L’incendie qui a parcouru 42 000 hectares en Gironde est désormais considéré comme stabilisé, mais il reste loin d’être fixé. Des reprises ont été observées lundi après-midi, notamment autour de Lège-Cap-Ferret. Retours interdits, trains supprimés, A63 fermée, réseau TBM perturbé et pollution aux particules fines : voici les principales informations pratiques. L’aéroport de Bordeaux-Mérignac reste opérationnel.
Mis à jour lundi 27 juillet 2026 à 20 h 30. La situation reste susceptible d’évoluer rapidement.
Après plusieurs jours de progression continue, l’incendie est désormais considéré comme « stabilisé mais pas fixé », selon le ministre de l’Intérieur. Cette évolution marque une amélioration, mais ne signifie ni que le feu est maîtrisé, ni que le danger est écarté.
La remontée des températures a provoqué plusieurs reprises dans l’après-midi, notamment autour de Lège-Cap-Ferret. Les sapeurs-pompiers restent pleinement mobilisés avant une nouvelle hausse des températures attendue mardi, avec un risque de réactivation de certains foyers.
Le bilan officiel demeure de 42 000 hectares parcourus et 220 000 personnes évacuées depuis le début de la crise. Plus de 240 habitations ont été endommagées ou détruites. Au total, 84 sapeurs-pompiers ont été blessés au cours des interventions. Aucune victime n’est à déplorer parmi la population.
Si notre article principal consacré à la progression du feu continue d’être actualisé, ce second point rassemble les conséquences concrètes pour les habitants, les salariés et les voyageurs.
Pas de retour dans les secteurs évacués
Les habitants évacués ne sont toujours pas autorisés à regagner leur domicile. La préfète de la Gironde a prévenu qu’aucune réintégration ne serait organisée tant que le feu ne serait pas fixé.
Cette consigne concerne également les personnes souhaitant récupérer un véhicule, des documents, du matériel ou des effets personnels. Les retours individuels compliquent le travail des secours et peuvent exposer les habitants à des reprises de feu, à des chutes d’arbres ou à des réseaux endommagés.
Aucune date de retour ne peut donc être avancée. Les habitants doivent attendre une décision officielle de la préfecture ou de leur commune, même lorsque leur quartier ne semble plus directement menacé.
Aucune évacuation de Bordeaux intra-rocade n’est actuellement décidée. Les autorités demandent toutefois aux habitants de rester attentifs aux messages de la préfecture et de leur commune, la situation pouvant évoluer en fonction du vent et des reprises de feu.
Des patrouilles dans les communes évacuées
Des militaires de l’opération Sentinelle sont déployés aux côtés des gendarmes dans certains bourgs évacués, notamment à Saint-Médard-en-Jalles.
Ces patrouilles ont pour mission de sécuriser les zones vidées de leurs habitants et de prévenir les cambriolages ou autres actes malveillants. Les forces de sécurité contrôlent également les accès afin d’éviter les retours non autorisés.
Des moyens militaires participent par ailleurs à la protection de plusieurs sites industriels sensibles situés dans ou à proximité des secteurs menacés par les flammes.
Environ 14 500 entreprises touchées
Les salariés ne doivent pas se rendre dans les entreprises situées à l’intérieur des périmètres évacués. « Pas de travail lundi dans les entreprises de ces collectivités territoriales », avait précisé dimanche la préfète.
À Mérignac, la Ville confirme notamment qu’aucun salarié ne peut accéder aux quartiers extra-rocade de Beutre, Courtillas et Beaudésert, y compris pour récupérer du matériel professionnel ou un véhicule.
Selon Patrick Seguin, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Gironde, environ 14 500 entreprises ont cessé leur activité ou subi des dommages depuis le début de la crise. Près de 130 000 personnes seraient ainsi empêchées de travailler.
Ces chiffres recouvrent des situations très différentes, de l’arrêt préventif de quelques jours aux destructions matérielles. Ils ne correspondent donc pas au nombre d’entreprises détruites ou durablement arrêtées.
Les salariés concernés doivent se rapprocher de leur employeur pour connaître les dispositions retenues : télétravail lorsque celui-ci est possible, réorganisation du travail, suspension temporaire de l’activité ou recours à l’activité partielle.
Les frais de relogement pourront être pris en charge
À l’issue d’une réunion entre le gouvernement, les assureurs et les représentants économiques, Bercy annonce que les compagnies d’assurance se sont engagées à prendre en charge les frais de relogement des personnes évacuées, même lorsque leur habitation n’a pas été endommagée.
Cette prise en charge dépend toutefois des garanties et des limites prévues par chaque contrat. Les personnes concernées doivent contacter leur assureur avant d’engager des dépenses importantes et conserver les factures d’hôtel, de location ou d’hébergement.
La mesure concerne les personnes évacuées en Gironde, dans les Landes et dans le Var. Les modalités précises peuvent varier selon les compagnies et les contrats souscrits.
Trains : le trafic reste interrompu au sud de Bordeaux
La circulation ferroviaire reste interrompue au sud de Bordeaux jusqu’à nouvel ordre. Dimanche, le feu a franchi la voie reliant Bordeaux à Arcachon, près de Marcheprime. SNCF Réseau ne pouvait alors pas accéder au secteur pour vérifier l’état des infrastructures.
Sont notamment supprimés :
- les TGV entre Bordeaux, Arcachon, Bayonne, Biarritz, Hendaye et Tarbes ;
- les TER Bordeaux–Arcachon et Bordeaux–Morcenx ;
- les trains au départ d’Hendaye et de Tarbes ;
- les Intercités de nuit Paris–Tarbes dans les deux sens.
Les TGV venant de Paris et habituellement prolongés vers le sud ont pour terminus Bordeaux. Les liaisons ferroviaires entre Bordeaux, Agen et Toulouse continuent en revanche de circuler, sous réserve de modifications ponctuelles.
D’autres retards ou suppressions restent possibles à la gare Saint-Jean. La SNCF recommande de reporter les déplacements vers les secteurs touchés.
Les billets concernés peuvent être annulés ou échangés sans frais. Ce dispositif exceptionnel de souplesse commerciale doit être maintenu jusqu’au vendredi 31 juillet inclus.
Les voyageurs doivent vérifier leur train sur SNCF Connect ou auprès de leur compagnie avant de se rendre en gare.
Le réseau TBM perturbé dans l’ouest de la métropole
Plusieurs lignes de tramway et de bus restent perturbées dans l’ouest de la métropole en raison des périmètres d’évacuation.
Sur la ligne A, la circulation est interrompue entre Pin Galant et Le Haillan Rostand.
La ligne F dessert toujours l’aéroport au-delà de Mérignac Soleil, mais sans arrêt à Caroline Aigle, Cadéra-Issartier et Chemin Long.
Les lignes de bus 26, 30, 39 Est, 51, 71, 72, 83 et 84 ne circulent pas. Le Taillan-Médoc, bien que la commune ne soit pas évacuée, reste également non desservi à la demande de la préfecture.
D’autres lignes peuvent être interrompues ou déviées en fonction de l’évolution des périmètres interdits. Les voyageurs doivent consulter les informations en temps réel du réseau TBM avant leur déplacement.
Sur le nord du bassin d’Arcachon, le réseau Alégo demeure à l’arrêt jusqu’à nouvel ordre, aussi bien pour les lignes régulières que pour le transport à la demande.
A63 fermée, A10 accessible
L’A63 reste coupée sur une large partie de son parcours. Dans le sens sud–nord, la circulation est interrompue entre l’échangeur 17 de Liposthey et l’échangeur 24 de Cestas. En direction du sud, la fermeture reste en vigueur entre la rocade bordelaise et l’échangeur 23 de Marcheprime.
Vers Bordeaux, les véhicules sont arrêtés dès la bifurcation entre l’A63 et l’A64. La déviation recommandée passe par l’A64, l’A65 puis l’A62.
L’A10 reste accessible. Il demeure donc possible de contourner les secteurs concernés pour rejoindre Bordeaux depuis le nord, mais les autorités demandent de limiter les déplacements et de ne pas emprunter les routes proches des zones évacuées.
Bison Futé appelle toujours à ne pas traverser la Gironde lorsque le trajet peut être reporté, afin de conserver les voies disponibles pour les secours.
L’aéroport de Bordeaux reste ouvert
Contrairement à plusieurs informations diffusées sur les réseaux sociaux, l’aéroport de Bordeaux-Mérignac n’est pas fermé. Bordeaux Aéroport indique officiellement que les vols commerciaux continuent de fonctionner, avec une priorité donnée aux départs.
La zone hôtelière située autour de l’aéroport a en revanche été évacuée par décision préfectorale et les établissements concernés restent fermés jusqu’à nouvel ordre. Les terminaux fermant pendant la nuit, aucun hébergement ne peut être assuré à l’intérieur de l’aéroport.
Le tramway dessert toujours le terminal, mais sans arrêt intermédiaire entre Mérignac Soleil et l’aéroport. La navette 30’Direct entre la gare Saint-Jean et l’aéroport continue également d’assurer ses rotations.
Chaque passager doit vérifier le statut de son vol auprès de sa compagnie avant de partir.
Pollution : le panache se déplace vers le sud-est
Les fumées continuent de dégrader la qualité de l’air à proximité du sinistre et sous le panache. Selon Atmo Nouvelle-Aquitaine, l’évolution du vent doit progressivement diriger les fumées vers le sud-est de la région.
La Gironde, les Landes et le Lot-et-Garonne restent susceptibles d’être concernés, avec une situation pouvant varier rapidement selon les secteurs, la direction du vent et l’évolution de l’incendie.
Les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes et les personnes souffrant de pathologies respiratoires ou cardiovasculaires doivent limiter les sorties et les efforts physiques.
En présence de fumées, il est conseillé de fermer les portes et les fenêtres et d’éviter d’aérer tant que l’air extérieur reste dégradé. Il est également recommandé d’éviter les activités physiques intenses, qui augmentent la quantité d’air et de particules inhalée.
Les personnes suivant un traitement ne doivent pas l’interrompre. En cas de symptômes persistants, il convient de contacter son médecin. En cas de gêne respiratoire importante, de malaise ou de signe de détresse grave, il faut appeler le 15.
L’Agence régionale de santé annonce l’acheminement de 2,5 millions de masques FFP2 issus des stocks stratégiques vers la Nouvelle-Aquitaine. Les pharmacies des secteurs proches des incendies ont commencé à être approvisionnées, avant un élargissement progressif aux autres zones exposées.
La distribution est destinée en priorité aux personnes les plus vulnérables : patients souffrant de maladies respiratoires, cardiovasculaires ou chroniques, personnes immunodéprimées, femmes enceintes, personnes âgées et jeunes enfants. Deux masques peuvent être remis aux personnes concernées, dans la limite des stocks disponibles.
Le port du masque ne dispense pas de limiter les déplacements et les efforts physiques lorsque les fumées sont présentes.
Atmo Nouvelle-Aquitaine propose un suivi de la qualité de l’air.
Colonies et séjours avec hébergement suspendus
La préfète a suspendu en Gironde les activités des colonies de vacances, des accueils collectifs de mineurs comprenant au moins une nuitée et des séjours de scoutisme avec hébergement.
Les séjours de vacances adaptées organisés pour les personnes en situation de handicap sont également concernés.
Cette mesure s’ajoute à la demande adressée aux touristes de ne pas rejoindre la Gironde tant que la situation n’est pas stabilisée. Ceux qui se trouvent déjà dans le département sont invités, lorsque cela est possible, à envisager une autre destination.
Près de 40 000 campeurs ont dû quitter 45 campings en Gironde et dans les Landes depuis le début de la crise.
Des centres d’accueil jusqu’à Agen et Toulouse
Douze centres d’accueil sont ouverts dans neuf communes. À Bordeaux-Lac, le parc des expositions demeure le principal site métropolitain d’hébergement et de prise en charge sanitaire.
Le site peut accueillir jusqu’à 10 000 personnes. Des lits de camp, des espaces de repos, de l’eau, des boissons chaudes et des repas sont mis à disposition. Le complexe sportif Colette-Besson est également ouvert afin de permettre aux personnes évacuées de se doucher. Un espace spécifique a été aménagé pour les animaux.
Un centre disposant de 1 500 lits est également ouvert au parc des expositions d’Agen. Un autre dispositif a été installé au MEETT, près de Toulouse, avec une capacité initiale de 250 places, extensible en fonction des besoins.
Des personnes évacuées, notamment parmi les publics les plus vulnérables, doivent y être accueillies. Des personnes âgées très dépendantes ont parallèlement été orientées vers deux Ehpad toulousains.
Les numéros et informations utiles
- Urgence immédiate : 18 ou 112 ;
- urgence médicale : 15 ;
- numéro vert de Bordeaux Métropole : 0 800 006 090 ;
- informations locales : sites et réseaux officiels de la préfecture et des communes ;
- trafic ferroviaire : SNCF Connect et TER Nouvelle-Aquitaine ;
- transports métropolitains : site et application TBM ;
- circulation routière : Bison Futé et VINCI Autoroutes ;
- qualité de l’air : Atmo Nouvelle-Aquitaine ;
- hébergement provisoire : contacter son assureur avant d’engager des dépenses importantes.
En cas d’odeur diffuse de fumée sans flamme, sans départ de feu ni panache localisé, il est demandé de ne pas appeler les pompiers. Les lignes d’urgence doivent rester disponibles pour les situations nécessitant réellement une intervention.



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