A lire ou à relire : Rainer Maria Rilke, « le coffret d’or » …

A la veille du XXème siècle l’œuvre du jeune poète autrichien Rainer Maria Rilke, donne non seulement à explorer les divers chemins que va emprunter l’art des temps nouveaux mais aussi à refléter les préoccupations qui tout au long de sa vie ne vont cesser de le hanter.

L’art créateur de Dieu …

Selon Rilke, c’est l’Art qui fait vraiment surgir les choses de l’être, fût-ce le néant absolu de la vie. L’Art devenant ainsi le vrai geste créateur de Dieu, au sens le plus fort, le plus actif … Il est le geste qui crée Dieu, dans la mesure où il engendre l’être, en sorte que le divin n’est selon Rilke que l’œuvre de l’artiste.

Dieu ne devient réel qu’au terme de la création et ce terme est l’œuvre d’art. Les relations harmonieuses entre les êtres toujours espérées jamais réalisées, l’inexorable atrocité du monde moderne qui mène jusqu’aux pires crimes, autant de thèmes où le poète joue de toute la gamme des styles, unissant avec talent le réalisme le plus cru au symbolisme le plus éthéré.

Rainer Maria Rilke

La quête d’un objet unique …

Selon Rilke, l’Art est quête d’un objet unique … Il confiera à Stefan Zweig dès 1907, que sa découverte et sa formulation n’avaient jamais cessé d’être la seule fin de son art.

« L’une de ces merveilleuses premières journées d’été, où le monde semble une hymne immense et harmonieuse à la gloire de la splendeur et des délices de la vrai vie. La forêt paraissait un temple … et de la futaie de sapins s’élevait l’hommage d’un encens aux senteurs capiteuses … J’avais l’impression que passait solitaire devant nous, répandant ses bénédictions, une divinité douce et clémente à laquelle les mortels oublient de rendre grâce. Je crois que c’était une prière qui, issue des profondeurs, montait dans mon âme, une prière à cette essence inconnue, surhumaine de la forêt … »

Le coffret d’or de Rainer Maria Rilke

La mort spirituelle …

Point de mort, point de maladie, point de disparition de l’être aimé dans les tragédies qu’il nous livre, simplement des êtres contraints par eux-mêmes de faire tout le contraire de ce qu’ils désirent, œuvre tragiquement spirituelle, où la mort est une mort au sein d’une âme fissurée de l’intérieur.

Morceau choisi : 

« Un autre pourrait être heureux dans cette existence réglée et terne. Il pourrait manger bien et beaucoup, conserver une bonne digestion et devenir très gros.
Mais moi, habité depuis mon enfance de l’ardente nostalgie d’un événement, cette existence me tue.
Le feu du désir brûle ma joue, mais l’orage de la vie destiné à l’éteindre refuse de se lever. »

Né à Prague en 1875, Rainer Maria Rilke mourra à Montreux et 1926.

(Le coffret d’or – Editions Desjonquères – IBSN 978 2 84321 095 2)

Ecrit par Dominique Mirassou


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