Le journal d’Octave au théâtre de la Lucarne.

« Le journal d’Octave » est une référence directe au métier principal d’Octave Mirbeau ; le journalisme et à son célèbre roman « le journal d’une femme de chambre ». C’est Bruno Courcelle, grand spécialiste de cet auteur qui au théâtre de la Lucarne nous fait découvrir ou redécouvrir Octave Mirbeau (1848-1917).

Il a écrit en « collaboration virtuelle » avec cet auteur cette pièce divisée en trois parties qui sont des extraits des écrits d’Octave. Trois sujets sont abordés ; l’oppression, le couple et la guerre. Le spectateur fait une plongée dans la France de la fin du XIXème siècle avant les grandes guerres mondiales. Octave Mirbeau est un homme sans illusion sur son prochain, de quelque milieu qu’il soit. Dans cette comédie, on passe allègrement du monde rural à celui des bourgeois. L’ambiance est posée, les situations se succèdent comme des coups de projecteur parfois volontairement un peu rude, sur un moment de la vie des personnages d’Octave Mirbeau.

Bruno Courcelle

C’est sa voix qui s’exprime à travers celle de l’auteur comédien Bruno Courcelle qui en joue le rôle. L’hypocrisie, la redoutable bêtise, l’avidité sont des sujets abordés dans ces scènes drôles et grinçantes. On rit souvent (un peu jaune parfois) car les situations résonnent en nous. On reconnait ces humains, ce sont les mêmes encore aujourd’hui. Octave ose dire tout haut et parle vrai. Le sujet de l’amour est peu abordé sinon sous sa forme la plus destructrice dans une scène que l’on pourrait nommer « qu’est-ce je ne ferais pas par amour ! » où le ridicule se mêle à l’effroi. La mise en scène de Nicole Tajan-Lucas et Cathy Lucas est subtile ; les transitions entre les saynètes se fondent dans des jeux de lumière, dans la musique, des chansons de l’époque, ou le chant des oiseaux.

Nicole Tajan-Lucas

L’univers des bourgeois se décline en rouge et noir et celui des paysans dans des contrastes lumineux qui donnent une sensation de réalisme. On pense à « l’enterrement à Ornans » ou bien aux « casseurs de cailloux » de Gustave Courbet. Les acteurs sont nombreux sur scène. Cathy Lucas, Cathy Tome, Christelle Guichard, Pierre Falloux, Alain Roux, Bruno Courcelle, Jean-Pierre Raison, Didier Paris, Stéphane Duchâteau. Ils se glissent dans la peau de plusieurs personnages avec justesse et sobriété. À la régie Lucas Fortune.

J-P. Raison, A. Roux, C. Tome et S. Duchateau

À la fin de la pièce, dans un échange avec le public, Bruno Courcelle nous a parlé de ce grand auteur journaliste conteur romancier anarchiste qui a côtoyé Zola, Maupassant, Flaubert entre autres, et aimé les œuvres de Van Gogh, de Rodin , de Monet et d’autres. Une vie riche et passionnée. Cette promenade dans l’esprit de cet auteur donne envie de se plonger dans son œuvre tant son style est à la fois dur et joyeusement cruel. Une bonne pièce à ne pas manquer.
L’œil-La Lucarne
3, rue de Beyssac
Bordeaux
Réservation : 05.56.92.25.06
ou loeil.theatre@wanadoo.fr


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