Hamon, Montebourg, Peillon, Valls, notes de lecture ….



Publié le 12 janvier 2017 à 16:39

Politique

Dans les lignes qui suivent, toute ressemblance avec les candidats à la primaire de la gauche n’a rien d’une fiction, sauf que le livre d’Alain Duhamel duquel sont tirés ces extraits, « Portraits-souvenirs », date de 2012 et qu’en politique les hommes évoluent parfois de façon surprenante au gré du temps et surtout des événements. Voyons donc ce qu’il en est, morceaux choisis …


Arnaud Montebourg, « il a réponse à tout » …

Arnaud Montebourg

Il n’est pas toujours constant, bataillant contre le cumul des mandats, puis, déjà député de Saône-et-Loire, se faisant élire président du conseil général. Si on le lui objecte, il ne se laisse pas démonter. Il a réponse à tout : s’il sacrifie provisoirement ses idées, c’est naturellement pour la bonne cause, afin de rendre service aux électeurs.
Il ne doute de rien, et surtout pas de lui-même, ses outrances et ses philippiques en font plus une star qu’un leader. Parti en guerre contre la mondialisation, vouant aux gémonies le capitalisme financier, prétendant prendre le contrôle des banques, constamment sévère vis-à-vis de l’Europe, partisan de rétablir le protectionnisme, c’est un franc-tireur à l’aile gauche du parti, plus doué pour les coups d’éclat que pour les coups de force.
S’il mûrit et se tempère, il fera une belle carrière gouvernementale, sinon, il restera une « attraction médiatique ».

Benoît Hamon, « loyal et précis ».

Benoît Hamon

Loyal et affûté. Il a le verbe précis et naturel, coupant mais sobre. Il parle peu de ce qu’il ignore et plutôt bien de ce qu’il connaît. D’instinct, il a une pente protectionniste et dirigiste, par archaïsme ou par tempérament autoritaire. Son rapport sur l’égalité a fait grand bruit et semblait fort peu réaliste.
En revanche, lorsque le parti a tranché, il s’incline. Au sein du PS, ses préférences ont beaucoup varié, ce n’est pas original. Il a toujours été très politique, mais sa raideur initiale s’assouplit. Depuis le congrès de Reims, il a appris à tenir son rôle officiel sans oublier d’être lui-même.
Si les dieux sont avec son camp, il est prêt à franchir une étape. Avoir été loyal vis-à-vis de Martine Aubry ne sera pas un handicap, d’autant plus qu’il est aussi tout naturellement un contrepoids à Arnaud Montebourg.

Vincent Peillon, plus intellectuel que politique …

Vincent Peillon

Vincent Peillon, autre intellectuel de bonne envergure, est un politique beaucoup moins convaincant. Cet agrégé et docteur en philosophie publie des livres savants et originaux. La pratique lui réussit nettement moins bien que la théorie. Outre une instabilité chronique au sein du PS (il a été proche d’à peu près chaque courant avant de s’en éloigner), il donne le sentiment de peiner à trouver son rôle.
Député de la Somme dans une circonscription où il n’a pas réussi à s’implanter solidement. Il a dû changer de région pour se faire élire au Parlement européen. Personne ne met en doute ses capacités intellectuelles, mais son caractère inquiète et hérisse. Il pique des colères homériques, trop bien mises en scène.
A l’observer, on a l’impression d’un talent qui ne sait pas s’employer et d’un tempérament qui n’arrive pas à se canaliser. Quand il écrit, il séduit, quand il agit, il déçoit.

Manuel Valls, pragmatique et énergique …

Manuel Valls
Photo : Philippe Grangeaud/Solfe Communications

Il s’est créé un véritable fief électoral, dans des conditions de surcroît particulièrement difficiles. Il est en effet devenu, fort jeune et à la force du poignet, député-maire d’Evry, chef-lieu départemental de l’Essonne, une ville nouvelle où coexistent une bonne cinquantaine de nationalités.
Très vite, de livres en émissions, d’interviews en articles, il est devenu le prototype du « réalisme de gauche », ce qui le range bien entendu à l’aile droite du PS. Quels que soient les sujets qu’il traite (éducation, intégration, économie, fiscalité, sécurité) il le fait en tout cas avec clarté et énergie, pragmatisme et désormais cohérence.
Désormais, il incarne l’aile pragmatique et empirique du PS, la sensibilité européenne. Il n’a pas de courant, mais il a une image, un début de réputation. Manuel Valls a le tempérament et les aptitudes d’un gouvernant.

Rappelons aux lecteurs qui auraient trop vite lu l’introduction de cet article, que les morceaux choisis par le rédacteur de ce papier sont extraits d’un livre d’Alain Duhamel datant de 2012, relative ancienneté qui n’interdit cependant pas de reconnaître les protagonistes.
Information pouvant s’avérer salutaire en ces temps de primaires .

Source : Portraits-souvenirs, Alain Duhamel de l’Institut, Editions PERRIN
ISBN 978-2-262-04223-3


Dominique Mirassou


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