Du 2 au 7 novembre, le Festival international du film indépendant de Bordeaux revient pour sa 15e édition. Nouveau calendrier, nouveaux lieux, avant-premières et rencontres : le FIFIB poursuit sa défense d’un cinéma qui explore d’autres formes de récit et s’intéresse à des sujets parfois peu présents sur les grands écrans.
Le Festival international du film indépendant de Bordeaux (FIFIB) change de calendrier et de décor. Après une édition organisée en octobre l’an dernier, le rendez-vous cinématographique bordelais se déroulera du lundi 2 au samedi 7 novembre 2026. Six jours pour découvrir des œuvres venues du monde entier, rencontrer leurs réalisateurs et explorer des formes de cinéma qui trouvent parfois difficilement leur place dans les circuits traditionnels.
Pour cette 15e édition, les projections investiront notamment le cinéma Utopia et le Théâtre national Bordeaux Aquitaine (TNBA). Le village du festival déménage également, quittant la cour Mably pour le square Dom-Bedos, dans le quartier Sainte-Croix.
La soirée d’ouverture, lundi 2 novembre au TNBA, sera consacrée à La bola negra, des réalisateurs espagnols Javier Calvo et Javier Ambrossi. En clôture, le samedi 7 novembre, le public pourra découvrir Mariage au goût d’orange, de Christophe Honoré.
Sept films en compétition pour raconter le monde
Au cœur du FIFIB, trois compétitions réunissent longs métrages internationaux, courts métrages français et films de la sélection Contrebande, consacrée aux œuvres produites en dehors de certains circuits traditionnels de financement.
La compétition internationale rassemble sept longs métrages sélectionnés parmi plus de 300 propositions. Parmi eux, Mauvaise étoile, de Lola Cambourieu et Yann Berlier, présenté le 4 novembre à l’Utopia, mais aussi Chroniques d’un siège, d’Abdallah Alkhatib, et Nina Roza, de Geneviève Dulude-De Celles.
Les avant-premières permettront également de découvrir Carmen, l’oiseau rebelle, film d’animation de Sébastien Laudenbach, Les Yeux verts, de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh, ou encore L’âge d’or, de Bérenger Thouin.
Le cinéma espagnol occupera également une place importante dans cette édition, avec le programme ¡Viva España ! et la présence de l’actrice Lola Dueñas, invitée d’honneur du festival. Une orientation qui prolonge le choix de La bola negra pour la soirée d’ouverture.
De la Mano Negra aux questions de société
Le festival consacrera cette année un focus à David Dufresne, journaliste, écrivain et réalisateur dont les travaux interrogent notamment les pratiques du maintien de l’ordre et le fonctionnement de la démocratie.
Son documentaire Plus de bruit : Mano Negra ! sera projeté mercredi 4 novembre au TNBA. Le lendemain, l’Utopia accueillera Un pays qui se tient sage, sorti en 2020, qui revient sur les violences policières à travers des images de manifestations et des échanges entre citoyens.
Une programmation qui trouve un écho particulier dans l’actualité sociale récente, notamment à Bordeaux, où les manifestations d’octobre ont remis au premier plan les questions de maintien de l’ordre.
D’autres propositions permettront de découvrir des sensibilités et des écritures différentes, avec notamment une rétrospective consacrée au cinéaste québécois Philippe Lesage.
De la production à la diffusion, les défis du cinéma indépendant
Six films présentés au FIFIB cette année ont bénéficié d’un soutien financier de la Région Nouvelle-Aquitaine, parmi lesquels Carmen, l’oiseau rebelle, Les Yeux verts, L’âge d’or, Mauvaise étoile, Le journal d’une femme de chambre et le court métrage Las Damas. Accompagnées par l’Agence livre, cinéma et audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine (ALCA), ces productions illustrent le rôle des aides publiques dans le financement de la création cinématographique.
Le festival accompagne également la création à travers son volet professionnel, FIFIB PRO. Son dispositif Nouvelle-Aquitaine Film Workout, organisé avec la Région, permet à des films déjà tournés mais encore inachevés de bénéficier d’un soutien à la postproduction, pouvant atteindre 15 000 euros pour un court métrage et 40 000 euros pour un long métrage.
Mais produire un film ne suffit pas : encore faut-il pouvoir le montrer. La question de l’accès aux salles a récemment ressurgi avec le documentaire Fini de rire ! L’humour politique au garde-à-vous. En octobre, la Région Nouvelle-Aquitaine a dénoncé des annulations d’avant-premières et des difficultés de programmation dans plusieurs cinémas CGR.
Présenté en septembre à l’Utopia de Bordeaux, ce documentaire consacré à l’humour politique illustre les obstacles que peuvent rencontrer certaines œuvres lorsqu’elles abordent des sujets sensibles ou controversés.
Car l’importance du cinéma indépendant ne se mesure pas uniquement à ses moyens de production. Il explore aussi des territoires que le cinéma commercial investit moins souvent, donne la parole à d’autres sensibilités et porte à l’écran des sujets parfois difficiles. Cette liberté de création pose également la question de la diffusion : un film peut exister sans pour autant trouver facilement sa place dans les salles.
En proposant des œuvres venues d’horizons différents, des rencontres avec leurs auteurs et des espaces de discussion, des festivals comme le FIFIB participent à cette diversité cinématographique. Leur rôle dépasse ainsi la simple présentation de films : ils contribuent à faire vivre un cinéma qui ne répond pas toujours aux logiques du marché.
Un village pour prolonger les projections
Au-delà des salles obscures, le FIFIB entend également cultiver sa dimension conviviale. Son nouveau village, installé au square Dom-Bedos, accueillera pendant six jours des rencontres, des discussions et des animations.
Les Nuits du FIFIB prolongeront les projections avec des concerts et des DJ sets, dans un esprit de rencontre entre cinéma, musique et vie culturelle bordelaise.
Le festival s’adresse aussi aux plus jeunes. Sa programmation scolaire, de l’école primaire à l’université, propose projections, ateliers et rencontres pour familiariser les élèves avec différentes écritures cinématographiques.
Avec ses nouveaux lieux, ses projections et ses rencontres, le FIFIB offre pendant six jours aux Bordelais l’occasion de découvrir des films qu’ils ne croiseraient pas nécessairement dans les programmations habituelles. Et de prolonger la séance par un échange avec celles et ceux qui les réalisent.
Informations pratiques
FIFIB 2026 : du 2 au 7 novembre 2026.
Lieux : cinéma Utopia, TNBA et village du festival au square Dom-Bedos.
Programme, horaires et billetterie : site officiel du FIFIB.



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