Bordeaux

Sénatoriales en Gironde : neuf listes pour six sièges

Dimanche 27 septembre, 3 743 grands électeurs choisiront les six sénateurs de la Gironde. Cinq listes de gauche partent séparément, tandis que Nathalie Delattre rassemble le centre et une partie de la droite. Seuls deux des six sortants se représentent.

Six sièges pour neuf listes. Dimanche 27 septembre, les sénatoriales girondines se joueront loin du suffrage direct. Les habitants ne se rendront pas aux urnes : 3 743 grands électeurs, principalement désignés par les conseils municipaux, éliront les six représentants du département au Sénat.

Depuis les élections municipales de mars, le renouvellement des conseils municipaux a modifié la composition du collège électoral. Cette nouvelle géographie politique rend le résultat plus difficile à anticiper qu’en 2020.

La liste définitive des candidatures apporte une autre donnée : seuls deux sénateurs sortants, Hervé Gillé et Nathalie Delattre, se représentent. Laurence Harribey, Alain Cazabonne, Monique de Marco et Florence Lassarade ne sollicitent pas de nouveau mandat. Quatre sièges changeront donc nécessairement de titulaire.

La gauche part divisée en cinq listes

La gauche détenait jusqu’ici trois des six sièges girondins : deux pour les socialistes Hervé Gillé et Laurence Harribey, un pour l’écologiste Monique de Marco. Elle aborde pourtant le scrutin divisée en cinq listes.

Hervé Gillé conduit « Engagés pour toute la Gironde », avec Christine Bost en deuxième position. La maire d’Eysines, ancienne présidente de Bordeaux Métropole, figurait déjà en troisième place sur la liste socialiste de 2020, sans être élue.

Les Écologistes présentent de leur côté Romain Dostes, conseiller départemental, accompagné d’Émilie Sarrazin, conseillère régionale et municipale d’opposition à Gradignan. Leur objectif est de conserver le siège remporté six ans plus tôt par Monique de Marco. La perte de Bordeaux par les écologistes lors des municipales et la dispersion des candidatures compliquent toutefois cette succession.

Le Parti communiste repart avec Sébastien Laborde, déjà tête de liste en 2020. La France insoumise présente Aminata Pouye, tandis que Valérie Chassaigne conduit « Pour les communes, pour la Gironde », une liste divers gauche portée notamment par le Parti radical de gauche et tournée vers les territoires ruraux.

Cette multiplication des candidatures ne condamne pas mécaniquement la gauche. Elle rend cependant la conservation de ses trois sièges plus incertaine : les voix obtenues par les cinq listes ne s’additionneront pas au moment de leur répartition. Quelques dizaines de suffrages peuvent suffire à déplacer le dernier siège. Celui détenu jusqu’ici par les écologistes apparaît donc comme le plus exposé.

Nathalie Delattre rassemble le centre et une partie de la droite

Nathalie Delattre mène la liste « Résolument Girondins ». La sénatrice sortante, présidente du Parti radical et ancienne ministre, a réuni autour d’elle des candidats issus du centre, de la droite et de la société civile.

Jacques Breillat, maire de Castillon-la-Bataille, occupe la deuxième place. Il est suivi de Géraldine Amouroux, adjointe au maire de Bordeaux, Michel Dufranc, maire de La Brède, Blandine Sarrazin, maire du Barp, Hervé Gayrard, maire de Bayon-sur-Gironde, Isabelle Pillon, maire de Ligueux, et Henri Seillan, maire de Guillos.

La liste rassemble notamment des soutiens du Parti radical, de Renaissance, d’Horizons et des Républicains. En 2020, Nathalie Delattre et Florence Lassarade étaient parties séparément. Leurs deux listes avaient obtenu trois sièges au total : deux pour la première, un pour la seconde.

Le retrait de Florence Lassarade a changé la situation. Plusieurs formations de droite et du centre se retrouvent désormais derrière Nathalie Delattre, même si l’ensemble de cet électorat n’est pas réuni sur une seule candidature.

Le RN veut profiter de sa progression municipale

Edwige Diaz conduit pour la deuxième fois une liste du Rassemblement national. En 2020, elle n’avait recueilli que 79 voix, soit 2,34 % des suffrages exprimés. Six ans plus tard, le parti espère transformer ses résultats aux municipales en implantation parmi les grands électeurs.

La députée de la Gironde présente une liste intitulée « Au service des communes pour défendre la Gironde ». Obtenir un siège constituerait une première pour le RN dans le département. Mais les élections sénatoriales obéissent à une logique différente des scrutins nationaux : la présence dans les conseils municipaux et la capacité à convaincre des élus locaux restent déterminantes.

Une autre liste, classée à l’extrême droite par le ministère de l’Intérieur, est conduite par Virginie Bonthoux. « Le Bon Sens des Territoires » se présente dans son communiqué comme une liste « divers droite, libre et indépendante ».

Virginie Bonthoux est toutefois responsable régionale de Reconquête en Nouvelle-Aquitaine. Selon son communiqué, sa liste rassemble cinq candidats divers droite, deux sans étiquette et une candidate Reconquête.

Cette candidature ajoute une concurrence supplémentaire à droite du RN, même si les deux listes ne disposent pas du même niveau d’implantation parmi les élus locaux.

Paul Montserrat joue la carte de la santé

Le cardiologue bordelais Paul Montserrat conduit « Docteur France », une liste sans étiquette qui place l’accès aux soins au centre de son programme. Il affiche également son intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.

Cette candidature se tient à l’écart des principaux blocs politiques et cherche à faire de la désertification médicale un sujet central pour les communes. Dans un scrutin dominé par les élus locaux, la santé et l’accès aux services de proximité peuvent trouver un écho particulier, sans que cette visibilité thématique permette pour autant de mesurer son poids électoral.

Dimanche, le vote se déroulera de 8 h 30 à 17 h 30 dans les bureaux installés à la préfecture de la Gironde, rue Claude-Bonnier à Bordeaux. Les résultats devraient être proclamés dans la soirée.

En 2020, la Gironde avait élu deux socialistes, deux représentants du centre, une écologiste et une sénatrice LR. Six ans plus tard, quatre sièges changeront nécessairement de titulaire. La gauche part dispersée, le centre et une partie de la droite ont regroupé leurs forces, tandis que le RN espère profiter de sa progression locale. Le scrutin reste indirect et peu visible du grand public, mais il pourrait sensiblement modifier la représentation politique du département au Palais du Luxembourg.

Écrit par

La rédaction