Bordeaux

Histoire du château Trompette, le Castet Trompeyte …

A l’instar du Palais de l’Ombrière, des Remparts et des Piliers de Tutelle, le château Trompette fait partie des monuments fantômes de notre ville. Réalisation architecturale longtemps emblématique de notre cité, ce monument militaire classique, très souvent détesté en raison de ce qu’il représentait, fut détruit, paraît-il, à la grande joie des bordelais en 1818.

La répression à Bordeaux

En 1453, après la bataille de Castillon, le roi de France Charles VII va organiser une forte répression à l’égard de Bordeaux et des bordelais, restés jusqu’alors fidèles au roi d’Angleterre. Les juridictions sont supprimées, les seigneuries confisquées, l’archevêque démissionné, le maire désigné désormais par le roi, la langue gasconne bannie et tous les liens rompus avec l’Angleterre. Les nobles sont soumis ou exilés, les bourgeois ruinés, plus de 200 familles se réfugient en Angleterre. Pour mater Bordeaux, le roi de France ordonne en plus la construction de deux châteaux forts : le fort du Hâ à l’ouest et le Château Trompette au nord, afin comme il est dit : « de maintenir les bordelais aux fers et de les rappeler à leur devoir d’obéissance ». Les travaux de construction du château Trompette dureront douze ans, de 1454 à 1466.

Les bordelais punis par le roi de France !

Les Bordelais accusés de trahison pour avoir combattu aux côtés des Anglais doivent, à leurs frais, payer et transporter les pierres en provenance des carrières de St Emilion et les sables en provenance des gravières du Sablonat (quartier Nansouty). Les bourgeois doivent donner leur or et les manants leur sueur pour édifier la forteresse :

« de façon que s’il arrivait que les habitants mal intentionnés se mélassent encore d’appeler ou d’accueillir l’ennemi, ils eussent en ces citadelles, comme un joug d’où ils ne pourraient à leur guise dégager leur cou ».

Les grands événements

En 1649, le château tombe entre les mains des Ormistes (Fronde en Gironde), lesquels entreprennent sa destruction. Après la révolte et une dure répression de la part de Louis XIV, le roi confie à Vauban le soin de le reconstruire et même de l’agrandir sous forme d’une citadelle. Les travaux qui vont durer onze ans entrainent la destruction des Piliers de Tutelle, de deux couvents et des plus belles maisons de Bordeaux. Une nouvelle fois Bordeaux est très lourdement punie par un pouvoir royal sans pitié.

Edifice militaire détesté

En 1787, le roi Louis XVI vend le château, symboliquement « Bastille bordelaise  ».Tout d’abord abandonné, il sera détruit en 1818 à la grande joie des bordelais ce qui permettra la réalisation de l’actuelle place des Quinconces.

Le Castet Trompeyte, nom en gascon dû à celui de la prairie aux troupeaux (prats aux troupeytes) sur laquelle il a été édifié, fut si l’on se réfère aux historiens et architectes, un des plus beaux monuments classiques mais aussi l’un des plus détesté des bordelais, tant ils eurent à souffrir des représailles royales.
De la destruction relativement récente du Château Trompette dont beaucoup de bordelais m’ont avoué ne pas connaître la date, il ne reste plus rien, de quoi imaginer cependant en traversant la place des Quinconces que l’immense « Bastille bordelaise », symbole du pouvoir royal, occupa les lieux durant plus de trois siècles.

Le Musée des Plans et Reliefs de Paris conserve une maquette du Château Trompette tel qu’il fut rebâti par Vauban.

Sources : Dossiers d’Aquitaine

Ecrit par Dominique Mirassou


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