EMME à Grattequina : ce que change le statut européen
Le projet EMME, qui prévoit une usine de conversion de nickel et de cobalt à Grattequina, sur les communes de Blanquefort et Parempuyre, a obtenu le 9 octobre le statut de projet stratégique européen. Une distinction qui lui apporte une reconnaissance supplémentaire à l’échelle européenne, sans mettre fin aux contestations concernant son implantation.
EMME figure parmi les 46 nouveaux projets sélectionnés par la Commission européenne dans le cadre du Critical Raw Materials Act, le règlement destiné à sécuriser l’approvisionnement de l’Union européenne en matières premières critiques. Le nickel et le cobalt, notamment utilisés dans les batteries de véhicules électriques, font partie des matériaux concernés.
Ce statut permet aux projets retenus de bénéficier d’un accompagnement administratif et d’un accès facilité aux dispositifs de financement. Il prévoit également des délais encadrés pour les autorisations encore nécessaires. Les principales autorisations ayant déjà été délivrées, cette reconnaissance pourrait surtout faciliter l’accompagnement du projet EMME et la recherche de financements. Aucun financement supplémentaire n’est toutefois accordé automatiquement.
Le projet avait déjà obtenu le statut de projet d’intérêt national majeur en septembre 2025, avant la délivrance de son autorisation environnementale par arrêté préfectoral du 3 juillet 2026. La reconnaissance européenne ne constitue donc pas une nouvelle autorisation de construire ou d’exploiter.
Une implantation toujours contestée
Cette décision intervient alors que l’implantation de l’usine demeure contestée. Comme nous le rapportions le 29 septembre, les opposants ont annoncé un pourvoi devant le Conseil d’État après le rejet de leur demande de suspension du permis de construire. Un recours contre l’autorisation environnementale a également été engagé devant la cour administrative d’appel de Bordeaux.
Les contestations concernent notamment le choix du site, les zones humides, les risques d’inondation et les conséquences environnementales de cette future installation classée Seveso seuil haut. Si la Commission européenne a examiné les critères de durabilité des projets retenus, sa décision ne se substitue pas aux autorisations environnementales françaises et ne préjuge pas de l’issue des recours.
Sur le plan économique, le dossier présenté par l’État en 2025 fait état de 530 millions d’euros d’investissement et de 200 emplois directs envisagés, auxquels pourraient s’ajouter jusqu’à 300 emplois indirects et en sous-traitance.
L’entreprise vise une mise en service au début de l’année 2029. Un calendrier qui demeure prévisionnel, alors que les travaux préparatoires et les études techniques se poursuivent.



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