Bordeaux

il y a 1 heure

Aux Capucins, Bordeaux affiche sa réponse sécuritaire

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Un important dispositif policier a été déployé ce lundi 27 avril dans le quartier des Capucins, à Bordeaux. Autour du marché et de la rue Élie-Gintrac, plus d’une centaine de policiers nationaux, appuyés par une trentaine de policiers municipaux et une compagnie de CRS, ont mené une opération de sécurisation dite de « haute visibilité ».

Le secteur n’a pas été choisi au hasard. Les Capucins et leurs abords figurent parmi les quartiers bordelais placés sous vigilance renforcée, notamment dans le cadre d’un Groupe local de traitement de la délinquance. Trafic de stupéfiants, occupation de l’espace public, tensions récurrentes : depuis plusieurs années, la rue Élie-Gintrac cristallise une partie des inquiétudes des riverains, des commerçants et des usagers du marché.

À pied, à moto, à vélo, mais aussi à cheval, les forces de l’ordre ont quadrillé le quartier en fin de journée, sous les yeux du préfet de la Gironde Étienne Guyot, du procureur de la République Renaud Gaudeul et du maire de Bordeaux Thomas Cazenave. Pour les autorités, il s’agissait d’afficher une présence forte et de rappeler que l’action policière doit s’inscrire dans la durée.

L’opération intervient moins d’un mois après la visite à Bordeaux du Premier ministre Sébastien Lecornu et du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, lors de laquelle la création d’un hôtel de police aux Capucins et le renforcement des forces mobiles avaient été annoncés. Elle donne donc une traduction très visible à cette séquence sécuritaire du début de mandat.

Car au-delà du volet policier, cette démonstration avait aussi valeur de signal politique. Dans un quartier réellement confronté aux trafics, l’enjeu est concret. Mais son format spectaculaire, en présence des principaux représentants de l’État, de la justice et de la mairie, relevait aussi d’une communication institutionnelle assumée.

Cette démonstration n’a d’ailleurs pas fait l’unanimité. Sur les réseaux sociaux, des voix militantes ont dénoncé une opération sécuritaire et des contrôles jugés discriminatoires. Une contestation qui rappelle la sensibilité du sujet dans un quartier populaire, vivant, mais régulièrement associé aux tensions du quotidien.

Thomas Cazenave a lui-même reconnu qu’un quartier ne se transforme pas uniquement « à coups d’opérations coups de poing ». Reste à savoir si cette présence spectaculaire, pensée pour marquer les esprits, se traduira par une amélioration durable du quotidien aux Capucins. Car la sécurité ne se résume ni à l’occupation policière d’un après-midi, ni à une image envoyée aux caméras.