Bordeaux

il y a 44 minutes

Bordeaux : La Benauge réclame toujours une vraie Poste

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Après la fermeture du bureau de Poste de La Benauge, habitants, syndicats et partis de gauche poursuivent la mobilisation. Une délégation a remis 736 pétitions à la mairie de Bordeaux et réclame une réunion avec La Poste pour maintenir un service postal de plein exercice dans le quartier.

À La Benauge, la fermeture du bureau de Poste n’a pas refermé le dossier. Déjà annoncée depuis le printemps, la disparition du guichet situé rue Alexander-Fleming s’inscrit dans un quartier marqué par plusieurs fermetures de commerces et de services, sur fond de renouvellement urbain. Depuis, la mobilisation se poursuit autour d’une revendication centrale : le maintien d’un véritable service postal de proximité, doté d’agents qualifiés et d’un distributeur automatique de billets.

Lors du conseil municipal de Bordeaux du 6 juillet, une délégation composée d’habitants, de représentants de SUD PTT Gironde et de partis de gauche (PCF, LFI et PS) a été reçue par Marc Lafosse, maire-adjoint du quartier Bastide. Elle lui a remis 736 pétitions collectées en faveur du maintien d’un bureau de poste de plein exercice à La Benauge. La délégation demande également l’organisation d’une réunion associant la mairie, La Poste et les habitants afin d’examiner les solutions possibles pour le quartier.

Le sujet dépasse la seule question du courrier. Pour les signataires, la fermeture du bureau constitue un recul du service public dans un quartier populaire en pleine transformation. Ils rappellent les missions de La Poste en matière de traitement du courrier, d’accessibilité bancaire, d’aménagement du territoire et de cohésion sociale. Dans une lettre ouverte adressée au directeur régional du groupe La Poste, ils estiment que la disparition du bureau de plein exercice crée un « préjudice social et économique » pour les habitants, en particulier les plus fragiles.

Une mutualisation avec la Maison France services avait d’abord été évoquée au printemps. La solution finalement annoncée passe par le Point jeux-PMU de la cité HLM, rue Alexander-Fleming, à partir du 16 juillet. Selon la mairie, ce commerce doit proposer plusieurs services postaux : affranchissement, Colissimo, gestion des recommandés ou colis non délivrés, ainsi qu’un dépannage financier de 30 euros par jour pour les clients titulaires d’un compte à La Banque Postale.

Mais cette option est vivement contestée par les organisations mobilisées. Dans leur lettre ouverte, elles estiment que ce relais ne répondra qu’à une partie limitée des missions assurées par un bureau de Poste classique, notamment en matière de services bancaires, d’accompagnement des usagers, de confidentialité ou d’opérations postales plus spécifiques. Les signataires s’interrogent aussi sur les horaires, les conditions d’accueil et la capacité d’un commerce à assurer une mission habituellement portée par des agents postaux formés.

La demande d’un distributeur automatique de billets reste également au cœur de la mobilisation. Dans un quartier où une partie des habitants utilise encore les espèces pour ses achats courants, les signataires jugent cet équipement indispensable. Ils réclament plus largement le maintien d’un service postal de qualité, accessible aux personnes âgées, aux habitants peu mobiles et à celles et ceux qui ne peuvent pas facilement se rendre dans les bureaux voisins, notamment avenue Thiers.

Marc Lafosse s’est engagé à transmettre les pétitions et le courrier au maire de Bordeaux. Une réunion pourrait se tenir en septembre. En attendant, les habitants mobilisés veulent maintenir la pression. À La Benauge, la fermeture de La Poste continue de poser une question très concrète : un point relais peut-il vraiment remplacer un service public de proximité ?