Bordeaux

À Bordeaux, Oxfam mise sur Saint-Michel pour la seconde main solidaire

La nouvelle boutique Oxfam de Bordeaux ouvre au 78 rue des Faures, dans le quartier Saint-Michel. Vêtements, livres, accessoires et objets culturels issus de dons y sont proposés à prix solidaires, avec l’ambition de financer les actions de l’ONG tout en sensibilisant à une consommation plus responsable.

À Saint-Michel, une nouvelle vitrine pour la seconde main solidaire

Rue des Faures, au cœur du quartier Saint-Michel, Oxfam France installe une nouvelle adresse dédiée à la seconde main solidaire. Derrière la vitrine, l’idée est simple : donner une seconde vie aux vêtements, livres, accessoires et objets culturels tout en contribuant au financement des actions menées par l’association contre la pauvreté et les inégalités.

La boutique bordelaise, située au 78 rue des Faures, ouvre ses portes du mardi au samedi, de 11h à 19h. Elle devient la huitième boutique solidaire Oxfam en France, après Paris, Lille, Strasbourg ou encore Villeurbanne, près de Lyon. Pour l’ONG, cette ouverture marque une nouvelle étape dans le développement d’un modèle encore relativement discret en France, mais très implanté dans d’autres pays européens.

Le choix de Bordeaux ne doit rien au hasard. Oxfam s’appuie notamment sur la présence d’un groupe local de bénévoles déjà actif dans la métropole. « Là où on ouvre les magasins, ça se fait parce qu’on a des groupes locaux de bénévoles déjà présents, qui font énormément d’actions », explique Louanne, chargée des magasins solidaires Oxfam France, rencontrée lors de l’ouverture bordelaise.

Dans un quartier Saint-Michel traversé par de nombreuses dynamiques commerçantes, associatives et populaires, cette nouvelle boutique cherche donc à trouver sa place entre consommation responsable, solidarité et sensibilisation du public.

Tout repose sur les dons

Le fonctionnement repose sur un principe clair : les particuliers donnent des articles en bon état, qui sont ensuite triés, mis en rayon puis revendus à prix accessibles. Vêtements, accessoires, livres, CD, vinyles ou objets culturels peuvent ainsi retrouver un usage plutôt que de rester dans des placards ou de finir jetés.

« Tout repose sur du don », résume Louanne. Les articles doivent être en bon état, revendables et, pour les vêtements, adaptés à la saison. « Le but, c’est que ça ne soit pas très cher, et que les gens puissent se cultiver et s’habiller pas très cher », poursuit-elle. Les recettes permettent ensuite de soutenir les actions de l’association.

À travers ce modèle, Oxfam défend aussi une alternative à la fast fashion. La boutique ne se limite pas à une friperie associative : elle entend relier l’acte d’achat à des enjeux plus larges, de l’impact environnemental de la mode aux inégalités sociales et économiques. Le communiqué de l’association présente ainsi ces boutiques comme un moyen de remettre en circulation des vêtements et objets culturels issus de dons, tout en proposant des prix accessibles.

Un magasin, mais aussi un lieu de sensibilisation

La boutique bordelaise n’a pas seulement vocation à vendre. Oxfam souhaite aussi en faire un espace de sensibilisation. « Nos boutiques, c’est un endroit où on peut acheter, ce qui contribue à financer les actions d’Oxfam, mais c’est aussi un endroit où on va organiser des ateliers », précise Louanne.

Pour l’instant, la priorité est d’installer la boutique dans son quartier et de lancer son activité. Mais l’association imagine déjà des rendez-vous autour de la seconde main, de la réparation ou de l’upcycling. Louanne évoque notamment « Septembre en seconde main », une campagne portée par Oxfam pour encourager une autre manière de consommer. Dans d’autres villes, des ateliers de broderie, de réparation textile ou de transformation d’objets ont déjà été proposés avec des créatrices et créateurs.

À Bordeaux, ces animations pourraient se tenir directement dans la boutique, ou s’appuyer sur le groupe local de bénévoles pour prendre d’autres formes. L’objectif est de faire de cette adresse un point d’entrée simple vers les causes défendues par l’ONG : acheter moins cher, donner au lieu de jeter, s’informer, puis éventuellement s’engager davantage.

Oxfam Bordeaux - Saint-Michel
Vêtements, accessoires et objets culturels issus de dons sont proposés à prix solidaires dans la boutique Oxfam de Bordeaux.

Un modèle ancien, mais encore en développement en France

Si le concept reste moins visible en France que dans les pays anglo-saxons, il est ancien dans l’histoire d’Oxfam. Les premières boutiques ont vu le jour à la fin des années 1940 en Grande-Bretagne, où les charity shops font depuis longtemps partie du paysage commercial et associatif. Oxfam y compte plusieurs centaines de magasins, et la confédération dispose de nombreux points de vente solidaires à l’international.

En France, la première boutique Oxfam a ouvert à Lille en 2007. Le réseau s’est progressivement développé, avec aujourd’hui des implantations à Paris, Lille, Strasbourg, Villeurbanne et désormais Bordeaux. Cette nouvelle adresse confirme la volonté de l’association de renforcer sa présence dans les grandes et moyennes villes, au plus près des habitants.

Oxfam France présente ces boutiques comme un moyen de donner à chacun la possibilité d’agir à son échelle. En achetant un vêtement de seconde main, un livre ou un vinyle, le client soutient indirectement les actions de l’association. En déposant des objets en bon état, le donateur participe lui aussi à cette chaîne solidaire.

Une adresse locale pour des enjeux globaux

À Saint-Michel, l’ouverture d’Oxfam s’inscrit dans un mouvement plus large : celui d’une seconde main devenue plus visible, plus recherchée, mais aussi parfois plus commerciale. L’association arrive avec une approche particulière, où l’achat d’occasion reste lié à un projet militant et humanitaire.

Dans la boutique, la signalétique rappelle les grands combats portés par Oxfam : lutte contre les inégalités, justice climatique, solidarité internationale, égalité de genre et consommation responsable. Des thèmes globaux, mais ramenés ici à des gestes très concrets : donner, acheter autrement, participer à des ateliers, pousser la porte d’un lieu associatif.

Pour Bordeaux, cette nouvelle boutique ajoute une pièce au paysage solidaire local. Elle ne bouleversera pas à elle seule les habitudes de consommation, mais elle propose une porte d’entrée accessible vers une autre manière d’acheter. Dans une ville où les initiatives de seconde main se multiplient, Oxfam entend rappeler que derrière un vêtement ou un livre d’occasion, il peut aussi y avoir une cause à soutenir.

Écrit par

Oihana Marco

Photographe, psychologue et anthropologue.
https://www.oihanamarco.com