EPR2 au Blayais : le dossier officiellement remis à EDF
Le projet d’EPR2 au Blayais franchit une nouvelle étape. Mercredi 24 juin, à Paris, Sophie Brocas, préfète de Nouvelle-Aquitaine et de Gironde, Alain Rousset, président du Conseil régional, et Lydia Héraud, présidente du comité de soutien, ont remis à Bernard Fontana, PDG d’EDF, le dossier de soutien à la candidature du site girondin pour accueillir une paire de réacteurs nucléaires de nouvelle génération.
Selon les porteurs du projet, il s’agit du premier dossier officiellement déposé auprès d’EDF. La candidature du Blayais s’appuie sur plusieurs arguments : sa position dans l’arc sud-ouest atlantique, son rôle dans les grands réseaux électriques entre l’Espagne et le reste de la France, la présence d’un écosystème industriel, mais aussi la possibilité d’organiser une partie du chantier par voie maritime et fluviale, afin de limiter les contraintes logistiques.
Cette remise de dossier ne surgit pas de nulle part. Début février, un [premier comité stratégique d’accompagnement de la candidature EPR2 du Blayais->br4681] s’était réuni à Braud-et-Saint-Louis. Quatre groupes de travail avaient alors été installés autour du foncier, du développement économique, de l’emploi-formation, des mobilités et des infrastructures. L’objectif était déjà de préparer un dossier complet avant la décision nationale attendue fin 2026.
Les soutiens au projet revendiquent aujourd’hui une mobilisation large : plus de 2 400 signatures d’élus, de chefs d’entreprise et de membres de la société civile, ainsi que 168 motions de soutien de collectivités. Une nouvelle réunion est annoncée le 1er juillet à la sous-préfecture de Blaye.
Le dossier reste toutefois sensible. En 2023, un amendement porté au Sénat par Monique de Marco avait provoqué un coup d’arrêt politique au projet, en visant les réacteurs situés dans des zones littorales vulnérables aux inondations ou aux submersions marines. Dans le Blayais, le souvenir de l’inondation de la centrale en 1999 continue d’alimenter les réserves des opposants.
Le sujet s’est aussi invité dans la campagne municipale bordelaise. Lors du grand oral économique organisé devant les entrepreneurs girondins, Julie Rechagneux avait défendu l’implantation de l’EPR2 à Blaye, tandis que Philippe Dessertine s’était montré plus réservé, évoquant plutôt l’intérêt potentiel de petits réacteurs. Pierre Hurmic, lui, avait affiché ses réserves sur ce projet, se disant plus favorable aux énergies renouvelables.
La décision finale ne dépend toutefois pas du territoire. Après l’examen du dossier par EDF, le choix des futurs sites devra être tranché au plus haut niveau de l’État. Pour le Blayais, la candidature entre désormais dans une phase plus technique, mais aussi plus politique.



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