Le Bassin Versant Adour-Garonne et les conséquences de la sécheresse

Le débit des fleuves et rivières est fonction de nombreux facteurs, leur capacité à couvrir en besoin en eau des populations (eau potable, agriculture, acquaculture, activités aquatiques, industries chimiques, textiles, papeteries, aéronotique, sécurité nucléaire) en dépend.

Bordeaux et plus largement la région Aquitaine font partie du Bassin versant Adour Garonne avec leurs fleuves et affluents ainsi que les affluents d’affluents (Garonne, Lot, Truyère, Tarn, Aveyron, Ariège, Save, Gers, Baïse, Dordogne, Isle, Vézère, Adour, Gave de Pau). un bassin versant hydrologique est une portion de territoire dont l’ensemble des cours d’eau convergent en un seul point (exutoire). Le Bassin Versant Adour-Garonne couvre 1/5ème du pays (soit 115.000 km²)et s’étend sur la totalité des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées , ainsi que sur une partie des régions Poitou-Charente, Limousin, Auvergne et Languedoc-Roussillon. L’Aquitaine serait étymologiquement le pays des eaux [un mot parent du latin aqua (eau)] ! Ici plus qu’ailleurs l’eau constitue un patrimoine naturel qu’il est de notre responsabilité de préserver. Le fleuve principal de ce bassin versant restant la Garonne qui arrose Toulouse et Bordeaux.
Délimitation du bassin versant Adour-Garonne qui occupe pratiquement un quart du territoire
Jean-Claude Roux, géologue dans la région de Bayonne, a bien voulu nous éclairer sur les aspectes géo-morphologiques aquitains. Les cours d’eau s’écoulent donc des Pyrénées (les Gaves, l’Adour, les sources de la Garonnequi sont en Espagne, l’Ariège) ou des flancs du Massif Centrale (Lot, Tarn, Dordogne) pour finir dans l’océan Atlantique. De nombreux organismes publiques (ou non)) surveillent les aspects physico-chimiques de ce réseau hydraulique (Agence de l’eau Adour-Garonne, Observatoire de l’eau, Institution Adour, DREAL). La DREAL (Direction Régionale de l’Aménagement ret du Logement) assure une gestion qualitative et quantitative des eaux et des milieux aquatique. Ce service exploite un réseau de mesures réalisées dans de nombreuses stations et ce, depuis plusieurs décennies. Après autorisation préfectorale -c’est du reste un peu le parcours du combattant que d’interroger des instances publiques-, les Agences de Toulouse et de Bordeaux ont accepté de nous parler de la situation 2015.
Jean-Claude Roux, géologue
Cette année les conditions climatiques se rapprochent de celles des étés 2003 et 2006. Cependant la pluviométrie de 2013 et 2014 étant importante, la situation jusqu’à fin juillet n’était globalement pas tellement alarmante, surtout dans les gros cours d’eau. c’est différent en ce qui concerne les rivières plus petites. L’exemple de l’Isle qui approche des débits de crise, avec un étiage normalement bas ( inférieur ou égal aux fréquences décennales) a déclenché la prises de mesures conjointes des préfectures concernées (Gironde et Dordogne). En effet dès le 24 juillet un arrêté limitant l’utilisation d’eau pour l’arrosage, le remplissage des piscines, le lavage des voitures... Ainsi 52 départements sont touchés dont les 5 départements aquitains. Mais la situation peut être plus sévère dans d’autre région comme l’Ardèche et les pluies récentes si elles ont amélioré la situation n’ont pas totalement comblé le déficit. Donc l’écoulement des grands axes (Garonne, Adour) est globalement encore satisfaisante.
L'Isle à Saint Seurin sur l'Isle
L’EDF contribue par des "lâchages de régulation" à partir de ses réserves hydrauliques (accords tarifés entre chaque région et le fournisseur énergétique) mais néanmoins il ne faut pas toucher aux volumes nécessaires pour répondre aux ajustements de production électrique. La demande des populations en électricité pouvant changer brutalement, il faut produire ce que l’on consomme et la DREAL explique à ce sujet qu’il existe une différence notable entre l’Adour alimentée par des torrents pyrénéens, et donc soumis à une pluviométrie au printemps et en été (soit avant les étiages qui est le moment de l’année ou le niveau des eaux atteint son niveau le plus bas alors que la Garonne est alimenté différemment. Elle est alimenté elle aussi pour une part par sa source et ses affluents pyrénéens et d’autre part avec des rivières du Massif Central (Tarn, Lot...) soumis à des pluies plutôt estivales et automnales qui permettent d’avantage de comprendre les périodes estivales.
La Garonne à Bossosts
Bien sûr ces baisses de niveau d’eau peuvent avoir des conséquences multiples sur la biologie des milieux aquatiques : manque d’oxygénation, développement de micro organismes, mort d’espèces animales et végétales, concentration en pollution. Il est très difficile d’avoir les chiffres surtout pour les plus petits cours d’eau. Le DREAL ( Mr Gaillard) dit qu’il est difficile de mesurer , les dégâts de cette sécheresse sur les populations de poissons. De l’avis d’un pêcheur professionnel une surveillance appropriée des niveaux d’eau et des poissons migrateurs comme le saumon sont des indices que la situation n’est pas alarmante. Il n’empêche qu’avec les dérèglements climatiques observés l’eau qui est un produit qui appartient à tout le monde doit faire l’objet de toutes les attentions aussi bien des professionnels que du grand public car sans eau aucune vie n’est possible.

Ecrit par Ary Vasof


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