Bordeaux

Bordeaux : la ville devient galerie photo à ciel ouvert

Pendant un mois, Bordeaux ne se regarde plus de la même manière.
Du 1er au 30 avril 2026, la ville se transforme en galerie à ciel ouvert. Des quais aux galeries, des jardins aux lieux culturels, la photographie s’invite partout. Pour sa troisième édition, le Mois de la photo déploie plus de 30 expositions gratuites, réunissant plusieurs dizaines de photographes et dessinant un véritable parcours urbain où chaque quartier devient un espace d’exploration visuelle.

Pensé comme un événement accessible à tous, ce rendez-vous s’appuie sur la richesse du tissu associatif local et sur une diversité de propositions qui mêlent photographie documentaire, artistique et participative. Une manière de faire sortir l’image des murs et d’inviter les Bordelais à redécouvrir leur ville autrement.

Une ville à parcourir, appareil en main

Le Mois de la photo ne se visite pas, il se traverse. Sous le pont de pierre, les images de Nicolas Camoisson dialoguent avec la ville en mouvement. Dans le quartier du Grand Parc, les portraits de Bernard Brisé et Ken Wongyoukhong s’exposent à ciel ouvert, au plus près du quotidien.

Sur la rive droite, la Fabrique Pola et ses alentours proposent une approche plus expérimentale et participative, entre expositions autour de la nature, projets inclusifs et marathon photographique ouvert au public. Ici, la photographie devient pratique collective autant qu’objet artistique.

Aux Chartrons, la Halle accueille une exposition du Photo Club de Bordeaux, rappelant l’importance des amateurs et des collectifs dans la vitalité locale. Un peu plus loin, les galeries indépendantes, les associations et les institutions composent une cartographie dense, où chaque lieu raconte une manière différente de voir.

De la rive droite à Caudéran, des quais au centre-ville, le Mois de la photo dessine une géographie sensible de Bordeaux, faite de regards, de rencontres et de fragments du réel.

Un regard sur nos façons de vivre

Parmi les temps forts, l’exposition « Art de vivre » du photographe britannique Martin Parr, présentée dans les jardins de la Cité du Vin, s’impose comme un point de passage incontournable.

Décédé en décembre 2025, Parr laisse derrière lui une œuvre marquante, nourrie d’un regard à la fois ironique et profondément humain. À Bordeaux, ses images prennent une résonance particulière. Entre scènes de convivialité, rituels sociaux et moments collectifs, il capte ce qui nous rassemble sans jamais caricaturer.

Dans une ville où la culture du partage est centrale, ses photographies trouvent un écho immédiat. Elles invitent à observer autrement ces gestes ordinaires qui structurent nos vies.

Photographier le monde, interroger la société

Au-delà de l’esthétique, le Mois de la photo explore aussi des sujets de société. À la MAP Galerie, le projet « Le Peuple Caché d’Islande » du photographe Raúl Moreno aborde la question de l’autisme et des perceptions du monde. Une rencontre à l’Instituto Cervantes prolonge cette réflexion autour de la neurodiversité.

À la Bibliothèque Mériadeck, la projection du documentaire Calme Extérieur de Marc Tourdot raconte un parcours de vie marqué par l’autisme et l’autonomie. Aux Glacières de la Banlieue, l’exposition « Regards II » interroge quant à elle les transformations urbaines de Bordeaux à travers l’architecture.

Dans un autre registre, l’exposition de Claudine Doury au Centre Jean Moulin propose une approche plus intime, entre récit personnel et exploration des territoires.

Dans un autre registre, l’association Cdanslaboite déploie plusieurs expositions entre le Centre Jean Moulin, la Maison Bourbon et le Jardin de la Faïencerie. Le travail d’Antoine Buquen, consacré aux luttes autochtones au Brésil, ou celui de Fiora Garenzi, témoignent d’une photographie engagée, attentive aux réalités sociales et politiques.

Autant de propositions qui montrent que la photographie dépasse largement le cadre esthétique pour devenir un outil de compréhension du monde contemporain.

Une photographie vivante et ouverte

Le Mois de la photo ne se limite pas à regarder des images. Ateliers, rencontres, lectures de portfolios, résidences et performances rythment tout le mois d’avril. Certains dispositifs invitent même le public à devenir acteur, notamment à travers des marathons photographiques ou des projets participatifs.

Cette dimension vivante participe à l’identité de l’événement. Elle en fait un rendez-vous à la fois artistique et social, où la photographie circule, se partage et se construit collectivement.

Avec plus de trente lieux investis et des dizaines de photographes réunis, Bordeaux confirme sa place comme un territoire de création à part entière. Le temps d’un mois, la ville devient un laboratoire d’images, où chaque regard contribue à raconter une histoire commune.

👉 La plupart des expositions sont en accès libre et gratuit. Programme complet à retrouver sur le site de la Ville de Bordeaux.

Écrit par

Jean-Sébastien Dufourg

Directeur de la publication

Créateur du site web et co fondateur du magazine en 2011