Bordeaux

Darwin & BMA : Le bras de fer continue

Darwin Ecosystème se retrouve confronté une fois de plus à l’aménageur urbain de la ZAC Bastide Niel qui ne semble pas rompu au dialogue et à la franchise.

Le point
Propriété de Bordeaux Métropole Aménagement, ce promoteur a pour objectif de bâtir de nouveaux quartiers sur un périmètre de 35 hectares, dans le but d’insuffler un nouveau souffle à la rive droite. Méconnue et de temps à autre « mal jugée », la rive droite recèle de veilles friches ferroviaires et militaires qui pourraient se transformer en logements, commerces, associations ou encore services. Et si l’on pouvait penser que les travaux entre ces deux innovateurs bien-pensants se déroulaient en parfaite harmonie, c’est raté. En découvrant jeudi dernier des barrières délimitant la zone des travaux orchestrés par BMA, les Darwiniens ont vu rouge et ont décidé de déplacer eux-mêmes ces frontières qui empiétaient sur le parking de leur terrain. Dans un communiqué de presse datant du 05 mai 2018, ils pointent du doigt des «  manœuvres anticipées  » qui ne respectent en aucun cas les délais et qui «  tendent à asphyxier l’éco-sytème.  »

Un site engagé

« Dorénavant, on ne veut plus concilier avec BMA. »
Darwin, qui compte plus de 40 associations et plus de 1000 employés, réagit vite en donnant le ton à travers le communiqué de Jean-Marc Gancille intitulé « une sortie de crise durable », qui s’appuierait sur une proposition d’Alain Juppé datant 24 octobre 2017. Cette rencontre entre le Maire bordelais et Philippe Barre, l’un des co-fondateurs de Darwin, s’était soldée sur une délimitation du site, précisément à l’arrière du Skate Parc et englobant la ferme urbaine, au grand déplaisir des aménageurs : « J’ai rencontré Mr Juppé et nous avons trouvé cette solution » nous confie Philippe Barre au cœur même de son éco-système qui après avoir dénoncé l’attitude de BMA en arrive à la conclusion « Nous dénonçons le plan de travaux mis en oeuvre en dépit des accords passés après la médiation. Dorénavant on ne veut plus concilier avec BMA.

Philippe Barre

En essayant par le passé, on s’est fait avoir  .
Après déjà un an et demi de médiation, on décèle aujourd’hui un sentiment d’amertume mêlé d’injustice et colère qui circule dans les allées grisées du lieu alternatif. Accompagné d’un plan, le communiqué montre minutieusement la frontière non respectée entre les deux sites. Ils expriment dans leur communiqué une volonté de se développer, de se densifier et « non d’obtenir toujours plus de terrains » en appelant au « bon sens ». Un bon sens qui se veut prometteur pour l’avenir, sur des critères et projets culturels qu’ils développent d’années en années. Pour Philippe Barre, il s’agit : « d’une véritable richesse culturelle et économique pour notre territoire. On veut simplement continuer à développer les emplois et le laboratoire urbain que nous sommes devenus. »

Le paradis des graffeurs

Monsieur le Maire en colère ?
Alain Juppé, en marge du conseil Bordeaux Métropole du mercredi 02 mai, a endossé ce que l’on pourrait qualifié d’un rôle « d’arbitre » qui se voulait à l’origine être plus médiateur. Pour lui, il s’agit de deux partis « caractériels de part et d’autre » en constante confrontation : « J’avais fait à l’automne des propositions pour permettre à Darwin d’occuper le skate-parc et Emmaüs. Cela n’a pas été respecté, même si quelques déménagements sont en cours. Quant à BMA, ils auraient pu attendre que le parking soit installé ». Lassé et visiblement énervé par cette interminable querelle, Mr Juppé répond « chiche » à cet appel au bon sens et à la raison que prônent les soldats Darwiniens terrés dans l’ancienne caserne militaire. Dénonçant d’un côté le retard prit par Darwin (qui traîne à faire évacuer certaines zones visées par les promoteurs), il déplore de l’autre les prises d’initiatives intempestives de BMA. Malgré la clarté et la volonté d’apaisement du communiqué, l’ambiance à couteaux tirés risque de perduré entre les deux partis, saluée par l’agacement apparent de l’ancien premier ministre : « On va aller mesurer avec un double-décimètre ».

Une surprenante terrasse

Deux modèles d’avenir opposés
C’est donc une guerre froide qui oppose les deux voisins. En 2020, la rive droite devrait accueillir plus de 3 400 logements soit presque 10 000 habitants avec le projet de BMA. L’entreprise assure plus de 70 000 mètres carrés de SDP (surface de plancher) pour l’activité de service tertiaire et artisanale pour un total de 355 500 mètres carrés. Peu fervent de cette philosophie de construction de masse, Darwin, qui a largement su faire ses preuves sur les dernières années sait aussi se faire valoir et entendre. Deuxième lieu le plus visité de Bordeaux après le miroir d’eau, Philippe Barre nous le décrit comme un « phare », « un phare pour alternatives où la ZAC n’est pas compatible. » Le succès de son éco-système écolo tourné vers le bio, de son expression libre et de son économie verte n’est plus à faire et a largement su séduire le territoire bordelais. La rive droite reste actuellement toujours sous tensions mais dévoilera d’ici quelques années un tout nouveau visage

Ecrit par Paul Savary


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