À Saint-Michel, Chahuts rallume la nuit autour de la Flèche

Samedi soir, la réouverture de la Flèche Saint-Michel a surtout pris la forme d’une soirée de quartier. Autour du monument restauré, la clôture du festival Chahuts a mêlé inauguration officielle, concert de carillons, Radio Chahuts, visites, musiques et foule rassemblée sur la place.

Il y avait bien le protocole, les discours et les élus. La préfète de la Gironde Sophie Brocas, le président de la Région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset, Nathalie Bois Huyghe et Maylis Descazeaux étaient présents pour saluer l’achèvement d’un chantier attendu. Mais à Saint-Michel, les cérémonies ne restent jamais longtemps à distance de la rue. Très vite, la place a imposé son propre rythme, celui d’un quartier habitué à faire cohabiter patrimoine, parole publique, marché, musique et vie quotidienne.

Dans son discours, Sophie Brocas a rappelé la place singulière de la Flèche dans le paysage bordelais : 114 mètres de pierre, un repère longtemps masqué par les échafaudages. Elle a aussi évoqué l’ampleur d’une restauration où plus de 300 pierres ont été remplacées une à une, mobilisant les métiers du patrimoine. Mais l’essentiel de la soirée s’est joué ailleurs, dans cette transition progressive entre inauguration et fête populaire.

En s’inscrivant dans la clôture de Chahuts, la réouverture a changé de ton. La Flèche n’était plus seulement un monument à admirer ou à visiter, mais le décor vivant d’une soirée pensée pour la place. Entre concert de carillons, dernière émission de Radio Chahuts, visites du monument et concerts, le rendez-vous a pris la forme d’un parcours ouvert autour de Saint-Michel.

La programmation accompagnait ce mouvement. EmmaFleurs, déjà croisée par Bordeaux Gazette lors de Musik à Pile, a ouvert la séquence musicale avec son univers sensible. Plus tard, Qairo a fait glisser la soirée vers une ambiance plus dansante et métissée, entre flamenco, musiques orientales, clarinette turque, oud, guitare et danse. Sous la Flèche illuminée, cette énergie donnait à la clôture de Chahuts une couleur festive, ouverte et profondément ancrée dans l’esprit du quartier.

Le public a suivi ce glissement. Après les discours, les habitants sont restés. Les curieux ont levé les yeux. Les files de visiteurs ont prolongé l’appel du monument, pendant que la scène prenait de plus en plus de place dans la nuit. Les images racontent cette bascule : d’abord l’inauguration, puis la foule, les artistes, les lumières, et enfin la silhouette de la Flèche retrouvant sa place dans le ciel bordelais.

Un détail a résumé l’esprit du quartier mieux qu’un long commentaire. À la fin de la séquence officielle, un “Rendez-nous nos chaises !” a fusé dans le public, en écho à la mobilisation récente autour des assises retirées aux Capucins. La phrase a fait sourire, mais elle disait aussi quelque chose de Saint-Michel : ici, le patrimoine, la rue et les usages du quotidien ne sont jamais très éloignés.

Ce Regards en Images revient sur cette soirée de bascule. La Flèche retrouvait la nuit bordelaise ; Saint-Michel, lui, retrouvait une place à vivre au pied de son monument.

L’inauguration s’ouvre au pied de la Flèche
La soirée débute par les prises de parole officielles, en présence des représentants de l’État, de la Région et des acteurs du patrimoine. Le discours de Sophie Brocas.
Saint-Michel retrouve son grand repère
La Flèche restaurée domine la scène installée sur la place, au moment où la cérémonie laisse déjà entrevoir la fête de quartier.
Une place rendue aux habitants
Autour de la basilique et de la Flèche, le public se rassemble pour une soirée mêlant patrimoine, musique et vie de quartier.
Premiers pas vers la Flèche rouverte
Les visiteurs patientent au pied du monument pour découvrir ou redécouvrir la Flèche Saint-Michel après plusieurs années de fermeture.
EmmaFleurs ouvre la soirée en musique
Déjà remarquée à Musik à Pile, EmmaFleurs apporte sa voix et son univers sensible à cette Nuit de la Flèche.
Le public gagne la place Saint-Michel
À mesure que la soirée avance, habitants, festivaliers et curieux prennent place autour de la scène de Chahuts.
Chahuts installe sa scène sous la Flèche
Le festival prolonge l’inauguration dans l’espace public, avec une programmation pensée pour faire vivre la place.
La musique prend le relais des discours
Après la séquence officielle, la soirée bascule vers un moment plus festif, porté par les artistes et le public.
Le rythme s’installe sur scène
Franck Leymeregie qui accompagne EmmaFleurs aux percussions.
EmmaFleurs face au public bordelais
Sur la scène dressée au pied de la Flèche, EmmaFleur inscrit sa prestation dans une soirée de retrouvailles avec le quartier.
Une clôture de Chahuts tout en mouvement
Les artistes embarquent le public dans une soirée où la parole, la musique et le corps occupent pleinement l’espace public.
Saint-Michel répond présent
La foule réunie sur la place donne à la réouverture de la Flèche une dimension populaire et chaleureuse.
La fête monte d’un cran
Sur scène, l’énergie devient plus électrique, prolongeant l’esprit libre et vivant du festival Chahuts.
Qairo fait danser la Nuit de la Flèche
Le groupe Qairo apporte ses influences flamenco, orientales et méditerranéennes à une soirée désormais pleinement festive.
Un public tourné vers la Flèche
Au pied du monument, les spectateurs restent rassemblés entre visites, concerts et retrouvailles avec ce repère du quartier.
Qairo, entre voix, danse et musiques métissées
La formation déploie un univers traversé par le flamenco, les sonorités orientales et une énergie de fête populaire.
La danse au cœur de la soirée
Sous les lumières de la scène, la Nuit de la Flèche prend des airs de célébration collective.
La scène s’embrase sous Saint-Michel
Qairo imprime son rythme à la place, dans une ambiance plus intense à mesure que la nuit tombe.
Derniers élans avant la nuit
La musique et la danse prolongent la clôture de Chahuts dans une atmosphère festive et populaire.
Dernières notes au pied du monument
La soirée s’achève dans les lumières de la scène, avec la Flèche restaurée en toile de fond.

Écrit par

Jean-Sébastien Dufourg

Directeur de la publication

Créateur du site web et co fondateur du magazine en 2011