Le syndrome Donald Trump …

Après avoir subi un président belliqueux, maladroit et sans grande envergure en la personne de Georges Bush, puis avoir élu avec pas mal d’espoirs, désormais déçus, le démocrate et élégant narcisse, Barack Obama, le peuple américain semble de plus en plus désenchanté.

L’arrivée au premier plan de la scène politique, en tant que candidat à la prochaine présidentielle américaine de Donald Trump ne manque pas de surprendre et d’interroger tous les observateurs.

A l’image de notre France où divers extrémismes qu’ils soient cégéto-lepéniste, frondeurs ou bien mélanchoniens s’expriment avec de plus en plus de force et parfois de violence, l’Amérique ou du moins une partie non négligeable, exprime par la voix de cet efficace « braillard », la fin d’un rêve, le cauchemar de classes moyennes qui souffrent un peu plus chaque jour, la misère pour les moins bien lotis.

Produit de nombreuses années de mauvaise gestion des affaires du pays par ses prédécesseurs, Donald Trump, aussi colérique qu’égocentrique et simplificateur, fustige les élites et le système et parvient à fasciner de plus en plus d’Américains, malgré des arguments sommaires et souvent contradictoires et des solutions radicales, n’allant pas sans rappeler ce qu’il nous est souvent donné d’entendre en France actuellement.

Hillary Clinton
© photo Marc Nozell

Que dire de la forme du spectacle qu’il nous propose et du charisme plus que discutable d’un orateur que rien n’arrête et qui s’il veille à rassurer, ne manque pas de flatter les plus bas instincts d’une population dont l’adhésion à ses « thèses » est proportionnelle à son attractivité simpliste. Ignorant, ou du moins peu au courant des grands équilibres économiques et stratégiques, Donald Trump a des idées sur tout et ne s’interdit rien, histoire de fasciner les foules crédules.

Dans un monde occidental semblant à bout de souffle et de moins en moins certain de la validité de son modèle démocratique, s’il est inévitable et même indispensable de se questionner, la prolifération de tels bateleurs est loin d’être souhaitable, sauf pour ceux qui croient encore ou se forcent à croire que des solutions simples et radicales nous tendent les bras.

Face à lui, la candidature démocrate d’Hillary Clinton, « politiquement correcte » mais cependant financée en grande partie par des fonds venant d’Arabie Saoudite, laisse à penser que le mur international et incommensurable de l’argent roi, n’est pas prêt d’être remis en cause. Les mêmes, clients indispensables de notre fragile économie, brillent et sont adulés à Paris. De quoi convaincre au moins la moitié des électeurs américains de ne pas choisir entre la peste et le choléra et de rester à la maison.

Sommes-nous beaucoup mieux lotis ?

Ecrit par Dominique Mirassou


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