Bordeaux

« Le sexe de l’escargot » aux Salinières une comédie délicieusement déraisonnable.

L’auteur, metteur en scène, acteur, Frédéric Bouchet déploie une énergie comique irrésistible dans cette pièce qui donne aux comédiens l’occasion de multiples métamorphoses amusantes.

Un couple qui vient de se rencontrer lors d’un séjour de vacances au Pérou à cause d’une erreur de valise est obligé de cohabiter à leur retour à Paris tout un weekend. Ceci n’arrange pas l’homme joué par un Benjamin Bardel très convaincant qui vit sous la coupe d’une mère tyrannique et intrusive incarnée par une Cathy Perez explosive. Mais voilà qu’une malédiction s’abat sur le couple fraîchement accordé après avoir ouvert une boite péruvienne énigmatique qui s’avère au résultat moins ennuyeuse que la boite de Pandore certes, mais tout aussi difficile à gérer pour les personnages. Ils sont en proie à des hallucinations et à des changements inopinées. En effet, la femme se retrouve dans le corps d’un homme qu’à priori, elle ne connaît pas. Évidemment ce serait trop simple si l’histoire s’arrêtait à ce simple mélange des genres, mais non, Frédéric Bouchet nous entraîne dans des méandres facétieux et complexes sans nous perdre. Les spectateurs se laissent manipulés pour leur plus grande joie. Un inspecteur des douanes aux allures d’Alfred Hitchcock dépenaillé vient se greffer dans cette histoire il est interprété par un Jean-Pierre Gauffre étonnant. Il faut saluer aussi Didier Poulain désopilant qui joue l’ami un peu dragueur et compréhensif.

Marine Ségalen est extraordinaire dans ce double rôle d’une jeune femme un peu naïve et de type légèrement macho, mais plutôt sympathique de naturel. Frédéric Bouchet qui a repris cette pièce l’avait écrite et créée sur scène il y a une dizaine d’années, il nous offre ici une version remaniée et actualisée. Sa performance est formidable il campe un personnage touchant et très drôle sans sombrer dans le ridicule, mais je vous laisse découvrir pourquoi…
Au final, le rythme est soutenu et fait un peu penser aux comédies des Marx Brothers avec ce grain de folie généralisée. Il ne faut pas rater cette comédie aux acteurs protéiformes qui de l’aveu même de l’auteur se sont bien amusés, et cette joie est très contagieuse pour le plus grand plaisir des spectateurs.
Vous pouvez encore les voir : les 22, 23, 24, 29, 30 et 31 mars
Théâtre des Salinières
4 Rue Buhan,
33000 Bordeaux
Téléphone : 05 56 48 86 86
Théâtre des Salinières