Les Ponts de Bordeaux « Émerveillements et polémiques »



Publié le 30 mars 2013 à 20:15

Culture

S’il n’est nul besoin de faire de grands efforts de mémoire pour se rappeler tout à la fois les nombreuses polémiques qui ont précédé la construction du pont Chaban-Delmas, ainsi que les émerveillements suscités par son achèvement, un petit retour en arrière historique, avec la construction du Pont de Pierre s’avère riche d’enseignements.


Napoléon à Bordeaux

Après que Napoléon eut décidé en 1808, qu’il fallait un pont à Bordeaux, c’est un ingénieur « Champenois », Claude Deschamps qui allait mettre en œuvre à « Bordeaux », un pont menant à la Porte de « Bourgogne ». C’est lui qui en 1813 choisit les orientations capitales de cet immense projet. Après mille difficultés c’est le 25 août 1821, fête de la Saint-Louis que fut posée la clé de la dernière voûte. On avait pensé l’appeler pont Louis XVIII, puis pont d’Aquitaine, puis pont de Gironde. On se contenta tout bonnement de « pont de Bordeaux », que les Bordelais, une fois pourvus d’ouvrages concurrents, transformèrent en « pont de pierre », nom qui lui est resté.

Les heures de gloire du pont

Dès le 29 Septembre le pont fut ouvert à la circulation et suscita mieux que de l’engouement. Le prix du passage fut fixé par la « Compagnie du pont » qui en échange de ses efforts financiers, avait obtenu de prélever un droit de péage : 1 sou par personne, 5 sous par cavalier, 10 sous pour un véhicule à deux roues, et 20 pour un coche ou un carrosse. L’affluence fut telle que la recette s’éleva, pour le premier dimanche, à 1850 francs, représentant plus de 20.000 traversées, dont 15.000 de piétons. Le succès immédiat, fut accru par la percée de la grande avenue de Paris, de la rive droite au bas du coteau de Cenon (aujourd’hui avenue Thiers).
Bien sûr comme le Grand-Théâtre qui l’avait précédé de trente ans, le pont eut son heure de gloire, et on lui pardonna vite d’avoir coûté plus de huit millions de francs, soit le double du devis initial. Il dépassait en longueur le pont de Waterloo sur la Tamise, ou encore celui de Dresde sur l’Elbe, travail très audacieux pour l’époque, il fut considéré comme un des « Monuments du Siècle ».
Loué par tous, sinon par les bateliers et autres passeurs des bacs de Lormont et de la Bastide voués par lui au chômage, notre beau pont qui avant d’exister avait suscité tant de controverses, ne va guère couler depuis lors des jours plus tranquilles.

Le temps des polémiques

Il vient très vite, dès 1850, on commence à trouver sa chaussée trop étroite. Parmi les Bordelais qui en avaient contesté l’utilité et vitupéré le coût, certains rajoutent que le passage est étriqué. En 1865, commencent à circuler des pétitions réclamant la création d’une deuxième voie de franchissement du fleuve. Mais c’est en 1886 qu’un nommé Archambeaud jette le grand défi : il publie une brochure intitulée « De la suppression du pont de Bordeaux et de son remplacement par un tunnel sous-marin ».
Parallèlement à cet hurluberlu, des gens plus sérieux, mais au sens esthétique atrophié, réclament que la chaussée du pont soit portée à 15 mètres, des passerelles métalliques adjacentes permettant de part et d’autre le passage des piétons. A la fin du XIXème siècle cette proposition est oubliée, et le pont devient un thème électoral, les projets s’entrechoquent dont celui d’un ouvrage reliant Bacalan à Lormont.
Il se trouvera même un ingénieur du Port Autonome, M. Lévêque pour préconiser la destruction du pont de Deschamps, accusé de provoquer des inondations en retenant par trop le flot, et son remplacement par un pont doté d’arches de 90 mètres.
Avec le développement de la circulation automobile à partir de 1930, et surtout de 1945, on parle du cher vieux pont comme d’un « goulot d’étranglement », c’est ainsi que l’ont vu les spécialistes de la Wehrmacht …
Trop longtemps seul, ce très bel ouvrage aura essuyé beaucoup de critiques, et il aura fallu que beaucoup d’eau passe sous le pont avant que de nouveaux liens unissant les deux rives de notre ville soient construits. Rien de nouveau sous le soleil, ceux qui sont pour ce qui est contre, et contre ce qui est pour, devraient continuer à œuvrer sans pour autant que nos décideurs perdent de leur sérénité, et c’est bien là l’essentiel !!!
Sources : Les dossiers d’Aquitaine - Histoire des Maires de Bordeaux.


Dominique Mirassou


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