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Bordeaux, 5 novembre : la mobilisation sociale prend une nouvelle ampleur

© Bordeaux Gazette Archive 2025

La journée nationale de grève du jeudi 5 novembre a rassemblé plus de 21 000 manifestants à Bordeaux selon la préfecture, contre 120 000 d’après la CGT. Marquée par une convergence des revendications sociales, la mobilisation a traversé le centre-ville dans le calme avant des affrontements survenus après la dispersion du cortège. Le premier bilan préfectoral fait état de 22 interpellations et de six blessés.

La mobilisation sociale a pris une nouvelle ampleur jeudi 5 novembre dans les rues de Bordeaux. À l’appel de plusieurs organisations syndicales, salariés du public et du privé, enseignants, étudiants, lycéens et retraités se sont retrouvés pour défendre les salaires, l’emploi, les services publics et le pouvoir d’achat.

Cette journée de grève interprofessionnelle a fait converger des revendications professionnelles, économiques et éducatives, après plusieurs semaines de contestation sociale. Parti de la place de la République, le cortège intersyndical a traversé le centre-ville pour rejoindre la place de la Victoire dans le calme.

Une participation en hausse et des revendications qui convergent

Les chiffres de participation témoignent d’une mobilisation importante, même si les estimations restent très éloignées. La préfecture de la Gironde a dénombré plus de 21 000 manifestants, tandis que la CGT revendique 120 000 participants.

Le 31 octobre, les décomptes étaient respectivement de 11 000 personnes selon les autorités et de 70 000 selon les syndicats. Les deux sources indiquent donc une participation supérieure jeudi, même si les appels et les conditions de mobilisation différaient entre ces journées.

À l’échelle nationale, le ministère de l’Intérieur a recensé 575 000 manifestants dans 193 actions, tandis que la CGT avance près de 1,6 million de participants.

Au-delà des chiffres, cette journée s’est distinguée par la diversité des revendications réunies dans le cortège. Les syndicats réclament notamment des augmentations salariales, des mesures de protection de l’emploi industriel et davantage de moyens pour les services publics. Les lycéens et étudiants ont également fait entendre leurs préoccupations concernant les conditions d’études et leur avenir.

Cette convergence intervient dans un contexte de contestation des orientations budgétaires du gouvernement pour 2027.

Des affrontements après la dispersion du cortège

Selon la préfecture, le cortège déclaré a rejoint la place de la Victoire vers 16 h 30, sans incident majeur.

La situation s’est ensuite tendue dans ce secteur et dans plusieurs rues voisines. Les autorités font état de jets de projectiles contre les forces de l’ordre et de déplacements de groupes après la fin de la manifestation. Des interventions policières, avec notamment l’emploi de gaz lacrymogènes, ont eu lieu lors des opérations de dispersion.

Place Pey-Berland, un abri de bus a été détruit. La préfecture signale également une tentative d’incendie d’un véhicule de gendarmerie, qui aurait été empêchée.

Dans son premier bilan communiqué jeudi soir, la préfecture fait état de 22 interpellations et de six blessés, dont trois membres des forces de l’ordre. Ces chiffres restent susceptibles d’être actualisés.

Ces incidents sont survenus après la dispersion d’un cortège qui avait réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes selon les décomptes disponibles. Ils n’en constituent pas moins des faits distincts, avec des conséquences humaines et matérielles.

Un nouveau rendez-vous samedi à Bordeaux

Le déroulement de cette journée présente des similitudes avec celui des 24 et 31 octobre, lorsque des manifestations syndicales s’étaient déroulées dans le calme avant des affrontements survenus après leur dispersion. Les circonstances et l’ampleur des incidents ont toutefois varié d’une journée à l’autre.

La mobilisation du 5 novembre se distingue surtout par une participation supérieure à celle du samedi précédent et par la convergence des revendications autour des salaires, de l’emploi et des services publics.

Au niveau national, une conférence sociale consacrée notamment aux salaires et au pouvoir d’achat est annoncée lundi 9 novembre à Matignon, avec les organisations syndicales et patronales. Elle doit permettre de poursuivre les discussions, sans préjuger de leurs résultats.

Dans l’immédiat, le mouvement se poursuit. À Bordeaux, la CGT, Force ouvrière et la FSU appellent à une nouvelle manifestation samedi 7 novembre à 14 heures, place de la Bourse. Le parcours définitif et les éventuelles restrictions préfectorales restent à préciser.

Écrit par

La rédaction