Bordeaux

Exploration des fonds marins avec Digital Abysses à la Base sous-marine

La Base sous-marine de Bordeaux accueille jusqu’au 20 mai 2018 l’œuvre étonnante de Miguel Chevalier. Le parcours "Digital Abysses" présente une dizaine d’installations numériques impressionnantes autour du thème de la nature, de la faune et de la flore sous-marine.

Elle était fermée depuis la mi-octobre. Pour sa réouverture, la base sous-marine de Bordeaux accueille l’exposition Digital Abysses. Une œuvre étonnante créée par le spécialiste des arts digitaux et numériques Miguel Chevalier, dont l’univers tout en pixels s’offre aux visiteurs et les emmène, entre réel et imaginaire vers les fonds marins. L’exposition, ouverte du mardi au dimanche de 13 h 30 à 19 h, est présente sur 3 500 m² avec plus de 10 installations monumentales dont 8 numériques configurées à l’échelle du lieu, ainsi qu’un cabinet de curiosités de plus 40 œuvres de formats différents, à savoir sculptures, tableaux en résine Dacryl, en découpe laser, ou encore boîtes lumineuses. Au XVIe et XVIIe siècles, les cabinets de curiosités désignaient des lieux dans lesquels on présentait une multitude d’objets rares ou étranges. L’artiste revisite ce dispositif en s’inspirant des micro organismes sous-marins. On navigue dans un univers luminescent entre faune et flore sous-marine, en se laissant surprendre par des radiolaires, des coraux, des algues et des méduses dans les différents cabinets

Cabinet de curiosités : box 1, radiolaires

Inspiré par les grands fonds marins qui occupent les deux tiers de la planète, l’artiste explore sur un mode métaphorique la question du lien entre nature et artifice qui aujourd’hui coexistent et s’enrichissent mutuellement. L’exposition Digital Abysses entre en résonance avec le lieu qui l’accueille, à la fois minéral, aquatique et végétal. Elle crée la surprise grâce à un parcours dans lequel les visiteurs sont immergés dans un univers étrange et mystérieux, à l’image des grands fonds marins inexplorés qui représentent un territoire extraordinaire pour l’imagination. Un travail réalisé sur ordinateur jouant sur les lumières anime le parcours. Le visiteur découvre différentes installations numériques interactives projetées, telles que "Pixels Liquides", dans laquelle le déplacement du visiteur crée une traînée de couleur qui se mélange avec la « peinture lumière » en trame de fond, ou encore "Fractal Seaweeds", inspirées des algues, anémones et coraux. L’installation « L’origine du monde » s’inspire de la biologie, avec des cellules qui se multiplient en abondance, se divisent et se déforment à une vitesse infinie. La « Forêt de Kelp », composée de 200 micro-structuresd’acier peintes en fluo dans une salle à lumière UV, est une immense installation suspendue telle une jungle d’algues luminescentes. Aussi légère qu’aérienne, cette structure semble délivrée de toute pesanteur.

Installation « Forêt de Kelp », algues luminescentes

Vient ensuite au cours de la visite une salle des plus surprenantes, dans laquelle flottent dans les airs des centaines de « 1 » et de « 0 » chromés, gonflés à l’hélium. Ces deux chiffres sont la représentation symbolique de deux états du fonctionnement de l’ordinateur, et génèrent des milliards de données. Questionnant la notion de vie artificielle, les différentes installations et œuvres interpellent sur la fragilité des écosystèmes et sur une biodiversité à préserver, cherchant à recréer les conditions d’une symbiose entre l’homme et la nature. La base sous-marine se transforme en un immense aquarium digital, avec "Digital Abysses", créant des expériences visuelles inédites, savant mélange de rêve et de technologie.

Ecrit par Gaëlle Menage