Métropole

Incendie en Gironde : 42 000 hectares brûlés et 220 000 personnes évacuées

L’incendie parti de Saumos a désormais parcouru près de 32 700 hectares et provoqué l’évacuation préventive de 167 000 personnes en Gironde. Alors que le feu reste dangereux aux portes de la métropole bordelaise, les armées portent leur dispositif à 1 500 militaires. Le CHU de Bordeaux a rouvert en urgence son ancien Ehpad de Lormont et prépare de nouveaux lits face à l’afflux de patients et de personnes vulnérables.

Article mis à jour dimanche 26 juillet 2026 à 11 h 40

L’incendie a encore gagné du terrain pendant la nuit de samedi à dimanche. Selon le point diffusé dimanche matin, environ 42 000 hectares ont désormais été parcourus par les flammes en Gironde, contre 32 700 hectares lors du précédent bilan.

La progression du feu a conduit les autorités à évacuer environ 55 000 personnes supplémentaires à Marcheprime, Cestas, Mios, Biganos et au Barp. Depuis le début de l’incendie mercredi, près de 220 000 habitants et vacanciers auraient ainsi dû quitter leur logement ou leur lieu de séjour dans le département.

Ce total ne correspond pas nécessairement au nombre de personnes encore accueillies dans les centres d’hébergement. Il additionne les évacuations successivement ordonnées depuis mercredi, alors que certains retours ont pu être autorisés dans des secteurs sécurisés. Les nouvelles évacuations restent cependant susceptibles de faire évoluer le bilan.

Zones estimées des incendies et principales fermetures routières en Gironde, dimanche 26 juillet 2026 vers 11 h 30. Capture Google Maps. Cette image illustre la situation générale et ne constitue pas une carte opérationnelle du front du feu.

Une nouvelle vague d’évacuations au sud de Bordeaux

Les communes évacuées pendant la nuit se situent entre le bassin d’Arcachon et l’agglomération bordelaise. Cestas se trouve notamment à une vingtaine de kilomètres du centre de Bordeaux.

À Cestas, les secteurs de Croix-d’Hins, Pierroton et Toctoucau figuraient parmi les premières zones citées. Les périmètres peuvent toutefois différer d’une commune à l’autre et évoluer rapidement en fonction de la direction du feu.

Les personnes concernées doivent suivre en priorité les messages FR-Alert ainsi que les instructions transmises par la préfecture et les communes. Il ne faut pas tenter de rejoindre un secteur évacué ni emprunter une route différente de celle indiquée par les autorités.

Aucun ordre d’évacuation générale de Bordeaux n’est annoncé dimanche matin. La proximité du feu avec certains secteurs de la métropole impose néanmoins une vigilance renforcée.

Le feu reste hors de contrôle

Après une soirée marquée par plusieurs reprises importantes, notamment autour d’Arès, le feu a continué à progresser pendant la nuit. Une légère accalmie a pu être observée sur certains fronts au lever du jour, mais elle ne signifie pas que l’incendie est fixé.

Les conditions restent très défavorables. Le feu peut connaître des accélérations soudaines et générer ses propres mouvements d’air. Ce phénomène rend sa trajectoire plus difficile à anticiper et complique directement le travail des pompiers.

Les flammes se trouveraient désormais à une quinzaine de kilomètres de Bordeaux dans certains secteurs, selon les informations communiquées dimanche matin et reprises par l’Associated Press. Cette distance ne permet cependant pas de déduire une progression uniforme vers la ville : le front est étendu, irrégulier et soumis aux changements de vent.

Au moins une centaine de bâtiments et environ 140 habitations auraient été détruits depuis mercredi. Plusieurs dizaines de sapeurs-pompiers ont été blessés au cours des opérations. Aucun décès n’était attribué à cet incendie principal au dernier bilan disponible.

Les deux pompiers décédés mardi 21 juillet intervenaient sur un autre incendie, aux abords de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac.

Les retours restent strictement encadrés

Dans les communes évacuées, une route apparemment praticable ne signifie pas que le retour est autorisé. Des foyers résiduels, des chutes d’arbres, des lignes électriques endommagées ou la circulation des secours peuvent encore présenter un danger important.

À Andernos-les-Bains et dans plusieurs communes du bassin d’Arcachon, les retours restent conditionnés à une décision des autorités. La situation demeure surveillée autour de la D106, de la D215 et de plusieurs zones forestières ou industrielles.

Les habitants ne doivent pas se fier aux seules cartes circulant sur les réseaux sociaux. Elles peuvent permettre de comprendre la progression générale de l’incendie, mais ne constituent pas des cartes opérationnelles du front du feu.

Des moyens militaires exceptionnels

Le ministère des Armées a annoncé la mobilisation de 1 500 militaires en soutien aux pompiers, aux forces de sécurité et aux services de l’État.

Le dispositif comprend une aide aux évacuations, la protection des habitations laissées sans surveillance et la sécurisation de certains sites sensibles. Six unités du génie équipées de bulldozers doivent également ouvrir ou renforcer des pistes forestières afin de faciliter l’intervention des secours.

Sept hélicoptères apportent un soutien logistique et 23 bus militaires peuvent être utilisés pour déplacer les populations évacuées. Onze équipes du service de santé des armées participent également au dispositif.

Les armées ont engagé des moyens plus inhabituels, parmi lesquels un drone Reaper pour la surveillance, un hélicoptère NH90, un A330 MRTT doté d’une capacité d’évacuation sanitaire et un A400M équipé d’un dispositif de largage de retardant.

L’A400M a effectué samedi un premier largage dans le secteur de Lacanau. Neuf véhicules d’intervention des pompiers de l’air sont également engagés au sol.

Le CHU de Bordeaux maintient son plan blanc

Le plan blanc reste activé dans les établissements de santé. Le CHU de Bordeaux a ouvert des unités habituellement fermées pendant l’été sur les sites de Pellegrin et de Saint-André afin d’augmenter ses capacités d’accueil.

Le SAMU de Gironde a reçu environ 3 600 appels en vingt-quatre heures, contre 2 500 lors d’une journée habituelle. Des équipes venues de Charente, de Dordogne et des Landes ont été appelées en renfort.

Des médecins et personnels paramédicaux sont présents au parc des expositions de Bordeaux-Lac. L’ancien Ehpad de Lormont, fermé depuis le mois de juin, a également été rouvert pour accueillir des résidents évacués.

Plusieurs établissements sanitaires et médico-sociaux du bassin d’Arcachon ont transféré leurs patients ou résidents vers Bordeaux et d’autres départements. Ces déplacements concernent en priorité des personnes âgées, dépendantes ou nécessitant un suivi médical.

Bordeaux-Lac reste le principal centre d’accueil

Le hall 3 du parc des expositions de Bordeaux-Lac demeure le principal centre métropolitain d’accueil. Sa capacité maximale annoncée est de 10 000 personnes.

Des lits de camp, des repas, des espaces de repos et une zone destinée aux animaux y ont été installés. Le complexe sportif Colette-Besson est également mobilisé pour permettre aux personnes évacuées de se doucher.

La Métropole demande toujours de ne déposer aucun don directement au parc des expositions. L’arrivée non coordonnée de vêtements, de nourriture ou de volontaires pourrait gêner le fonctionnement du centre.

Les dons et propositions de bénévolat doivent passer par les communes. Les besoins prioritaires concernent notamment les couvertures, les produits d’hygiène, les affaires pour nourrissons et le matériel destiné aux animaux. Les denrées alimentaires ne sont pas demandées à Bordeaux-Lac.

Le numéro vert de Bordeaux Métropole est le 0 800 006 090.

Les fumées toujours présentes dans l’agglomération

La qualité de l’air reste dégradée dans une partie de l’agglomération bordelaise. La concentration des fumées et des particules fines peut évoluer rapidement selon le vent.

Les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes ainsi que les personnes souffrant de maladies respiratoires ou cardiovasculaires doivent limiter les efforts physiques et les sorties lorsqu’une odeur de fumée est perceptible.

Le gouvernement a annoncé l’acheminement de 1,5 million de masques FFP2. Les lieux et les modalités de distribution doivent encore être précisés localement. Il ne faut donc pas se rendre spontanément dans un centre d’accueil ou un établissement de santé pour demander un masque.

À Villenave-d’Ornon, un épisode orageux accompagné de quelques précipitations avait été observé samedi vers midi. Cette pluie très localisée n’a pas permis d’améliorer durablement la situation. Les rafales associées aux orages peuvent, au contraire, provoquer des changements rapides dans la direction du feu.

Plusieurs festivals annulés en Gironde

L’incendie entraîne également l’annulation de plusieurs événements prévus ce week-end. À Bouliac, la première édition du Big Blue Festival, programmée du 24 au 26 juillet, est définitivement annulée. La soirée de vendredi avait d’abord été interrompue avant que les organisateurs ne renoncent à l’ensemble du festival en raison de l’aggravation de la situation.

L’organisation indique vouloir mettre les moyens dont elle dispose au service des personnes sinistrées et des communes mobilisées. Les modalités concernant les billets et leur remboursement doivent être consultées directement auprès du festival. L’annonce du Big Blue Festival

À Andernos-les-Bains, la Ville a annulé l’intégralité de la 53e édition du Andernos Jazz Festival, qui devait se dérouler du 24 au 26 juillet. Tous les concerts et animations sont supprimés. La municipalité explique donner la priorité à la gestion de la crise et à la sécurité de la population. La confirmation de la Ville d’Andernos-les-Bains

D’autres événements peuvent être annulés ou reportés dans la journée. Avant tout déplacement, il est donc recommandé de consulter les canaux officiels de l’organisateur ou de la commune concernée.

Je resterais sur ces deux exemples confirmés. Ils sont suffisamment importants et directement liés aux zones concernées. Une liste plus longue alourdirait l’article et risquerait de devenir rapidement inexacte.

L’A63 partiellement coupée, le trafic ferroviaire perturbé

Les déplacements restent fortement déconseillés en Gironde. Une partie de l’A63, qui relie Bordeaux à l’Espagne, est coupée en raison de l’évolution de l’incendie et des évacuations.

La circulation ferroviaire vers le sud est également perturbée ou interrompue sur certains axes. Les conditions peuvent évoluer dans la journée selon la progression du feu et les besoins des secours.

Bison Futé demande aux automobilistes de reporter leur trajet et de ne pas traverser le département. Pour les déplacements entre la France et l’Espagne, les itinéraires alternatifs passent notamment par les autoroutes A20 et A64.

La SNCF recommande de reporter les déplacements non indispensables et de vérifier la circulation du train avant de rejoindre une gare. Des mesures commerciales permettent des échanges ou des remboursements sur certains trajets concernés.

Les numéros utiles

  • Informations générales sur les incendies : 09 70 80 90 40
  • Bordeaux Métropole, accueil et aide aux évacués : 0 800 006 090
  • Urgences médicales : 15
  • Pompiers : 18
  • Numéro d’urgence européen : 112

Les numéros d’urgence doivent être réservés aux situations de danger immédiat. Pour une demande d’information, il convient de privilégier les lignes dédiées, FR-Alert et les canaux officiels de la préfecture et des communes.

La situation reste susceptible d’évoluer rapidement dans la journée de dimanche. Cet article sera actualisé à mesure que de nouveaux bilans consolidés seront communiqués.

Écrit par

Jean-Sébastien Dufourg

Directeur de la publication

Créateur du site web et co fondateur du magazine en 2011