Pure Salmon au Verdon : dix associations annoncent un recours
Une semaine après l’autorisation environnementale accordée au projet Pure Salmon au Verdon-sur-Mer, la contestation entre dans une nouvelle phase. Dix associations annoncent un recours devant le tribunal administratif de Bordeaux, tandis que la SEPANSO Gironde entend également poursuivre son opposition par les voies juridiques.
L214 et neuf autres organisations ont annoncé leur intention de déposer un recours contre l’arrêté signé le 3 août par Sophie Brocas, préfète de la Gironde et de la région Nouvelle-Aquitaine.
La coalition réunit Bloom, FNE Nouvelle-Aquitaine, Greenpeace France, Longitude 181, One Voice, Pays Royannais Environnement, Seastemik, Under The Pole et Welfarm. Elle conteste l’autorisation permettant à la société Saumon du Médoc d’implanter un élevage terrestre au Verdon-sur-Mer, prévu pour produire jusqu’à 10 000 tonnes de saumons par an.
Les conditions d’élevage au cœur de la contestation
Dans leur communiqué, les associations insistent particulièrement sur les conditions d’élevage. L214 évoque une production d’environ deux millions de poissons par an et des densités comprises entre 60 et 70 kg de saumons par mètre cube. L’association estime que ces conditions sont incompatibles avec les besoins du saumon atlantique.
Elle souligne également la dépendance du système de recirculation de l’eau aux équipements de filtration, d’oxygénation et de régulation de l’eau. Les risques liés aux maladies, au stress ou à une éventuelle défaillance technique figurent parmi les arguments avancés contre le projet.
De son côté, la préfecture considère que la maîtrise des paramètres d’élevage doit permettre une production respectueuse du bien-être animal et sans antibiotiques. L’arrêté impose une montée en puissance progressive de l’installation, conditionnée aux résultats des suivis environnementaux.
La SEPANSO dénonce une décision contraire à l’intérêt général
Dans un communiqué publié le 10 août, la SEPANSO Gironde exprime à son tour son « incompréhension », sa « réprobation » et son « indignation ». Fédération départementale agréée au titre de la protection de l’environnement et affiliée à SEPANSO Aquitaine, reconnue d’utilité publique, elle estime que la décision ne tient pas suffisamment compte de la participation à l’enquête publique ni des réserves formulées par plusieurs organismes scientifiques et institutionnels.
Elle cite notamment le Bureau de recherches géologiques et minières, les commissions locales de l’eau, le Parc naturel marin, le Conseil scientifique de l’estuaire et l’Ifremer. La SEPANSO replace également l’autorisation dans le contexte des incendies qui ont récemment frappé la Gironde, considérant que cette catastrophe aurait dû conduire l’État à davantage de prudence environnementale.
La SEPANSO Gironde entend donc poursuivre son action par les voies démocratiques et juridiques à sa disposition. Elle ne précise pas encore si cette démarche rejoindra le recours annoncé par les dix autres organisations ou prendra une forme distincte.
Bordeaux Gazette avait détaillé les prescriptions et les questions encore ouvertes par l’autorisation de Pure Salmon. L’annonce d’un recours ne suspend pas automatiquement l’arrêté préfectoral. Le projet demeure donc autorisé, sauf si le juge ordonne ultérieurement sa suspension ou prononce son annulation.



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