAway, application contre les agressions sexistes et sexuelles, devenue association. Lucile Dupuy, cheffe de projet et responsable du développement de l’association, explique : «  L’idée de base de la créatrice d’HandsAway Alma Guirao était de mettre en place un outil qui permette aux femmes de s’alerter entre elles. Le deuxième objectif était de pouvoir témoigner, de trouver un exutoire et de recevoir du soutien et des conseils après une agression. Il s’agit aussi de pouvoir apporter sa pierre à l’édifice et de montrer la fréquence et la gravité du harcèlement de rue en France. » L’association HandsAway a rapidement été créée pour héberger l’application et permettre de mettre en place des dispositifs de prévention et de soutien plus poussés. Les employées de l’association organisent par exemple des formations de prévention contre le harcèlement et mettent en place une cartographie des lieux d’aide vers lesquels se tourner après une agression.

L’application

Si Lucile Dupuy soutient l’initiative d’Alexis Dessard, convaincue que « plus il y a de telles initatives plus il y aura une prise de conscience chez les gens », elle craint cependant que l’application rencontre des problèmes similaires à ceux traversés par HandsAway. En effet, début juin, Lucile et Alma se sont vues forcées de désactiver l’application suite à une résurgence de cyber harceleurs, et travaillent toujours à sa remise en ligne. « On a gagné énormément en visibilité début Juin suite à un nouveau hashtag, #IWas : plusieurs femmes ont parlé de notre application et on a plus que doublé en utilisateurs en 48 heures. Sauf que cette visibilité a amené des cyber-harceleurs qui se sont mis à insulter nos utilisateurs et utilisatrices, qui se moquaient des témoignages de victimes d’agressions et créaient de fausses alertes. On a essayé de modérer ça, mais on a dû prendre la décision de retirer l’application le temps de la nettoyer et de mettre en place une nouvelle fonctionnalité de modération plus poussée. »

HandsAway

La cheffe de projet d’HandsAway souhaite éviter aux autres applications combattant les agressions de faire face au même problème : « L’idée c’est de partager les problématiques qu’on a vécues pour que les autres n’aient pas à passer par les mêmes. On peut tous réfléchir, voir des synergies potentielles et créer des solutions plus durables ». Lucile craint également une utilisation malveillante des applications telles que Street Alert, où des utilisateurs mal intentionnés pourraient y repérer des individus en détresse et les agresser. Des doutes peuvent aussi être émis quant à l’utilisation du téléphone durant une agression : «  Un autre retour d’expérience qu’on a eu avec l’application c’est que les gens n’utilisent pas leur téléphone portable pendant une agression » précise Lucile, «  ils essaient d’abord de se sortir de ce mauvais pas, puis ils sortent leur téléphone ». Cependant, utiliser une application comme Street Alert reste un des moyens les plus rapides d’alerter d’un danger imminent. C’est ce qu’explique Alexis Dessard : « ce qui n’est pas normal c’est qu’on vive toujours dans une époque où il faut appeler la police, savoir à quel endroit on se trouve, dans quelle rue, à quel numéro, devoir expliquer la situation... Un appel de ce genre prend au moins trente secondes à une minute et en cas d’agression on n’a pas le temps de donner autant de détails aussi rapidement. Alors qu’avec l’application on peut faire ça en une seconde en appuyant sur le bouton pour lancer l’alerte. » Les créateurs d’HandsAway et de Street Alert espèrent que des initiatives similaires aux leurs continueront d’être mises en place afin d’améliorer les dispositifs de prévention, de défense et de soutien liés aux agressions.

Ecrit par Anaëlle Montagne


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