Bordeaux

Embrasement lumineux à la base sous-marine pour une fantastique nuit des musées

Le samedi 19 mai, treize musées et établissements culturels de la métropole bordelaise invitaient le public à découvrir gratuitement expositions, collections et animations. Le thème cette année pour la 14ème édition de la Nuit européenne des musées.

Dix destinations, l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne, la Grèce, l’Islande, le Danemark, le Portugal, la Belgique, l’Allemagne ou encore les Pays-Bas : une opportunité originale et souvent amusante de découvrir les liens que Bordeaux a tissés avec les autres pays européens. La base sous-marine, indestructible masse de béton de 28 mètres de hauteur et de 45 000 m², imposant vestige d’une sanglante guerre, a résisté aux bombardements. Devant cette fatale réalité, elle est devenue un espace de représentation pour les artistes et cette incroyable reconversion n’en était que plus fascinante. Dès 18 heures ce samedi, la forteresse laissait pénétrer dans son antre sombre les visiteurs du soir. Une très longue file presque silencieuse était venue découvrir l’extraordinaire magie lumineuse qu’offrait l’artiste Miguel Chevalier, cette exposition nommée « Digital Abysses » sur 3.500 m², ces 10 installations numériques monumentales, ainsi qu’un cabinet de curiosités de plus 40 œuvres inédites.

Depuis 1978, Miguel Chevalier utilise l’informatique comme moyen d’expression dans le champ des arts plastiques. Il réalise de nombreuses expositions dans des musées, centres d’art et galeries, mais aussi des projets dans l’espace public et architectural. Dans les entrailles de la base sous-marine où stagnent des plans d’eau d’où sourd parfois le frémissement de quelques poissons invisibles, nous suivons une galerie ponctuée par des écrans aux mouvantes géométries vers une salle ou se balancent suspendus dans l’espace d’étranges coraux .Ils flamboient de couleurs qui n’existent que la nuit au fond des océans quand la lumière d’une torche de plongeur vient éblouir la quiétude océane. C’est bien une plongée que nous effectuons au milieu des abysses inventés par l’artiste. De salle en salle, des constructions finement ciselées, des animaux rêvés et la lumière partout projetée sur d’immenses murs où des formes à la fois métalliques et animales oscillent languissamment. Les visiteurs un temps se fondent dans ces paysages, leurs corps tout à coup rayés de couleurs comme si la lumière avait gagné le combat contre ces ombres chinoises.

L’art numérique de Miguel Chevalier est poétique et inquiétant comme les fonds marins. Au détour d’une étroite galerie, une lumière noire éclaire comiquement les chaussettes et les sourires trop blancs, c’est une joie enfantine de circuler au milieu de suspensions de fer lumineux comme dans la toile géante d’une araignée virtuelle. De l’autre côté sur le versant opposé, venait jusqu’à nous une musique aux résonnaient des accords métalliques et sépulcraux : Chloé, compositrice de musiques électroniques, est une passionnée de découvertes musicales. C’est dans l’espace de cette nuit exceptionnelle que résonnait sa musique. Une visite extraordinaire qui ne s’oublie pas.
Son 3e album, Endless Revisions, vient de paraître sur son label Lumière Noire Records. En partenariat avec l’I.Boat et l’association Trafic.
Digital Abysses 2018


Recherche

Nous suivre

Vous pouvez nous suivre sur les différents réseaux sociaux ci-dessous!


Newsletter!

Recevez directement le nouvelles actualités de Bordeaux Gazette.

Petites Annonces Bordeaux Gironde

Nous suivre sur Facebook

Agenda