Avec près de 95 380 spectateurs annoncés, contre environ 70 000 en 2025, le Festival international des Arts de Bordeaux Métropole termine sa 11e édition sur une nette progression de fréquentation. Du 26 septembre au 10 octobre, les spectacles ont investi les places, les quais, les salles et les espaces naturels, confirmant l’ancrage du FAB dans le paysage culturel bordelais.
La place du Parlement transformée en salle de concert, le Miroir d’eau devenu piste de French Cancan, un phare palestinien installé sur les quais ou encore des spectacles en pleine forêt à Saint-Médard-en-Jalles. Pendant quinze jours, le FAB a multiplié les rencontres entre les artistes et le public, dans des lieux parfois éloignés des scènes traditionnelles.
Selon le bilan communiqué par les organisateurs dimanche 11 octobre, près de 95 380 spectateurs ont assisté aux propositions de cette 11e édition, contre environ 70 000 pour l’édition anniversaire de 2025. Une progression estimée à 36 %, même si les chiffres globaux ne permettent pas de distinguer précisément la fréquentation des spectacles en salle de celle des événements gratuits dans l’espace public.
Au total, le festival a proposé 33 spectacles et quatre expositions, répartis sur 100 représentations et 38 lieux. Il a réuni 38 artistes et compagnies, dont 16 internationaux, avec le concours de 150 bénévoles.
Plus de 40 000 spectateurs dès le premier week-end
Avec plus de 40 000 personnes réunies selon les organisateurs, le week-end d’ouverture a largement contribué à la fréquentation de cette édition.
Samedi 26 septembre, place du Parlement, l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine et Opéra Pagaï ont proposé une interprétation inhabituelle du célèbre Boléro de Maurice Ravel. Les musiciens apparaissaient progressivement aux fenêtres et sur les terrasses, tandis que le chef d’orchestre dirigeait depuis une nacelle. Au fil des mesures, la musique envahissait la place devant une foule nombreuse.
Cette interprétation du Boléro au cœur de Bordeaux illustrait la volonté du festival de faire sortir la création artistique de ses lieux habituels.
Le même week-end, Maria en ballon, de la compagnie Aérosculpture, déambulait au-dessus des quais jusqu’au Miroir d’eau. À proximité, Re-Lighthouse, œuvre du plasticien palestinien Shareef Sarhan inspirée du phare du port de Gaza, était installée pour toute la durée du festival. Ces deux propositions figuraient parmi les temps forts de l’inauguration du FAB.
Le French Cancan attire près de 9 000 spectateurs
Autre grand rendez-vous, le French Cancan géant organisé mercredi 30 septembre au Miroir d’eau a attiré plus de 8 800 spectateurs, d’après les organisateurs.
Pour l’occasion, 168 danseuses et danseurs issus de neuf cabarets et de quatre écoles de danse de Nouvelle-Aquitaine se sont retrouvés devant la place de la Bourse pour une performance collective associée à une tentative de record du monde.
Le nombre de participants a été constaté sur place par un commissaire de justice. Le dossier doit toutefois faire l’objet d’une validation par le Guinness World Records, dont l’homologation n’était pas encore confirmée au 12 octobre.
Au-delà de cette tentative de record, le rendez-vous a surtout montré la capacité de ces manifestations gratuites à attirer un public nombreux dans l’espace public.
Une édition tournée vers la Méditerranée
Si les grands rassemblements ont contribué à la fréquentation, le FAB ne s’est pas limité aux événements en plein air.
Cette 11e édition accordait une place importante à la Saison Méditerranée 2026, portée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de la Culture, et mise en œuvre par l’Institut français.
Neuf spectacles et une soirée FABOUM consacrés à cette programmation ont réuni 22 064 spectateurs, selon les organisateurs.
Des artistes venus notamment du Liban, de Palestine, d’Égypte, du Maroc et de Jordanie ont présenté des créations mêlant danse, théâtre, musique et arts visuels. Parmi elles, Gaza Ô ma joie de Hend Jouda, On the Importance of Being an Arab d’Ahmed El Attar ou encore Crossing, du chorégraphe Hadi Nahleh, proposé en première européenne.
Cette programmation donnait une place importante aux artistes internationaux et à des récits venus de différents pays du bassin méditerranéen.
De Bordeaux à Saint-Médard, la forêt devient aussi une scène
À Saint-Médard-en-Jalles, le parcours artistique S’enforester, développé depuis 2025, proposait une autre manière de découvrir le spectacle vivant.
Dans la forêt du Bourdieu, neuf spectacles mêlant cirque, théâtre et performances participatives invitaient le public à découvrir cet environnement sous un autre regard.
Parmi les propositions figuraient Frames d’Alexander Vantournhout, Domte de Nacho Flores ou encore La Terre s’en va sous nos pieds, création réunissant la compagnie française Basinga et le collectif libanais Kahraba.
Après un été marqué par les incendies en Gironde, cette programmation prenait une résonance particulière, en interrogeant les relations entre les habitants, la forêt et le vivant.
Cette approche complétait les deux autres orientations artistiques du FAB, Habiter la ville et Suivre le fleuve et ses affluents.
Une progression à replacer dans son contexte
Le bilan fait également état de treize créations, dont quatre premières mondiales, et de 889 élèves, lycéens et étudiants concernés par les actions de médiation culturelle.
La forte progression de fréquentation doit toutefois être replacée dans son contexte. Les grands rassemblements du week-end d’ouverture et le French Cancan ont pesé dans le bilan global. En l’absence de chiffres détaillés par spectacle ou par type de programmation, il reste difficile d’apprécier l’évolution de la fréquentation des salles d’une année sur l’autre.
Avec près de 95 400 spectateurs annoncés, le FAB termine donc sa 11e édition sur un bilan nettement supérieur à celui de 2025. Les manifestations gratuites ont contribué à cette affluence, tandis que les spectacles en salle, les créations internationales et les rendez-vous organisés à Saint-Médard-en-Jalles ont complété une programmation déployée sur l’ensemble du territoire métropolitain.




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