Sécheresse en Gironde : où les restrictions se durcissent — et où elles sont allégées

Un nouvel arrêté préfectoral modifie les restrictions d’usage de l’eau en Gironde. Le niveau « crise » s’étend à de nouveaux secteurs tandis que la situation s’améliore sur plusieurs autres bassins. Interdictions, allègements, eau potable : ce qui change depuis le 2 septembre, alors que de fortes chaleurs sont de nouveau attendues.

La fin du mois d’août et les épisodes orageux localement importants n’auront pas suffi à rétablir partout la situation hydrologique en Gironde. Après consultation de la cellule opérationnelle de gestion de l’étiage, la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a pris un nouvel arrêté adaptant les restrictions temporaires des usages de l’eau.

Signé le 1er septembre et publié le lendemain, le texte fait évoluer la carte de la sécheresse dans le département. Si la situation s’améliore sur certains cours d’eau, elle continue au contraire de se dégrader dans d’autres secteurs.

Le niveau « crise » s’étend à de nouveaux secteurs

Le nouvel arrêté place les bassins versants du Chenal du Gua–Deyre–Talais et de la Laurina–Jalle de Ludon au niveau « crise », le niveau maximal du dispositif de gestion de la sécheresse.

Dans les secteurs concernés, les restrictions sont importantes. L’arrosage des pelouses, jardins, espaces verts et terrains de sport est interdit, tout comme le remplissage des piscines publiques et privées, le lavage des véhicules et les nettoyages extérieurs.

L’arrosage des potagers, y compris les serres non agricoles, reste possible mais uniquement en dehors de la période comprise entre 8 heures et 20 heures.

Pour les usages agricoles, les prélèvements dans les ressources concernées sont interdits.

Plusieurs bassins restent au niveau maximal

Cinq autres bassins restent placés en crise : Virvée–Moron, Fongaband–Langrane, Lidoire, Barbanne–Lavié–Palais et Saye–Meudon–Lary.

Le niveau « crise » correspond à l’échelon le plus élevé du dispositif sécheresse. Il vise à préserver les usages prioritaires de l’eau en suspendant les usages non prioritaires et en imposant des restrictions particulièrement fortes aux particuliers comme aux professionnels.

La situation s’améliore sur plusieurs bassins

Le nouvel arrêté ne se traduit cependant pas uniquement par un durcissement.

Le Canal des Étangs et le Lisos redescendent au niveau « alerte renforcée ». Les prélèvements agricoles y redeviennent possibles une partie de la semaine : ils restent interdits trois jours et demi, les mercredi, jeudi matin, samedi et dimanche.

Pour les particuliers, l’arrosage des pelouses, jardins et espaces verts reste interdit, comme le lavage des véhicules. Le remplissage des piscines demeure également interdit, à l’exception des remises à niveau et des premiers remplissages lorsque le chantier avait débuté avant les premières restrictions.

Le bassin Bassanne–Brion–Beuve connaît lui aussi une amélioration et passe au niveau « alerte ».

Les contraintes y sont moins fortes : l’arrosage des pelouses, jardins, espaces verts et terrains de sport est interdit entre 8 heures et 20 heures, tandis que celui des potagers est interdit entre 13 heures et 20 heures. Les prélèvements agricoles sont suspendus deux jours par semaine, le jeudi et le dimanche.

Les restrictions sont levées sur l’Engranne

L’évolution est encore plus favorable sur le bassin de l’Engranne, où les mesures de restriction sont désormais levées.

La vigilance qui concernait la Dordogne est également levée.

Ailleurs, dix bassins restent placés en « alerte renforcée » : Jalle de Castelneau, Jalle de Blanquefort, Côtiers Est du bassin d’Arcachon, Gaillardon–Euille, Pimpinne, Laurence, Livenne, Andouille, Gravouse–Seignal et Gamage–Escouach.

La Vignague, la Dronne aval, l’Isle aval et la Garonne aval restent pour leur part au niveau « alerte ».

La situation peut donc varier fortement d’un secteur à l’autre. Pour connaître précisément les restrictions applicables à son lieu de résidence ou d’activité, le service officiel VigiEau permet d’effectuer une recherche à partir d’une adresse ou de la géolocalisation.

L’eau potable du réseau n’est pas concernée

C’est une distinction importante : aucune mesure de restriction n’est actuellement déclenchée pour les usages de l’eau provenant du réseau public d’alimentation en eau potable.

En Gironde, celui-ci est alimenté par des nappes profondes peu sensibles à l’étiage. Les restrictions décidées par la préfecture concernent les ressources et prélèvements entrant dans le champ des différents arrêtés sécheresse. Les irrigations utilisant d’autres ressources que celles encadrées par ces textes ne sont pas concernées par les restrictions de prélèvement.

Cela ne signifie pas pour autant que la consommation d’eau potable soit sans enjeu. L’ensemble du département reste placé en vigilance. Les nappes profondes sont fortement sollicitées tout au long de l’année et la préfecture appelle à poursuivre les économies d’eau, y compris lorsqu’aucune interdiction réglementaire ne s’applique.

De fortes chaleurs de retour en Gironde

Ces nouvelles mesures interviennent alors que les températures repartent nettement à la hausse.

Météo-France prévoit 32 °C à Bordeaux ce jeudi 3 septembre et annonce un pic de chaleur vendredi sur la moitié sud de la France. Les températures devraient alors atteindre 32 à 36 °C dans le sud du pays, avec des valeurs localement supérieures.

La chaleur devrait se maintenir durant le week-end. Météo-France prévoit de très fortes chaleurs, supérieures à 35 °C dans une partie de la moitié sud.

Cette nouvelle séquence intervient après un mois d’août déjà marqué en Gironde par un temps globalement sec. Malgré des averses orageuses parfois importantes à la fin du mois, le cumul des précipitations reste déficitaire. Les températures sont restées élevées tout au long du mois, avec notamment un épisode caniculaire du 8 au 14 août.

Dans ces conditions, les débits des cours d’eau sont globalement stables et continuent même de diminuer sur certains bassins.

En ce début septembre, la carte de la sécheresse girondine reste donc très contrastée, entre des secteurs où l’amélioration de la situation permet d’alléger, voire de lever les restrictions, et d’autres où celles-ci atteignent désormais leur niveau maximal.

Écrit par

La rédaction