Bordeaux

Les Déesses du Grand-Théâtre ont mieux résisté que les Muses …

Afin de réaliser les douze statues qui couronnent la balustrade du Grand-Théâtre, l’architecte Victor Louis s’adresse au sculpteur parisien Pierre François Berruer qui s’adjoint les services du sculpteur Van den Drix d’origine flamande.

Les neuf muses

Avec un programme iconographique dédié aux neuf muses que sont : Calliope, Clio, Erato, Euterpe, Melpomène, Polymnie, Terpsichore, Thalie et Uranie le champ des qualités qui président à l’inspiration en matière de théâtre est à peu près complétement couvert.

Afin de surmonter les douze colonnes de la façade, trois déesses, valeurs sûres du Panthéon, leurs furent adjointes : Minerve, Junon et Vénus. De quoi couvrir de ces présences divines tout événement pouvant se passer dans le monde.

L’usure du temps …

Les statues, dessinées et réalisées partiellement par Berruer puis par Van den Drix malgré leurs puissantes protections parnassiennes et surtout la qualité du matériau employé, de la pierre calcaire dure de Taillebourg et de Chauvigny allaient subir l’usure du temps.

Elles seront remplacées à deux reprises pour certaines, par des copies réalisées à partir de 1877 et 1931, par les sculpteurs Paul Mora, Jules Rispal et Charles Malric.
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La hiérarchie respectée

Parmi ceux des originaux qui subsistent, on les trouve dans le jardin de l’école des beaux-arts, dans celui du conservatoire de musique mais aussi au Jardin-Public où je vous invite à en découvrir une, discrètement installée non loin de l’espace réservé aux enfants.

D’un point de vue ethnologique on peut constater que les déesses ont mieux résisté à la dispersion que les simples muses, hiérarchie oblige !


Junon se trouve aujourd’hui en deux exemplaires, dans le Jardin-Public et dans celui du Conservatoire en compagnie de Thalie, Vénus est également présente au Jardin Public en compagnie de Calliope, tandis qu’Uranie, Clio et Erato ornent le jardin de l’Ecole des beaux-arts.

Les attaques contre l’architecte …

« J’eus à lutter, raconte Victor Louis contre les citoyens de qui je devais attendre l’encouragement et le soutien » : leur persécution fut une hydre qui se reproduisit du début jusqu’à la fin de l’édifice ». Après sept ans de travaux, le Grand Théâtre est enfin inauguré le 7 Avril 1780, avec la représentation d’Athalie de Racine et du Jugement d’Apollon de Blincourt.

En 1783 Louis publie un recueil pour se défendre de « l’accusation d’avoir ruiné la ville et réfuter les calomnies dont il a été victime. Le ton de misère de la Jurade, dont certains membres estimaient que : « Cette salle est un édifice d’un luxe scandaleux, disproportionné à une ville de province », sera assez vite oublié, pour le plus grand bonheur des bordelais qui ne sauraient désormais plus se passer de la présence majestueuse et bienveillante de ces muses et déesses.

Sources : (Dossiers d’Aquitaine et 101 objets et symboles qui racontent Bordeaux).

Ecrit par Dominique Mirassou


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