Fantoche à Pessac



Publié le 29 janvier 2016 à 14:47

Cinéma & Spectacles

Produit par Maelstrom Studio, Fantoche est un court-métrage onirique écrit et réalisé par Jonathan Rochier. Il s’agit du premier film en Aquitaine a avoir été entièrement tourné en stop-motion. Autre singularité : il a été écrit à partir des rêves et cauchemars de son auteur. Il sera projeté samedi 30 janvier à 16h au cinéma Jean Eustache.


Lorsqu’il était étudiant, Jonathan devait chaque semaine musicaliser ses rêves. C’est de cette manière qu’il a pris l’habitude de travailler avec eux. A force, il entreprit de les écrire plutôt que de les mettre en musique. C’est ainsi qu’est né Fantoche : d’abord sous forme de scénario, puis de court-métrage.
Il travaillait sur ce projet depuis cinq ans. Son équipe, composée d’une vingtaine de personnes, l’a rejoint il y a deux ans. Tous les personnages et décors du film ont été réalisés à la main. « C’est génial, tu as la vie qui se crée sous tes yeux » explique Jonathan. Et en tant que spectateur : « tu peux voir comment le film a été fait avec la peinture, les coups de scalpel... » Il a fallu six mois pour construire les huit décors, allant de 50cm2 à 2m2. Fantoche étant filmé de très près, une attention particulière a été portée sur les détails. Au total : 24372 photographies ont été réalisées pour le court-métrage. Elles ont ensuite été triées puis assemblées pour créer du mouvement. Un travail de fourmi : « on a déplacé avec des cure-dents des petits bouts de pâte à modeler de 1 millimètre pour recréer du mouvement. On tournait une minute par jour. »

« Il n’y a pas beaucoup d’effets spéciaux. On a mis du vrai feu, de l’eau et de la vraie viande sur le décor. » Une des scènes n’a pu être tournée que trois fois avant que le décor ne meure. Un sacré « moment de tension » quand on pense à tout le temps qu’il a fallu pour la confectionner... « Tu tapes sur la table sans faire exprès, tu fais tomber la marionnette et tu dois tout recommencer. Et tu en as pour 4h de plus... » raconte Jonathan. Ils ont ainsi appris à s’adapter, cacher. A l’écran tous ces problèmes passent inaperçus. C’est la raison pour laquelle l’équipe a choisi de présenter le making-off : « on ne s’imagine pas ce qui se passe et c’est ce qui fait toute la magie du stop-motion : de voir l’envers du décor. Avec la projection du making-off, on espère surprendre les spectateurs sur la manière dont le film a été fait. » Tous les décors (excepté, évidemment, celui décrit précédemment) seront exposés.
Le court-métrage relate l’histoire d’Antoine qui, « abandonné par sa mère, trouve refuge dans les bras de Fantoche, une marionnette en bois. Isolé dans son atelier où il fabrique des poupées, les hallucinations l’envahissent »… « Le rêve m’a permis de ne pas m’attacher à des choses concrètes » explique Jonathan. Il déplore que les dessins animés soient trop souvent associés à des très jeunes spectateurs. Fantoche cherche à toucher le plus de monde possible mais est déconseillé aux enfants. L’univers est « autant onirique que cauchemardesque. L’atmosphère est très sombre et poétique à la fois, avec plein de scènes de nuit. »

En diffusant Fantoche, Jonathan a « envie que les spectateurs aient la sensation de faire face à une expérience émotionnelle nouvelle. Le rêve permet de toucher les gens de façon moins standard, en faisant appel à des archétypes, symboles communs et traumatismes. » Autre enjeu : « prouver qu’il n’y a pas que dans les grandes écoles et à Paris qu’on peut faire de bons films. Il n’y a pas besoin de savoir pour faire, du moment qu’on a l’énergie. » Ainsi, Vincent, le maquettiste du film, « n’avait jamais construit quelque chose de ses mains » avant Fantoche. Il est désormais chef décorateur sur des tournages bordelais.
Fantoche avait été diffusé lors d’une projection à Paris. Mais c’est celle de Pessac qui compte le plus pour l’équipe « car c’est dans la région qu’est né le film. » « J’exorcise quelque chose qui a un lien avec mon enfance et mon adolescence. C’est comme si j’avais donné mes entrailles à modeler à mon équipe, qui l’a fait de la plus belle façon qu’il soit. Maintenant si j’ai envie qu’il soit vu, c’est aussi pour eux. »
Un moment d’échange avec les membres de l’équipe et un pot de l’amitié sont prévus à la fin du film.
Réservation conseillée sur le site du cinéma Jean Eustache :
Tarif : 5 euros.


Marie Verger


Populaire dans cette rubrique Sur le même sujet

Boomerang ou « la pitié carnivore » (...)

| le 18 mars 2017
LE BOOMERANG est une arme terrible qui revient toujours frapper la tête de celui qui le lance, mais c’est aussi le nom de la pièce que la compagnie L’OeiL joue en ce moment au théâtre « La Lucarne (...)

La soirée des filles du Gaumont Talence Universités

10 février 06:57

Un réconfort pour les réfugiés syriens

15 janvier 14:55

« Jamais contente » d’Emilie Deleuze

10 janvier 09:46

Quoi d’neuf Docteur ?

11 décembre 2016 14:10

Une avant première pas comme les autres

4 décembre 2016 15:45
RECHERCHE
 
Petites annones Bordeaux Gironde
Le service de petites annonces de Bordeaux Gazette
 
Dernières Annonces
Urgent Recherche appartement T3
localisation de l'annonce Bordeaux Location
Lire +
Réunion de présentation
localisation de l'annonce Bordeaux Autres
Lire +
cherche Java
localisation de l'annonce Saint-Médard-en-Jalles Animaux
Lire +
Bordeaux Photographie
localisation de l'annonce Bordeaux Décoration
Lire +
Un village LEGO® à Bordeaux Lac
localisation de l'annonce Bordeaux Autres
Lire +
Déposer votre annonce gratuitement