Bordeaux

Mis à jour le 28/08/2026 à 14h21

Girondins de Bordeaux : un projet jugé viable, mais toujours exclu du National

Le tribunal de commerce de Bordeaux a homologué mardi 25 août l’accord de conciliation lié au projet de reprise porté par Sparta Capital et Park Bench. Une décision favorable sur le plan économique, qui ne remet cependant pas en cause l’exclusion des Girondins des compétitions nationales. Le Comité exécutif de la Fédération française de football est invité à réexaminer le dossier, sans y être contraint.

Mise à jour du vendredi 28 août — Réuni jeudi en visioconférence, le Comité exécutif de la FFF n’a pris aucune décision sur la situation des Girondins. Ses membres attendent des éléments complémentaires ainsi qu’une analyse juridique extérieure sur la portée du jugement du tribunal de commerce. Aucun réexamen par la DNCG n’est engagé à ce stade, mais cette possibilité n’a pas été définitivement écartée.

Mardi 25 août, le tribunal de commerce de Bordeaux a homologué le protocole de conciliation présenté dans le cadre du projet de reprise porté par Sparta Capital et ses partenaires.

Selon les éléments rapportés par Sud Ouest et repris par So Foot, la juridiction commerciale a constaté que le club n’était plus en cessation de paiements au sens strict. Elle a également considéré que les financements proposés devaient permettre de régulariser les échéances impayées du plan de continuation et d’assurer le fonctionnement du club pendant les trois prochaines saisons.

Cette décision apporte une forme de validation judiciaire au montage économique présenté par les nouveaux investisseurs. Elle ne garantit toutefois pas le retour de Bordeaux dans une compétition nationale.

Une décision favorable, mais conditionnelle

Le dispositif financier repose notamment sur les 10,6 millions d’euros consignés le 31 juillet sur un compte ouvert à la Caisse des dépôts. Une garantie supplémentaire de 10 millions de dollars a également été annoncée sur un compte dédié auprès de JP Morgan.

Ces financements doivent couvrir les besoins de la saison 2026-2027, les arriérés du précédent exercice et les premières échéances du plan de continuation adopté en juin 2025. Celui-ci prévoit le remboursement sur dix ans d’une dette ramenée d’environ 94 à 26 millions d’euros auprès de quelque 400 créanciers.

Une limite importante demeure : le déblocage des 10,6 millions d’euros est conditionné au maintien des Girondins en National 1, quatrième niveau du football français depuis la réorganisation des championnats. La viabilité du projet reconnue par le tribunal de commerce repose donc sur un scénario sportif qui n’est toujours pas acquis.

La FFF invitée à réexaminer le dossier

Le président de la chambre du conseil a invité le Comité exécutif de la Fédération française de football à envisager un nouvel examen de la situation économique du club par la DNCG.

Dominique Delport, appelé à prendre la présidence des Girondins si le projet de reprise aboutit, demande désormais à la Fédération de réunir son Comité exécutif « en urgence ». Il estime que la décision commerciale démontre la capacité des investisseurs à financer le club et à respecter leurs engagements envers les créanciers.

Cette invitation n’a cependant aucun caractère contraignant. Le tribunal de commerce peut se prononcer sur la continuité de l’entreprise et sur la solidité du montage financier, mais il ne peut imposer à la FFF ni la réouverture du dossier sportif ni la réintégration des Girondins en National 1.

Réuni jeudi 27 août, le Comité exécutif de la FFF n’a arrêté aucune décision. La Fédération attend désormais des éléments complémentaires et une analyse juridique extérieure avant de déterminer les suites éventuelles à donner au jugement du tribunal de commerce. L’exclusion des compétitions nationales demeure donc applicable.

Deux décisions portant sur des questions différentes

La décision commerciale intervient quatre jours après le rejet du référé déposé par le club et Sparta Capital devant le tribunal administratif de Paris.

Comme nous l’expliquions dans notre précédent article, les fonds avaient été réunis après l’audience de la commission d’appel de la DNCG, organisée le 15 juillet.

Le 21 août, le juge des référés a considéré que les garanties financières devaient être concrétisées au plus tard à cette date. Les 10,6 millions d’euros ayant été versés le 31 juillet, leur absence de prise en compte n’était pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l’exclusion. Le tribunal administratif a donc rejeté la demande, sans avoir à se prononcer sur l’urgence.

Les deux juridictions n’ont ainsi pas examiné la même question. Le tribunal administratif s’est prononcé sur la légalité d’une décision prise à partir des éléments disponibles le 15 juillet. Le tribunal de commerce s’est intéressé à la situation financière actuelle et à la capacité du nouveau projet à assurer la continuité du club.

Le constat économique favorable ne rend donc pas illégale la décision sportive prise plusieurs semaines auparavant.

Une inscription toujours provisoire en Régional 1

En l’absence d’une nouvelle décision fédérale, l’exclusion des compétitions nationales reste applicable. Les Girondins figurent provisoirement dans la poule B de Régional 1, au sixième niveau.

Leur premier match, prévu samedi 29 août sur le terrain de Saint-Médard-en-Jalles, a été reporté par la Ligue de football Nouvelle-Aquitaine. Celle-ci a justifié cette mesure par l’incertitude entourant encore la situation du club et par les contraintes d’organisation pour l’équipe chargée de le recevoir.

Le championnat de National 1 a, de son côté, déjà commencé. Une éventuelle réintégration tardive poserait donc également des questions de calendrier et d’équité avec les autres clubs engagés.

Le risque de liquidation n’a pas disparu

L’homologation de l’accord de conciliation éloigne, au moins temporairement, la perspective d’une liquidation. Elle confirme que le projet peut être financé dans les conditions présentées au tribunal.

Mais ces conditions restent liées à une participation en National 1. Si la FFF refuse de rouvrir le dossier, les investisseurs devront décider s’ils maintiennent leur engagement au niveau régional ou s’ils renoncent au projet. Dans cette seconde hypothèse, l’exécution du plan de continuation pourrait de nouveau être compromise.

La situation des Girondins tient désormais dans ce décalage : la justice commerciale reconnaît la solidité du nouveau montage financier, tandis que la décision sportive continue de produire ses effets. Le club a franchi une étape dans sa tentative de reprise, mais son avenir dépend toujours d’une initiative que la FFF n’est pas juridiquement obligée de prendre.

Écrit par

La rédaction