Du 5 au 7 juin, Soulac-sur-Mer replonge dans l’atmosphère de 1900 avec costumes, train à vapeur, spectacles de rue et patrimoine balnéaire. Plus qu’une animation de début de saison, l’événement raconte l’attachement d’une station médocaine à son histoire.
À Soulac-sur-Mer, les robes longues, les canotiers et les ombrelles ne sortent pas seulement des malles pour faire joli. Pendant trois jours, ils redonnent corps à une histoire balnéaire encore visible dans les rues, sur les façades, autour de la basilique et dans les villas anciennes. Du 5 au 7 juin 2026, la station du nord Médoc accueillera la 23e édition de Soulac 1900, rendez-vous devenu l’un des marqueurs populaires du début de saison sur le littoral girondin.
Chaque année, la manifestation transforme la commune en théâtre à ciel ouvert. On y vient pour croiser des silhouettes en costumes d’époque, écouter des musiciens, suivre des spectacles de rue, admirer des véhicules anciens ou flâner dans un marché d’antan. Mais derrière l’ambiance festive, Soulac 1900 repose sur une matière plus profonde : le patrimoine architectural et balnéaire d’une ville qui a bâti une part de son identité entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe.
Une ville qui offre déjà le décor
Soulac-sur-Mer possède un avantage rare : elle n’a pas besoin d’inventer entièrement son décor. La ville porte déjà son histoire dans ses rues, entre la basilique Notre-Dame-de-la-Fin-des-Terres, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, le village ancien et les nombreuses villas qui accompagnent l’image de la station.
Surnommée la “Ville aux 500 villas”, Soulac conserve un ensemble architectural singulier. Ces maisons de villégiature, construites pour beaucoup entre la seconde moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle, se reconnaissent à leurs façades colorées, leurs galeries couvertes, leurs pignons, leurs volumes variés et leurs détails décoratifs. Elles ne sont pas seulement un arrière-plan : elles donnent de la cohérence à l’événement.
C’est sans doute ce qui distingue Soulac 1900 d’une simple fête costumée. Les costumes, les musiques, les défilés et les scènes de rue dialoguent avec un patrimoine réel. Le visiteur ne traverse pas un décor plaqué sur la ville ; il entre dans une ambiance qui prolonge l’histoire du lieu. Cette continuité entre architecture, mémoire locale et animation populaire explique en partie le succès du rendez-vous.
Des bénévoles derrière les costumes
Soulac 1900 repose aussi sur une mécanique moins visible : celle des bénévoles. En coulisses, une dizaine de personnes travaillent toute l’année à la confection des tenues et accessoires. Le dossier de presse de l’événement évoque 144 pièces confectionnées pour le défilé, à partir d’un travail de recherche, d’archives et de couture.
Cette dimension artisanale donne une autre épaisseur à la manifestation. Derrière les silhouettes élégantes croisées dans les rues, il y a des heures de préparation, des essayages, des tissus choisis, des gestes répétés et une vraie patience collective. L’association Label Soulac porte cette part discrète de l’événement, en animant notamment un atelier couture qui contribue à faire vivre l’esprit 1900 bien avant le premier week-end de juin.

- Lors de la conférence de presse, Manuela Lieuteau Sanchez a rappelé le rôle central des bénévoles et des artistes dans l’identité de Soulac 1900.
Le public est lui aussi invité à entrer dans le jeu. À Soulac, se costumer fait partie de l’expérience. Les visiteurs peuvent préparer leur tenue en amont ou passer par la Boutique 1900, installée à la Villa Neptune, près de la place de la Basilique. Cette participation change l’ambiance : la frontière entre spectateurs et acteurs devient plus floue. Chacun peut, à son niveau, contribuer au tableau d’ensemble.
Une sortie populaire et intergénérationnelle
Pour l’édition 2026, Soulac 1900 attend plus de 30 000 visiteurs sur trois jours. Le rendez-vous s’adresse à un public large, des familles aux passionnés de patrimoine, des curieux de passage aux habitués qui reviennent chaque année. La programmation mêle musique, arts de rue, expositions, vieux vélos, machines circassiennes, marché d’antan, décors balnéaires et temps conviviaux.
Le festival débutera le vendredi 5 juin avec un concert du Chœur Basque à la basilique Notre-Dame-de-la-Fin-des-Terres. Le week-end se poursuivra avec les grands marqueurs de l’événement : scènes fixes, spectacles ambulants, animations pour les enfants, défilés, repas autour de l’Assiette 1900, soirée dansante et Prix d’élégance le dimanche. La transcription de la conférence de presse mentionne aussi l’ambiance particulière du train emblématique, les artistes dans la ville et le bal du samedi soir, autant d’éléments qui participent à la mémoire populaire de la manifestation.
Ce caractère intergénérationnel est l’une des forces de Soulac 1900. Les enfants y découvrent un univers visuel immédiatement compréhensible, entre costumes, spectacles et objets anciens. Les adultes y trouvent une sortie patrimoniale accessible, sans barrière savante. Les habitants, eux, y voient souvent un moment de fierté locale, où la ville se raconte autrement que par la plage ou la seule saison estivale.
Le patrimoine comme moteur de début de saison
Soulac 1900 arrive à un moment stratégique. Début juin, la station n’est pas encore entrée dans le plein été, mais le littoral commence déjà à s’animer. Pour Médoc Atlantique, ce type de rendez-vous participe à une logique plus large : faire vivre le territoire avant les pics de juillet-août, en s’appuyant sur des événements capables d’attirer des publics variés.
Lors de la présentation de saison de Médoc Atlantique Tourisme à Bordeaux, Soulac 1900 figurait ainsi parmi les grands rendez-vous mis en avant aux côtés du Frenchman Triathlon, du Lacanau Pro ou du Marathon du Médoc. Le fil rouge est clair : le territoire ne veut pas seulement être une destination de plage, mais aussi un espace de sport, de patrimoine, de nature et d’expériences.
À Soulac, cette ambition prend une forme très concrète. Le patrimoine ne reste pas figé dans les brochures ou les visites guidées. Il descend dans la rue, s’habille, chante, danse et attire des milliers de visiteurs. C’est peut-être là que se trouve la réussite de Soulac 1900 : faire d’un héritage architectural et historique une fête populaire, accessible et vivante.
Pendant trois jours, la station médocaine ne rejoue pas seulement son passé. Elle s’en sert pour animer son présent. Et dans une période où les territoires touristiques cherchent à étirer leur saison, cette manière de faire revivre la Belle Époque dit aussi quelque chose de l’avenir du littoral : un avenir où la mémoire locale devient une ressource, à condition de rester partagée.



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