La Politique dévalorisée...

Selon pas mal d’observateurs avertis, tel l’expérimenté journaliste et chroniqueur politique, Alain Duhamel : « Le monde politique ne se situe plus au niveau qui fut le sien il y a une ou deux générations. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer poste par poste ce que furent les hiérarques de la Vème République et ce qu’ils sont aujourd’hui….. » les secrétaires généraux des partis, présidents des assemblées, ministres de ces dernières années, en sont d’ailleurs la parfaite illustration. Et de conclure : « La politique a toujours été cruelle et exigeante. Son pouvoir s’émousse, son prestige se fane, son empire décline. La politique est dévalorisée, et les meilleurs s’en éloignent. Jadis, elle drainait les élites, le sel de la méritocratie. Aujourd’hui, elle les fait fuir … »

Pierre Nora nous donne une explication très claire de ce phénomène : « Les intellectuels peinent à trouver leur place dans un système d’information où le manichéisme et la pensée binaire feront toujours plus d’audience que la nuance, où animateurs et politiques se mettront le plus souvent d’accord pour considérer « le penseur », comme un coupeur de cheveux en quatre. » Force est donc de constater que les intellectuels ne pèsent pas grand-chose dans les partis politiques. La seule perspective de la conquête du pouvoir et les multiples, variées et pas toujours valorisantes sorties médiatiques que l’exercice impose, ne favorisent guère une réelle réflexion. Le temps de la vie intellectuelle n’existe quasiment plus en politique.

Alors que la gauche a toujours cru qu’elle était le siège perpétuel de l’intelligence et de la pensée, pour ne pas dire le temple, les choses ne cessent de se dégrader, et comme souvent en pareil cas, ceux qui ne pensent pas bien, sont disqualifiés avec force et fracas. La réflexion est bannie tant nos « élites dirigeantes actuelles » semblent avoir le sentiment profond de détenir, voire d’incarner, la vérité et le salut pour la nation, sentiment cependant assez peu partagé par la population.

Soucieuses de regarder les choses en face, de les détailler, de les nommer, et si possible de comprendre, nos élites intellectuelles ne trouvent cependant pas non plus leur bonheur dans les partis de droite tant l’inculture n’est pas le seul apanage de la gauche. Quel que soit le bord, alors que les plus débrouillards prennent de plus en plus le pas sur les plus cultivés, au nom d’un pragmatisme sûr de son fait, il semble bien que les fameux « pseudo-intellectuels » ne soient jamais très loin du pouvoir.

Ecrit par Dominique Mirassou


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