Saint Maixant

Concerts cuivrés

Le 4 juin, un flot de visiteurs fuyant le clinquant convenu d’un samedi ordinaire, sont venus de partout jusqu’à Saint Maixant pour suivre un chemin au travers les fleurs, les fruits et les charmes du jardin de la maison de François Mauriac à Malagar.

Ce cortège assemblé s’est laissé guider au son de la musique et à la lecture de poésies. Un souffle vivifiant, une courte randonnée en altitude sur cette douce colline pour changer d’air.
La balade a commencé au pied de la haute bâtisse quand un jeune homme s’est hissé sur une table pour dominer la foule et déclamer avec passion une lettre d’Egon Schiele à Anton Peschka. Cela commence donc ainsi, un artiste peintre raconte la nature sans en montrer une esquisse. Mais ce n’est pas fini, nous suivons un chemin de pierre qui longe la maison pour atteindre un espace où des chaises patientent. Derrière un buisson de roses rouges, sept musiciens nous attendent et la musique de Mozart vient nous captiver.

Nous nous levons enchantés pour suivre les méandres d’une végétation apprivoisée guidés par le maître d’œuvre jusqu’au potager. Une vision étendue sur la vallée de la Garonne sert de décor à un concerto de Vivaldi. Une danseuse surgit, pieds nus, jeune, et bien ancrée dans la réalité du XXIe siècle, un peu étrange, vêtue d’un short en jean et d’un teeshirt flou. À la manière d’un Haïku japonais, cette promenade nous étonne et nous fascine.
Au détour d’un sentier, une récitante évoque avec les mots de Raymond Queneau, la désinvolte cruauté du sécateur d’une faiseuse de bouquets.
Nous sommes nombreux, mais personne ne se risque à parler trop fort, même pendant nos déambulations.
Nous nous arrêtons « au chai du rouge » transformé en salle de musée où la correspondance et d’anciennes photographies de François Mauriac y sont exposées. La pièce est vaste, lambrissée d’un bois clair et brillant lui donnant un caractère discret et élégant. Elle est organisée aujourd’hui en salle de concert, la musique de Klughardt et Plath y vient évoquer les couleurs des saisons.

La visite se poursuit, nous voilà emportés, comme dans le labyrinthe du jardin de la reine d’Alice aux Pays des Merveilles, vers d’autres lieux fleuris ponctués par les textes de George Eliot, de James Joyce ou de Rimbaud. Sur des estrades en bois, construites pour l’occasion, la musique de Grieg à Guillaume Connesson ou Haydn nous est offerte. Les styles et des époques se marient joyeusement. Les morceaux ont été choisis pour donner la part belle aux instruments à vent aussi beaux à contempler qu’à entendre.
Cette musique pure, jouée ainsi en plein air sans passer par les filtres de la technologie et recrachée par les CD, la radio ou la télévision révèle l’âme de ses musiciens. Pas de snobisme ridicule, l’adjectif classique qui pèse sur le nom de cette musique prend tout son sens de simplicité, de beauté et de recherche de la perfection.
La balade terminée, nous avons pris un thé devant le paysage ouvert, si beau, malgré le couvercle du ciel blanc avant de retrouver notre quotidien et ses clameurs.
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