La disparition du vivant sur terre

Ce texte s’inscrit dans une série de 4 articles sur le réchauffement climatique. L’objectif est double : sensibiliser les personnes sur la gravité de la situation et expliquer l’ensemble du problème en séparant les faits et les dogmes.

Successivement paraîtront les quatre articles suivants :
1. La disparition du vivant sur terre.
2. Le contrôle de l’énergie.
3. Comment respecter notre planète ?
4. Les politiques et les écologistes.

L’éclosion du vivant.

Le vivant, qu’il soit végétal, animal ou humain, présente toujours une structure cellulaire. La cellule est l’unité fondamentale de la vie, elle est protégée par une membrane et contient les éléments nécessaires à sa reproduction. Les premières cellules apparurent dans les océans moins de un milliard d’années après la formation de la terre. Il fallut attendre 1,5 milliards d’années supplémentaires pour qu’apparaissent des bactéries sous forme d’algues qui inventèrent la photosynthèse, une opération qui permet de capter le dioxyde de carbone en rejetant du dioxygène dans l’atmosphère.
C’est ainsi que l’atmosphère terrestre devint vivable. Retenons déjà le lien étroit entre l’atmosphère et le vivant.
C’est alors que la grande aventure du vivant allait pouvoir commencer. C’était il y a un milliard d’années.

Un climat versatile mais jamais destructeur

Pendant ce milliard d’années le vivant apparut sous toutes les formes aussi bien pour le monde végétal que pour le monde animal. C’est cette merveilleuse diversité que nous admirions encore dans les années 1950 qui, aujourd’hui, est l’objet de nos révoltes, de nos souffrances. Pourtant la terre ne fut pas épargnée pendant ce dernier milliard d’années. Le climat ne cessa d’osciller entre le chaud et le froid. Tantôt la terre fut totalement recouverte de glace et de neige, tantôt elle se réchauffa jusqu’à la disparition des glaciers polaires. Les continents se formèrent, se déformèrent, se rassemblèrent et s’éloignèrent au gré des tremblements de terre et des éruptions volcaniques. Le pire fut la chute d’une météorite de taille exceptionnelle qui anéantit 70% du vivant (végétal et animal). Et pourtant, chaque fois, le vivant sut s’adapter. Il profita des périodes chaudes et humides pour se multiplier en nombre et en variétés, il se replia sur les espèces les plus résistantes pour générer les évolutions les mieux adaptées à un climat polaire. Ainsi, le vivant se perpétua.

Le premier homme

Tout aurait pu continuer longtemps mais d’évolutions en évolutions, les mammifères générèrent les primates avec leurs yeux frontaux et leur vision binoculaire, des membres à cinq doigts à la place des griffes et un cerveau plus volumineux. Au bout de cette branche nouvelle sur l’arbre phylogénétique du vivant se lève, autour de -5 millions d’années, le premier homme.
Sautons les intermédiaires et arrêtons nous à l’homo sapiens, grand vainqueur dans sa lutte contre l’homme de Neandertal et l’homo erectus. Aux alentours de l’an -60.000, il occupe une grande partie de la terre. Cet homo sapiens, c’est nous. Il deviendra l’homo sapiens sapiens (l’homme qui sait qu’il sait) dans les années -30.000. Dans la continuité émergeront l’homme de Cro-Magnon (dit aussi l’homme moderne), puis les égyptiens et les Grecs antiques. Ces hommes-là sont aussi intelligents que l’homme d’aujourd’hui, ils ont les mêmes capacités de logique, de pensée, de création. Depuis, l’évolution génétique de l’homme n’a pas procuré de facultés nouvelles.

L’homme face à lui-même

Nous voici donc face à nous-mêmes. Pendant le dernier milliard d’années, l’animal n’a jamais mis en danger la vie sur terre et voici que l’homme, par le biais du réchauffement climatique combiné à son pouvoir de nuisance sur la terre, est sur le point de supprimer le vivant dans son ensemble (végétal, animal et humain). Cet homme qui a découvert les connaissances les plus subtiles de l’infiniment petit à l’infiniment grand, est proche de son obsolescence. Déjà, l’homme est dans les tourments, il subit les tempêtes qui frappent la terre avec une insolente violence, bientôt il tombera dans la désespérance, alors progressivement il perdra jusqu’à la faculté de rire, il deviendra un automate, l’avenir ne lui appartiendra plus.

La grande dérive de l’homme

Pour comprendre comment nous avons pu en arriver là, il nous faut remonter dans l’histoire au tout début de la longue dérive de l’homme au bout de laquelle l’attend une impasse. Ce n’est qu’a posteriori que nous pouvons rattacher le commencement de cette dérive à l’invention de la machine à vapeur. Après deux siècles de recherche, au tout début du XIX° siècle la machine à vapeur est opérationnelle : elle transforme l’énergie thermique en énergie mécanique. Dit autrement, elle génère automatiquement un travail. C’est un peu le robot du XIX° siècle. C’est le début de la révolution industrielle en Europe, mais c’est aussi c’est le début de la dérive de l’homme. Très vite, la machine à vapeur se décline en machine-outil pour les usines, en locomotive pour les transports terrestres, en bateau à vapeur pour les transports maritimes, en tracteurs pour l’agriculture, etc. Tout allait de pair, la démographie explosait, le machinisme s’installait, femmes et enfants étaient exploités, aux propriétaires du capital s’opposaient les prolétaires. Il faut avoir lu Germinal et l’Assommoir pour comprendre la misère mais surtout la soumission du monde ouvrier.
La technique devenait toute puissante. Les voitures et les avions firent leur apparition, la technologie se renforça et avec elle les matières premières furent activement utilisées. L’homme fait alors une OPA sur la nature, sur les matériaux, sur les ressources carbonées. L’homme n’est plus un homo sapiens, il est devenu celui qui ne sait pas qu’il ne sait pas. Il ne sait pas qu’il se leurre, il entame la destruction de la nature à ses dépens. L’homme glissait déjà vers l’irréparable. Il se dotait d’un pouvoir énorme sans aucune exigence de précaution.

La toute puissance de l’économie.

Après les deux guerres mondiales, autour de 1950, au début de cette époque que l’on a appelée "Les trente glorieuses" commençait en sous-main le travail de sape du grand chamboulement qui allait mener le monde du désarroi de la seconde guerre mondiale à la modernité. C’est à ce moment-là que l’homme épousa délibérément l’économie industrielle avec la puissance de la bourse et celle des banques. Les années entre 1952 et 1974 alignèrent une croissance (PIB) autour de 5 %. Or la croissance impose plus de ventes, plus de créations, plus de productions, autant dire et le dire plus simplement : plus d’énergie. L’énergie n’est rien d’autre que la quantification du degré de transformation : plus les transformations sont nombreuses, plus la quantité d’énergie utilisée est grande. Lors des trente glorieuses, l’énergie consommée ne fit qu’augmenter. On aurait pu penser que le choc pétrolier de 1974 ralentisse au moins la consommation de pétrole. Pas du tout, ce ne fut qu’un choc financier et le pétrole continua son ascension.

La croissance de l’énergie entre 1900 et 2018


Deux hommes lucides mais délaissés.

Un homme hors norme, René Dumont, probablement le premier et le dernier des véritables écologistes en France s’éleva alors pour brandir les menaces qui s’accumulaient à l’horizon des années à venir. Il publie en 1973 un livre au titre provocateur mais aussi précurseur : "L’utopie ou la mort". Aujourd’hui, en cette fin de 2018, nous savons tous de quel côté nous tombons. Nous avons refusé les utopies, nous avons refusé la limitation des naissances, nous avons refusé une croissance stagnante voire nulle, nous avons refusé une démocratie plus égalitaire, une vie simplement paisible, heureuse et non pas une vie dans l’abondance pour quelques privilégiés et dans la misère pour les autres.

En 1979, Hans Jonas, philosophe allemand, publie un livre intitulé "le principe de responsabilité", un principe qui interdit à l’homme d’entreprendre toute action qui pourrait mettre en danger l’existence des générations futures. Selon ce principe, avant d’utiliser une technique, l’homme devra s’assurer que toute éventualité apocalyptique soit exclue. Il y a nécessité d’une connaissance avant tout agir. Tout était dit.

Mais hélas, l’homme n’était plus depuis longtemps cet homo sapiens respectable, il n’écoutait plus, il ne cherchait qu’à optimiser, fiabiliser. De spéculations en subversions, il s’intéressait déjà à l’intelligence artificielle et bientôt aux robots. Deux grandes fiertés de l’homme, deux dérives homophages.

Notre belle atmosphère

Il y a encore peu de temps, l’atmosphère était vivante, elle était douce, elle était belle, elle était protectrice, elle était féminine. L’homme à lui seul - par sa seule force à lui injecter massivement des doses de CO2 - l’a rendue d’abord agressive avant qu’elle ne soit atteinte de délire paranoïde, elle est devenue masculine.

Il nous faut retrouver notre chère atmosphère des années 1950, il faut réparer nos fautes, il faut respecter notre planète, la cajoler, la soigner. Il faut qu’elle revive pour que nous survivions.

Alors ce serait le bonheur.

Ecrit par Serge Sampoux


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