Yves Baillot d’Estivaux, 120 ans de mémoire automobile à Bordeaux. (1) Les grands prix.



Publié le 28 avril 2017 à 19:04

Actualité

Expos, conférences, concours d’élégance, salon Burdijouets, vitrine chez Mollat, l’automobile est en fête fin avril. L’ACSO (Automobile Club du Sud-Ouest) souffle ses 120 bougies en organisant de nombreuses manifestations. En association avec la Mémoire de Bordeaux Métropole, le prestigieux cercle, né le 23 avril 1897, profite de l’occasion pour réveiller quelques souvenirs prestigieux du monde de l’auto. Un homme est au cœur de cette évocation, Yves Baillot d’Estivaux.


Pour Yves l’histoire de l’auto à Bordeaux est une affaire de famille. Particulièrement l’aventure des Grands Prix de Bordeaux, créés à l’initiative de son père Louis Baillot d’Estivaux, président de l’ACSO. Une histoire de familles mais aussi une passion qui l’a conduit en 2013 à écrire avec Frederick Llorens (Commissaire général des 120 ans et président du groupe auto de la Mémoire) un livre très documenté : « Les grands prix de Bordeaux 1951-1955 ». Mardi dernier à l’ACSO les deux complices ont évoqué l’aventure des Grands Prix. Une aventure qui commence en fait en 1928 avec le Grand Prix de France des voiturettes sur le circuit des Quatre Pavillons. A l’époque, l’auto n’est pas encore reine. Elle est l’invitée de la moto, dont la course précède d’une semaine celle des autos, la manifestation étant organisée par le président du Moto Club, Georges Sartou. L’année suivante les coureurs se retrouvent dans l’enceinte du Parc Bordelais. Après la Seconde Guerre mondiale, le rendez-vous est fixé sur les boulevards du côté des barrières de Toulouse et de Bègles. L’épreuve est marquée par la présence d’une voiture à gaz, la Bugatta, construite par un distributeur de gaz qui veut se faire de la pub et carrossée clandestinement dans les ateliers des usines Marcel Dassaut. Ce qui déclenche une tempête quand le célèbre avionneur découvre l’engin par hasard.

L’ ACSO veut organiser une compétition de niveau international. Pour se préparer à affronter ce challenge il est décidé de ne pas se lancer tout de suite dans une compétition à Bordeaux. L’Auto Moto Club du Médoc ayant déjà mis sur pieds plusieurs courses en 1938, 1946, 1947 et 1948, Bordelais et Médocains mettent leurs efforts en commun. Grâce à l’appui des Vins du Médoc, le 14 mai 1950 le drapeau à damier donne le signal de départ sur la piste du circuit de vitesse du Médoc à Lesparre. C’est un succès par le prestige et la qualité des coureurs, comme par le nombre de spectateurs et la sécurité.
Louis Baillot et l’ACSO décident de passer à la vitesse supérieure. On cherche un endroit pour installer le circuit : le Saint-Emilionnais ou le Pyla ? Deux options offrant un relief accidenté. Bordeaux ? Un choix permettant d’attirer du public. C’est finalement cette dernière solution qui est adoptée. Grâce au terrasses des hangars du Port autonome et aux grilles, on peut faire des tribunes bien protégées pour recevoir un public important. La municipalité qui n’est pas anti-auto se prêtant au jeu, on décide de faire le circuit sur les quais avec une boucle autour des Quinconces. Les contre-allées, jusque-là simples allées charretières, sont bitumées par la ville comme la partie de la chaussée des quais où va passer le circuit. Derrière la colonne des Girondins, l’allée de Los Angeles est créée avec une courbe parfaitement adaptée à la course automobile à l’époque et au... tram aujourd’hui. Le tracé de cette courbe étant conçue par le pilote Albert Divo. Une chaussée qui est alors fermée par une chaîne qu’on enlève uniquement trois jours par an, pour le grand prix de vitesse et ses essais

Photo ACSO

Le succès de la compétition est immédiat avec 60 000 spectateurs. Le public se presse sur les quais et sur les balcons des immeubles. Après 3 heures 7 minutes et 11 secondes de course, le jeune Yves Baillot peut remettre son prix au vainqueur Louis Rosier sur une voiture mythique, la Talbot Lago.
Grand succès populaire le grand prix est exemplaire pour la sécurité grâce aux grilles du port. Mais l’année suivante il n’y pas de grand prix ou plus exactement pas de compétition de formule 1.
Le succès du prix de 51 à Bordeaux et ses retombées ont rendu quelque peu jaloux les autres responsables de clubs qui forment une sorte de fédération pour fixer le calendrier et exclure bien entendu le port de la Lune. Qu’à cela ne tienne, Louis Baillot va remplacer le grand prix par une course de voitures de sport, y compris de voitures de tourisme plus ou moins transformées. Pour préparer la manifestation, la famille Baillot se rend à Monaco où la compétition là aussi ne comprend pas de formule 1 cette année. L’ambiance sur les circuits étant plus décontractée à l’époque, Louis peut aller pêcher des concurrents. Opération réussie. La compétition est un nouveau succès. Et même un tel succès que pour les éditions suivantes il faut prévoir une place pour les voitures de tourisme améliorées. Des Aronde, des 203 et même des 4CV vont voisiner avec des F1.

Photo André Baillot d’Estivaux

L’année 1953 est un grand millésime. La formule 1 est de retour. Et quel retour ! Les trois champions du monde existant alors (Farina, Fangio et Ascari) y participent. Fangio est alors sous contrat avec Maserati. Comme la marque n’est pas engagée dans le grand prix, il faut lui trouver une voiture. Seul Gordini en a une, mais le constructeur n’est pas encore aussi renommé que Maserati ou Ferrari. Louis Baillot demande à Fangio s’il accepterait de courir sur une Gordini ? La réponse du champion est celle d’un grand seigneur : « Quand j’ai débuté Gordini m’a fait confiance. Je serai heureux de courir sur une Gordini. »
Les éditions 54 et 55 connaissent un beau succès. Mais en 1955 un terrible accident au Mans met un terme définitif aux courses en ville. Les grands prix de Bordeaux vont laisser le souvenir d’une épreuve exemplaire sur le plan de la sécurité, tout en étant chaleureuse et bon enfant, l’exemple venant d’en haut avec un maire qui n’hésite pas à aller parler et rire avec les pilotes. Autre temps, autres mœurs.
A noter ce week-end :
- 🚩Le samedi 29 à 15 heures concours d’élégance automobile place Pey Berland.
- 🚩Le dimanche 30, toute la journée, au Pin Galant à Mérignac Burdijouets, la bourse du jouet ancien où Frédérick Llorens sera présent avec ses livres sur l’histoire des grands prix et de l’automobile.


Antoine Lebegue


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