Projet EMME : les opposants demandent la suspension du permis
Les mairies de Blanquefort et de Saint-Louis-de-Montferrand, la SEPANSO Gironde et des riverains ont rendez-vous devant le tribunal administratif de Bordeaux. Ils demandent la suspension du permis de construire du projet EMME, future unité de conversion de nickel et de cobalt prévue à Grattequina.
Le projet EMME revient sur le terrain judiciaire. Dans un communiqué daté du 27 août, les mairies de Blanquefort et de Saint-Louis-de-Montferrand, la SEPANSO Gironde et des riverains annoncent avoir déposé cet été un recours en référé contre l’arrêté préfectoral autorisant le permis de construire du projet. L’audience est fixée au mercredi 2 septembre 2026, à 10 heures, au tribunal administratif de Bordeaux.
Cette procédure s’inscrit dans la continuité des recours déjà engagés contre la modification du PLUi de Bordeaux Métropole concernant la zone de Grattequina et contre le permis de construire. Le référé-suspension ne juge pas encore le fond du dossier : il permet de demander au juge l’arrêt des travaux dans l’attente d’une décision définitive, afin d’éviter qu’une situation jugée irréversible ne soit créée avant l’examen complet du dossier.
Porté par Electro Mobility Materials Europe, le projet EMME prévoit l’implantation, au bord de la Garonne, d’une unité de conversion de nickel et de cobalt destinée notamment à la filière des batteries. Le site est classé Seveso seuil haut, en raison des substances manipulées. Pour l’État, il s’agit d’un projet stratégique pour les métaux critiques et la réindustrialisation.
Les requérants contestent principalement le choix du site. Ils estiment que l’implantation d’une telle installation dans un secteur exposé aux inondations accroîtrait la vulnérabilité des populations et des biens. Le communiqué souligne également les enjeux liés à la sécurité des personnes et à la protection des milieux aquatiques.
Les opposants rappellent enfin le rôle des zones humides dans la gestion de l’eau et des inondations, dans un contexte de multiplication des épisodes climatiques extrêmes. Après l’autorisation environnementale signée début juillet par la préfète de Gironde, le dossier EMME entre donc dans une nouvelle étape. Le juge devra dire si le permis doit être suspendu dans l’attente du jugement au fond.
Aucun nouveau communiqué préfectoral spécifique à cette audience de référé n’apparaissait publié ce mercredi soir. La dernière communication de la préfecture sur le projet EMME portait sur la signature de l’autorisation environnementale, annoncée le 7 juillet.



Sur le même sujet
Projet EMME : le choix du site près de Bordeaux attaqué
Pure Salmon au Verdon : la préfète autorise le projet
Avant la forêt de pins, le visage oublié des Landes girondines
Pure Salmon au Verdon : un projet industriel qui divise le Médoc
Girondins de Bordeaux : un projet jugé viable, mais toujours exclu du National
Après les incendies, l’État annonce 10 millions d’euros pour la Gironde